25/07/2011

Le dernier au revoir de David Servan-Schreiber

 

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Il avait annoncé que le cancer qui l'avait atteint quelques années auparavant, en 1992, et sur lequel il avait écrit un best-seller, Anticancer, était revenu. La maladie aura finalement eu raison dimanche 24 juillet 2011 du neuropsychiatre de renom qu'était David Servan-Schreiber. Il s'est éteint entouré des siens à l'hôpital des Hautes Falaises de Fécamp, à l'âge de 50 ans, peu avant 22h.

 

 

 

D'après les déclarations de son frère Franklin, David Servan-Schreiber se trouvait depuis quelques jours «dans un semi-coma».

 

 

 

Fils du fondateur de L'Express et homme politique Jean-Jacques Servan-Schreiber, David avait choisi de faire des études de médecine. Il avait connu par deux fois des succès de librairie grâce à ses deux livres Guérir, paru en 2003, dans lequel il donnait des éléments pour lutter contre la dépression, puis avec Anticancer, en 2007, dans lequel il racontait comment il avait vaincu sa tumeur au cerveau, déclarée dans les années 1990.

 

 

David Servan-Schreiber, Anticancer, Guérir, On peut se dire au revoir plusieurs fois

 

Sa rechute, en 2010, l'avait encouragé à publier un nouvel ouvrage, On peut se dire au revoir plusieurs fois, où il abordait les difficultés qu'il était en train de vivre.

 

 

David Servan-Schreiber, Anticancer, Guérir, On peut se dire au revoir plusieurs fois

 

 

En voici un extrait :

 

"Mon père, Jean-Jacques, avait des méthodes bien à lui pour nous "apprendre le courage". Je me souviens de ce séjour en Floride où il me conduisait chaque soir, à l'heure où la mer est la plus calme, à bord d'un bateau de ski nautique pour m'initier à ce sport. Je savais qu'il y avait des requins dans les parages. C'était déjà suffisamment angoissant de jour. Tard le soir, j'étais mort de frousse. Mais requins ou pas, il fallait sauter dans l'eau, sinon mon père se chargeait de m'y jeter. Il n'avait pas peur des requins, lui. Je n'avais qu'à faire comme lui. Les requins, m'expliquait-il, mangent des poissons plutôt que des enfants, et il y a très peu d'accidents. Il estimait que le ski nautique valait la peine qu'on prenne de menus risques. Inutile de dire que j'étais très motivé pour sortir de l'eau à la vitesse de l'éclair, rester très concentré sur mon équilibre et apprendre rapidement à ne pas tomber... Rien n'est plus flippant que de skier entre chien et loup sur des eaux noires où l'on croit deviner l'ombre d'un requin. Rien. Pas même une gravissime rechute de cancer. [...]

 

Quand on a traversé le risque et qu'on a survécu, on n'est plus tétanisé devant le danger. On "apprend le courage". C'est exactement ce que voulait mon père, qui était lui-même d'une hardiesse folle. Pas seulement dans les sports de glisse, où il avait une prédilection pour le ski extrême en terrain avalancheux. Vers 1940, alors qu'il passait son bac français à Grenoble, il avait escaladé la façade du lycée et décroché le drapeau à croix gammée suspendu au-dessus du portail. Il avait 15 ans, et portait un short de l'armée anglaise... Dans les moments critiques où il faut "tenir" contre l'adversité, l'idée qu'on a de ce sang-là dans les veines, qu'on a été entraîné au combat par ce trompe-la-mort est d'un grand secours [...]"