14/04/2011

Toutankhamon à Bruxelles

 

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Dès le 20 avril, la plus grande exposition – plus de 4.000 m2 et 1.000 répliques d'objet – jamais consacrée à Toutankhamon prend ses quartiers au Palais 2 du Heysel à Bruxelles. Pendant six mois, le trésor du jeune souverain est présenté tel qu'il a été découvert par Howard Carter. Découverte esthétique de magnifiques répliques et émotions archéologiques.

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Comme tous les matins depuis 7 ans, Howard Carter quitte sa maison grise de Elwat el-Dibun et arrive dans la Vallée des Rois. Mais ce 4 novembre 1922, dès qu'il arrive, l'archéologue anglais perçoit une tension. Un silence inhabituel règne sur le chantier de fouilles. Le scientifique pressent que ses hommes ont trouvé ce qu'ils cherchent depuis si longtemps. Il a raison ! Une marche a été dégagée dans la rocaille ! Quinze autres le seront bientôt. Elles conduisent quatre mètres plus loin à une porte recouverte de plâtre et marquée de cartouches au nom de Toutankhamon… Émotion et appréhension car Carter remarque des traces d'ouvertures successives dans le plâtre. Tout comme il a observé, au moment où ses hommes enlevaient les gravats recouvrant l'escalier, qu'un boyau permettant le passage d'un homme a été creusé puis rebouché. Carter craint que la tombe n'ait été pillée comme celles de tous les autres souverains de cette vallée…

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Il n'en sera rien, on le sait aujourd'hui. Carter va découvrir le plus fabuleux trésor de l'Histoire : une tombe royale contenant plus de 4.000 objets. Elle fut pourtant par deux fois visitée, peu après la mort du roi, mais refermée aussitôt ; seuls des parfums, onguents et quelques bijoux ont été dérobés. Ensuite, la sépulture sera préservée des vols par la conjonction de différents facteurs, le creusement de la tombe de Ramsès VI à la XXe dynastie en surplomb de celle du petit pharaon, un éboulement qui cache miraculeusement la tombe et la construction de cabanes d'ouvriers sur cet éboulement. La tombe sombre ainsi dans l'oubli pendant des milliers d'années jusqu'à ce fameux 4 novembre 1922.

 

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Dix-huit jours plus tard, le temps que Lord Carnavon qui finance les fouilles arrive sur les lieux depuis Londres, Howard Carter fait démolir la porte et découvre un premier couloir long de 7,60 mètres. Celui-ci laisse également apparaître un petit tunnel attestant d'une pénétration clandestine. Le couloir aboutit à une deuxième porte. Le 29 novembre, il la détruit et distingue ce qu'il n'avait jamais espéré trouver, un amoncellement innombrable d'objets plus extraordinaires et plus inattendus les uns que les autres, des objets de cérémonie et du quotidien datant du XIVe siècle avant notre ère entassés dans le plus grand désordre : des grands lits en forme d'animaux, des conserves funéraires avec des canards momifiés et des morceaux de bœuf, des bouquets de fleurs, des chariots démontés, des statues, des vases d'albâtre… L'or, le lapis-lazuli, l'ivoire, la turquoise, l'ébène sont présents à profusion. Émotions confuses. Et quand plus tard, une autre salle révèle la présence de la momie royale, l'émotion est absolue.

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Ce sont ces émotions que veut nous faire revivre l'exposition qui arrive à Bruxelles en avril prochain. Toutankhamon, son Tombeau et ses Trésors nous invite à éprouver le moment magique de cette découverte en nous faisant pénétrer dans la tombe reconstituée, comme si nous étions des archéologues, comme si nous étions Howard Carter en 1922. Après la projection de films documentaires, aucune lumière ne revient pour permettre aux visiteurs de s'habituer à l'obscurité et le contenu de la première chambre funéraire est révélé progressivement à la lumière d'une bougie, comme le vécurent Carter et Carnavon. Les archives en noir et blanc se transforment ainsi en espaces emplis d'objets réels et colorés. Après cette première chambre, les visiteurs pénètrent dans deux petites salles. Toutes trois ont été reconstituées et aménagées comme elles étaient au moment de la découverte de Carter grâce aux croquis et notes de l'archéologue ainsi qu'aux images du photographe de l'expédition, Harry Burton. Plus de 1.000 objets, les répliques de bijoux, objets de culte, amulettes, coffres, sièges, armes, grandes chapelles dorées, le char doré, le sarcophage d'or et le fameux masque mortuaire – ces deux dernières pièces représentent bien sûr le clou de l'exposition avec un petit siège incrusté d'ébène et d'ivoire fabriqué pour un enfant de neuf ans – ont été réalisées par des artisans égyptiens dans des matériaux aussi divers que le bois, l'or, la pierre et des matériaux synthétiques modernes. Sous la direction du Dr Martin von Falck, des égyptologues ont vérifié la qualité des reproductions qui ont coûté au total pas moins de 5 millions d'euros. Le fameux masque d'or est présenté en deux exemplaires. Le premier est disposé tel qu'il s'est révélé aux yeux de Carter, sur la momie même du pharaon et accompagné d'autres objets, des bijoux et les attributs du pouvoir, la crosse et le fléau. Le second masque est exposé comme l'original du Musée du Caire mais sans être protégé par des vitres ; toutes les répliques sont quasi à portée de main. De quoi intensifier le plaisir de les admirer.

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Des présentations multimédias utilisant les plus récentes technologies font encore découvrir le monde culturel et religieux de l'époque ainsi que la collaboration unique entre l'archéologue Carter et son mécène Lord Carnavon.

 

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Ainsi la visite est aussi éducative que divertissante car elle explique l'Egypte pharaonique tout en nous faisant revivre la découverte de Carter par une mise en scène dynamique. Bien sûr, les visiteurs ne sont pas seuls comme le fut l'archéologue anglais. Que du contraire, ils sont nombreux, très nombreux. Dans les neuf villes européennes où l'exposition a été présentée depuis 2008, elle a séduit plus de 1,7 million de personnes et à Bruxelles quelque 300.000 visiteurs sont attendus. De quoi atténuer quelque peu le plaisir de la découverte, mais la beauté des œuvres et la fascination qu'elles exercent peuvent faire oublier la foule.

 

 

Du 20 avril 2011 au 6 novembre 2011

Place de Belgique 1 1020 Bruxelles