07/11/2011

Le Fantôme du Fauteuil 32 de Nathalie Rheims

 

Le Fantôme du Fauteuil 32, Nathalie Rheims, Littérature, Livre, Académie française

 

 

 

Une malédiction pèse sur le fauteuil 32 de l’Académie française. Cet énigmatique mauvais sort, vérifié par de nombreux historiens depuis l’origine, fut le sujet, en 1910, d’un roman fameux : Le Fauteuil hanté. Son auteur, le feuilletoniste Gaston Leroux, avait résolu l’énigme et en avait dissimulé les clefs dans son manuscrit.

 

 Le destin voulut que Maurice Rheims, titulaire du fauteuil 32 de 1976 à 2003, devienne l’expert de la succession Leroux. Il reçut, pour rémunération de son travail, le mystérieux manuscrit.

 

Au moment de mourir, il transmit à sa fille le précieux document pour l’aider à exécuter sa dernière volonté : que jamais personne ne s’assoie sur son fauteuil.

 

Si elle parvenait à accomplir cette mission, malgré le déchaînement des ambitions et les sombres tractations des candidats, son père pourrait goûter à la vraie immortalité, celle des fantômes.

 

 Dans son treizième roman, Le Fantôme du fauteuil 32, Nathalie Rheims tourne une page. C’est avec une légèreté, un humour, une ironie mêlés de tendresse qu’elle fait revivre tous ceux qui entouraient son père afin qu’il n’attende plus que son éloge soit enfin prononcé.

 

 

 

Le Fantôme du Fauteuil 32, Nathalie Rheims, Littérature, Livre, Académie française

 

 

Dans la réalité de l’Académie française : Le fauteuil de Maurice Rheims est resté vide pendant plusieurs années. Robbe-Grillet ne l'a pas occupé et Weyergans a tardé à s'y asseoir.

 

Maurice Rheims peut enfin jouir de son immortalité et prendre de longues vacances dans son paradis corse. Mais un funeste destin s'est acharné contre lui. Cela faisait huit ans qu'il était  enfermé sous la Coupole, où il attendait, en vain, d'être relevé. Pour être élargi, il suffisait que son successeur fît son éloge et vînt s'asseoir dans son fauteuil.

 

Seulement voilà: personne ne se présentait, et le commissaire-priseur commençait à prendre froid. L'auteur de «La Vie étrange des objets» se demandait si son fauteuil, le 32e, ne serait pas maudit. Son prédécesseur, Robert Aron, ne mourut-il pas la veille de son intronisation?

 

Celui qui aurait dû le remplacer s'était bien moqué de lui, et de la Compagnie. Elu en 2004, Alain Robbe-Grillet n'avait en effet jamais prononcé son discours de réception et il avait refusé de porter l'habit vert, qu'il jugeait peu seyant, lui préférant le col roulé. Il est mort d'une crise cardiaque, en 2008, obligeant du même coup le pauvre Maurice Rheims à guetter un nouvel impétrant. Et ce fut, en 2009, François Weyergans.

 

On se souvient de la manière dont l'auteur du «Pitre» prit d'assaut le quai de Conti: avec un somptueux stylo à plume offert par Jean-Luc Delarue, célèbre tireur de lignes, l'écrivain adressa de longues lettres flagorneuses à tous les académiciens. Le procédé inédit fonctionna, et Weyergans fut élu au 32e fauteuil.

 

Maurice Rheims pouvait-il enfin respirer? Rien de moins sûr. Car pour occuper ce satané fauteuil, il fallait encore que François Weyergans fût reçu sous la Coupole après avoir chanté les louanges de son prédécesseur. Et cela sai plus de deux ans qu'Hélène Carrère d'Encausse attendait, en pestant, cet improbable discours.

 

Il est vrai qu'on doit au plus gascon des romanciers belges, expert en procrastination et spécialiste des leurres, beaucoup de livres promis jamais remis, et des ouvrages publiés à l'arraché - il fallut près de dix ans aux Editions Grasset pour mettre la main sur «Trois Jours chez ma mère», prix Goncourt 2005.

 

Mme le secrétaire perpétuel, qui n'avait toujours pas digéré l'épisode Robbe-Grillet, a trouvé dans les archives de l'Académie un article stipulant que le nouvel élu avait deux ans, pas davantage, pour se plier au protocole de la réception. Et elle a fixé à François Weyergans une date, au-delà de laquelle son ticket ne serait plus valable: le 16 juin 2011.

 

Ce jour-là, dans un habit vert réalisé par Agnès b. et portant l'épée que lui a léguée Maurice Béjart, l'auteur du «Radeau de la Méduse» devait, pendant quarante-cinq minutes, célébrer celui des «Greniers de Sienne». Mais la rumeur prétendait qu'il n'avait pas encore rédigé une ligne de ce panégyrique. Jamais l'indolente Académie n'avait connu plus palpitant suspense. Le jour même, l’Assemblée dût encore attendre une demi-heure pour entendre le discours tant attendu. Le fauteuil 32 est aujourd’hui occupé.

 

10/10/2011

"Pourquoi lire?" de Charles Dantzig

 

Charles Dantzig, Pourquoi lire, Livre, Roman, Littérature

 

 

 

Devant le brio, l’érudition, la drôlerie et l’acuité de cet essai – salutaire ? oui, salutaire – de Charles Dantzig consacré à sa passion prédominante, la lecture, on ne peut que s’incliner, livre à la main, et le citer : « Voilà pourquoi la lecture n’est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgueilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l’orgueil, la timidité, le silence, la reculade. Elle maintient, dans l’utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée. Lire ne sert à rien. C’est pour cela que c’est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien. »

 

 Et ailleurs, des conseils (« ne pas lire Mein Kampf quand on a perdu son emploi depuis des années dans un pays à forte inflation »), des rosseries (« les éditeurs tentent comme ils peuvent de ne pas vendre et de préserver la littérature, rien n’y fait. Ainsi est né Twilight, le premier roman de vampire qui ne soit pas fait avec du sang, mais avec du navet »), des douceurs (Proust), et des ajustements dans les deux sens (Joyce et sa notoriété, l’emploi du verbe savoir chez Marguerite Duras). Et enfin, une conception de la lecture comme « sœur de la littérature », toutes deux marchant ensemble dans un combat contre le temps. Une philosophie de la lecture qui fait s'exclamer, s'enthousiasmer, applaudir, et dont on n'a qu'une envie: (la) relire.

 

 

 

 

 


Charles Dantzig par franceinter

 

Extrait

 

 

 

« La bibliothèque de ma grand-mère maternelle regorgeait d'éditions numérotées, qu'elle appelait « grands papiers », certains portant la signature d'écrivains célèbres. Je trouvais cela prestigieux et s'en augmentait mon amour déjà immense pour cette femme ; il y aurait un livre à écrire sur les écrivains à grand-mère. Il y a les écrivains à mère, comme Albert Cohen. Il y a les écrivains à sœur, comme Flaubert. Il y a les écrivains à père, comme Stendhal ou Dickens. Il y a les écrivains à oncles, comme Roger Nimier. Le dieu des écrivains à grand-mère serait Marcel Proust. Il pouffe en disant des horreurs derrière son gant de chevreau sous le regard éternellement bienveillant d'une vieille dame à cheveux blancs à la fois dure et bonne qui adore lire. Cette grand-mère, enfin, celle du narrateur d'À la recherche du temps perdu, m'a appris l'intérêt des comparaisons apparemment insolites. C'est elle qui trouve des ressemblances entre Mme de Sévigné et Dostoïevski, n'est-ce pas. La mienne m'apprenait comment manipuler les ouvrages précieux, leurs codes et les règles de courtoisie à leur endroit : divers états des gravures au début des volumes, les ouvrir avec précaution, etc., etc. Je caressais le papier Japon impérial, plus doux que de l'ivoire poli, avec volupté. Une des désolations du monde actuel, à part les dictatures théocratiques et les assassinats de peuples - mais non, d'ailleurs, cela a toujours existé, et, la violence humaine étant plus ou moins éternelle et très profonde, c'est à la surface, la si décriée surface où poussent pourtant les fleurs, que se gagnent les vagues moments un peu tendres de la vie, cette désolation oui oui j'y arrive est la fin de la fabrication du papier japon. On a j'espère compensé par d'autres raffinements.

 

Ce n'était pas vers les japons que je courais quand j'étais seul. Le lecteur n'est pas nécessairement un bibliophile, pas plus qu'un bibliophile n'est nécessairement un lecteur. Il suffit de voir la cote des écrivains selon les uns et les autres. Georges Duhamel vaut encore cher chez les libraires d'ancien à cause de ses tirages limités, il ne vaut plus grand-chose au jugement des lecteurs. Tony Duvert n'est pas coté chez les premiers mais a une valeur inestimable chez les seconds. Pour moi, je voulais de l'imprimé qu'on pût souligner et dans les marges duquel on pût suspendre des annotations. On m'avait appris que c'était la meilleure façon de lire, et c'est vrai. Un lecteur n'est pas un consommateur qui ferait disparaître les livres en les mangeant. Quand on dit qu'il dévore, l'image est hasardeuse. Un bon lecteur écrit en même temps qu'il lit. Il entoure, raie, met des appréciations dans tous les interstices laissés libres par l'imprimeur. Si je montrais mes volumes de Proust, on comprendrait pourquoi j'en achète régulièrement de nouvelles éditions. Ce n'est pas par fétichisme. Je dois le faire. Les pages de garde et les marges sont bourrées de lignes manuscrites qui courent comme des lombrics dans tous les sens, s'entortillant jusque dans les marges intérieures ; les lignes mêmes de Proust sont soulignées, encodées, barbouillées. Il n'a pas ajouté autant de paperoles à ses pages que moi d'appréciations. Un bon lecteur est un tatoueur. Il s'approprie, tant soit peu, le bétail des livres. En comparant les annotations d'un même livre par deux lecteurs différents, on comprendrait qu'un livre n'est pas une oeuvre d'art plastique, laquelle se laisse regarder et existe sauf catastrophe plus longtemps que le premier public qui l'a vue. S'il a un sens à peu près unique, celui qu'a voulu l'auteur, chaque lecteur d'un livre lui trouve une résonance particulière. C'est ce qui faisait dire à Paul Valéry : Mes vers ont le sens qu'on leur prête. Celui que je leur donne ne s'ajuste qu'à moi, et n'est opposable à personne. C'est une erreur contraire à la nature de la poésie, et qui lui serait même mortelle, que de prétendre qu'à tout poème correspond un sens véritable, unique, et conforme ou identique à quelque pensée de l'auteur. »

 

03/10/2011

"Premier bilan après l'apocalypse" de Frédéric Beigbeder

 

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L'apocalypse, serait-ce donc l’édition numérique, ou comme dans Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, la température à laquelle le papier s’enflamme et se consume ?

 

 

 

Frédéric Beigbeder sauve ici du brasier tous les livres, pour être précis les 100 œuvres, qu'il souhaite conserver au vingt-et-unième siècle, sous la forme d'un hit-parade intime de 100 à 1. C'est donc un classement totalement personnel, égotiste, joyeux, inattendu, parfois classique (André Gide, Fitzgerald, Paul-Jean Toulet, Salinger et d'autres grands), souvent surprenant (Patrick Besson, Bret Easton Ellis, Régis Jauffret, Simon Liberati, Gabriel Matzneff, d'autres oiseaux de nuit, d'autres perturbateurs). Il est rare d'établir le panorama d'une littérature en train de se faire, de s'améliorer, de s'inventer. Avec ce manifeste, c'est le Beigbeder livresque que nous découvrons, en même temps qu'une autobiographie en fragments, un autoportrait en lecteur.

 

 

 

"Si j'écris, c'est grâce à ces morceaux de papyrus où se cachait toujours une âme sœur. C'est de toute manière envers ces cent objets précieux que l'on devra ressentir gratitude ou rancœur."

 

21/02/2011

Diane Gabaldon : "L'écho des coeurs lointains"

 

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Les treize colonies sécessionnistes ont signé leur déclaration d'indépendance le 4 juillet 1776, mais la guerre contre l'Empire britannique n'est pas pour autant terminée. Jamie Fraser, le highlander rebelle installé avec sa femme Claire à Fraser's Ridge, en Caroline du Nord, sait que les Américains finiront par l'emporter, si improbable que cela puisse paraître à ce moment-là. Malgré son soutien indéfectible aux sécessionnistes, Jamie ne parvient pas à se réjouir de cette victoire prochaine, car une terrible perspective l'angoisse : il préférerait mourir plutôt que d'avoir à affronter sur un champ de bataille William Ransom, son fils illégitime, lieutenant dans l'armée britannique. Afin d'éviter une telle confrontation, Jamie décide de repartir pour l'Ecosse avec Claire et d'y rester jusqu'à ce que la guerre se termine. Pendant ce temps-là, au XXe siècle, leur fille Brianna et son mari Roger ont racheté et retapé le manoir de Lallybroch, propriété des Fraser. Ils suivent les aventures de Claire et de Jamie grâce aux lettres que ces derniers leur ont laissées dans un coffre...

 

07/02/2011

Patrick Rambaud : "Chroniques du règne de Nicolas Ier"

 

Chronique du règne de Nicolas Ier

 

Patrick Rambaud, Chronique du règne de Nicolas Ier, Livre, Littérature

 

« Même parvenu, Notre Précieux Souverain ne trouva point la paix en lui-même, tant il restait secoué en continu par des nervosités. Qui l’a vu fixe et arrêté ? Il ne bougeait que par ressorts. Si vous le retardiez dans sa course, vous démontiez la machine. Il marchait des épaules avec une façon personnelle de se dévisser le cou, remuant par courtes saccades comme s’il était engoncé dans un costume que lui taillait pourtant à sa mesure un artiste italien de renom. (…) Quand il parlait en public, plusieurs fois dans une même journée, il se rengorgeait ainsi qu’un pigeon et se livrait à de curieuses contorsions pour animer ses dires… » P.R.
Amusé, atterré, ébloui, agacé par la passion, l’amour et l’attention que suscite notre nouveau président – notre nouvel empereur, devrait-on dire –, Patrick Rambaud s’est lancé dans une chronique un peu particulière : conter, au jour le jour, l’éclosion de ce nouveau monarque, se fondant sur des faits vrais, mais dans l’esprit, avec la drôlerie et la cruauté de Saint-Simon… Dans cette chronique irrévérencieuse, on croise ainsi un souverain trépidant, une impératrice pincée qui règne sur son empereur, un dauphin de dix ans, des ministres empoudrés et fébriles, un duc de Bordeaux tragique, des barons à genoux… Rien n’échappe à la plume de notre chroniqueur, ni le short, ni le renouveau de la lampe Empire, ni les flagorneries des princes, ni les courbettes des petits marquis… ni, enfin, la folie amoureuse d’autres chroniqueurs et portraitistes un peu moins agacés.

 

Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier

 

Patrick Rambaud, Chronique du règne de Nicolas Ier, Livre, Littérature

 

« C'est parce que nous sommes nombreux à souffrir votre règne, Sire, que j'ai entrepris de le raconter, afin qu'en demeurent les péripéties et, oserais-je le dire, une manière de trace. La plume m'en tremble entre les doigts, mais Votre Compulsive Grandeur doit comprendre que, selon les lois de la nature et celles de la politique, la pluie succède au beau temps. Voici venue pour Votre Omnipotence la saison des orages. » P. R.

 

Troisième chronique du règne de Nicolas Ier

 

Patrick Rambaud, Chronique du règne de Nicolas Ier, Livre, Littérature

 

" La Première Chronique fut scintillante et burlesque, quand la Cour s'installa. La Deuxième à la fois grave et ridicule, qui vit paraître la comtesse Bruni. La Troisième, que vous tenez en main, est plus sombre parce qu'elle présente un Souverain remodelé en Tarzan dans un pays devenu dépressif et répressif. "

 

Quatrième chronique du règne de Nicolas Ier

 

Patrick Rambaud, Chronique du règne de Nicolas Ier, Livre, Littérature

 

"L’année qui court de l’été 2009 à l’été 2010 consacre la dégringolade de Nicolas Ier dans l’opinion. Les événements ne se succèdent plus pour s'effacer, mais ils se chevauchent et restent en mémoire. De la cruelle estocade portée au duc de Villepin, en passant par les déboires du Prince Jean à l'EPAD, ce ne sont que mensonges, rumeurs, coups de force et raclée électorale, jusqu'au feu d'artifice de l'affaire Woerth-Bettencourt que seules les vacances interrompent."

 

 

 

31/08/2008

"Ce que nous avons eu" de Jean-Paul Enthoven

 

Enthoven

Peut-on, comme Josué, arrêter la course du soleil ? Les morts sont-ils encore jaloux ? Pourquoi Marlon Brando écrivait-il des cartes postales qu’il n’envoyait à personne ? En quelle circonstance un débauché peut-il s’abandonner au fanatisme religieux ? Quels rapports y a-t-il entre Churchill, Alain Delon et un jeune berbère qui voudrait apprendre à nager ? Qui a inventé le monothéisme amoureux ? Et à quel instant, au juste, franchit-on la ligne de démarcation qui sépare la fin de la jeunesse du reste de la vie ?

 

Telles sont, entre beaucoup d’autres, quelques unes des questions que se posent les héros de ce roman dont l’intrigue éclatée va et vient autour d’un lieu unique : le Palais de la Zahia (ce mot, en arabe, désigne la joie), situé quelque part, au sud, près d’un désert…

 

Dans ce Palais - splendide, nécrosé, envahi par la végétation et les souvenirs - quelques amis, plutôt bien traités par l’existence, ont pris l’habitude de se retrouver dans une ambiance rieuse. Il y a là, parmi des créatures sexuellement diversifiées, deux amis : un narrateur (très influencé par les livres de Stendhal et les films de Maurice Ronet) et un certain Lewis, philosophe riche, célèbre, et épris d’Ariane, son épouse rêveuse. Est-il nécessaire d’en dire davantage ?

 

Ce roman - rythmé par une série d’interrogatoires confiés à un enquêteur énigmatique - revisite ainsi, dans un grand désordre de sensations et de péripéties : 1/ l’histoire d’une amitié 2/ La mémoire d’un Palais trop fréquenté par ses propres fantômes 3/ La chronique d’une passion clandestine avec une jeune veuve qui n’a pas froid aux yeux 4/ la lutte des uns et des autres contre le temps et ses alliés (haine, tempêtes de sable, solitude, vanité, peur, envie…)

 

Bien entendu, il s’agit d’un roman. Et il va de soi que toute ressemblance avec des personnes existantes, etc, etc…

 

 

07/11/2007

Prix Renaudot 2007

 

 

9782070769179

 

Le Prix Renaudot 2007 a été attribué lundi 5 novembre à Daniel Pennac pour son livre Chagrin d’école. (Editions Gallimard).

Résumé du livre

La question de l'école est abordée du point de vue du mauvais élève, mêlant souvenirs autobiographiques et réflexions sur la pédagogie et les dysfonctionnements de l'institution scolaire, sur le rôle des parents et le souhait des jeunes de savoir et d'apprendre.

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Le prix Théophraste Renaudot, plus couramment appelé prix Renaudot, est un prix littéraire qui a été créé en 1926 par dix journalistes et critiques littéraires, attendant les résultats de la délibération du jury du prix Goncourt. Le premier jury se composait de Raymond de Nys, Marcel Espiau, Georges Le Fèvre, Noël Sabord, Georges Martin, Odette Pannetier, Henri Guilac, Gaston Picard, Pierre Demartre, Georges Charensol.

Sans être organiquement lié à l'Académie Goncourt, le jury du Renaudot joue le rôle de son complément naturel, accentué par l'annonce du résultat, simultanément et dans le même cadre (premier mardi de novembre au restaurant Drouant à Paris).

Les lauréats

  • 1926 : Nicolo Peccavi, Armand Lunel (Gallimard)
  • 1927 : Maïtena, Bernard Narbonne (Grasset)
  • 1928 : Le Joueur de triangle, André Obey (Grasset)
  • 1929 : La Table aux crevés, Marcel Aymé (Gallimard)
  • 1930 : Piège, Germaine Beaumont (Lemerre)
  • 1931 : L'Innocent, Philippe Hériat (Denoël)
  • 1932 : Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline (Denoël)
  • 1933 : Le roi dort, Charles Braibant (Denoël)
  • 1934 : Blanc, Louis Francis (Gallimard)
  • 1935 : Jours sans gloire, François de Roux (Gallimard)
  • 1936 : Les Beaux Quartiers, Louis Aragon (Denoël)
  • 1937 : Mervale, Jean Rogissart (Denoël)
  • 1938 : Léonie la bienheureuse, Pierre-Jean Launay (Denoël)
  • 1939 : Les Javanais, Jean Malaquais (Denoël)
  • 1940 : La Vallée heureuse, Jules Roy (Charlot) (décerné en 1946).
  • 1941 : Quand le temps travaillait pour nous, Paul Mousset (Grasset)
  • 1942 : Les Liens de chaîne, Robert Gaillard (Colbert)
  • 1943 : J'étais médecin avec les chars, Dr. André Soubiran (Didier)
  • 1944 : Les Amitiés particulières, Roger Peyrefitte (Jean Vigneau) (décerné en 1945).
  • 1945 : Le Mas Théotime, Henri Bosco (Charlot)
  • 1946 : L'Univers concentrationnaire, David Rousset (Minuit)
  • 1947 : Je vivrai l'amour des autres, Jean Cayrol (Le Seuil)
  • 1948 : Voyage aux horizons, Pierre Frisson (Julliard)
  • 1949 : Le Jeu de patience, Louis Guilloux (Gallimard)
  • 1950 : Les Orgues de l'enfer, Pierre Molaine (Corréa)
  • 1951 : Le Dieu nu, Robert Margerit (Gallimard)
  • 1952 : L'Amour de rien, Jacques Perry (Julliard)
  • 1953 : La Dernière Innocence, Célia Bertin (Corréa)
  • 1954 : Le Passage, Jean Reverzy (Julliard)
  • 1955 : Le Moissonneur d'épines, Georges Govy (La Table ronde)
  • 1956 : Le Père, André Perrin (Julliard)
  • 1957 : La Modification, Michel Butor (Minuit)
  • 1958 : La Lézarde, Édouard Glissant (Le Seuil)
  • 1959 : L'Expérience, Albert Palle (Julliard)
  • 1960 : Le Bonheur fragile, Alfred Kern (Gallimard)
  • 1961 : Les Blés, Roger Bordier (Calmann-Lévy)
  • 1962 : Le Veilleur de nuit, Simone Jacquemard (Le Seuil)
  • 1963 : Le Procès-verbal, Jean-Marie Gustave Le Clézio (Gallimard)
  • 1964 : L'Écluse, Jean-Pierre Faye (Le Seuil)
  • 1965 : Les Choses, Georges Perec (Julliard)
  • 1966 : La Bataille de Toulouse, José Cabanis (Gallimard)
  • 1967 : Le Monde tel qu'il est, Salvat Etchart (Mercure de France)
  • 1968 : Le Devoir de violence, Yambo Ouologuem (Le Seuil)
  • 1969 : Les Feux de la colère, Max-Olivier Lacamp (Grasset)
  • 1970 : Isabelle ou l'arrière-saison, Jean Freustié (La Table ronde)
  • 1971 : Le Sac du palais d'été, Pierre-Jean Rémy (Gallimard)
  • 1972 : La Nuit américaine, Christopher Frank (Le Seuil)
  • 1973 : La Terrasse des Bernardini, Suzanne Prou (Calmann-Lévy)
  • 1974 : Voyage à l'étranger, Georges Borgeaud (Grasset)
  • 1975 : L'Homme de sable, Jean Joubert (Grasset)
  • 1976 : L'Amour les yeux fermés, Michel Henry (Gallimard)
  • 1977 : Les Combattants du petit bonheur, Alphonse Boudard (La Table ronde)
  • 1978 : L'Herbe à brûler, Conrad Detrez (Calmann-Lévy)
  • 1979 : Affaires étrangères, Jean-Marc Roberts (Le Seuil)
  • 1980 : Les Portes de Gubbio, Danièle Sallenave (Le Seuil)
  • 1981 : La Nuit du décret, Michel Del Castillo (Le Seuil)
  • 1982 : La Faculté des songes, Georges-Olivier Châteaureynaud (Grasset)
  • 1983 : Avant-Guerre, Jean-Marie Rouart (Grasset)
  • 1984 : La Place, Annie Ernaux (Gallimard)
  • 1985 : Mes nuits sont plus belles que vos jours, Raphaëlle Billetdoux (Grasset)
  • 1986 : Station balnéaire, Christian Giudicelli (Gallimard)
  • 1987 : L'Enfant halluciné, René-Jean Clot (Grasset)
  • 1988 : Hadriana dans tous mes rêves, René Depestre (Gallimard)
  • 1989 : Les Comptoirs du Sud, Philippe Doumenc (Le Seuil)
  • 1990 : Les Frères Romance, Jean Colombier (Calmann-Lévy)
  • 1991 : La Séparation, Dan Franck (Le Seuil)
  • 1992 : La Démence du boxeur, François Weyergans (Gallimard)
  • 1993 : Les Corps célestes, Nicolas Bréhal
  • 1994 : Comme ton père, Guillaume Le Touze (L'Olivier)
  • 1995 : Les Braban, Patrick Besson
  • 1996 : Un silence d'environ une demi-heure, Boris Schreiber
  • 1997 : Les Voleurs de beauté, Pascal Bruckner (Grasset)
  • 1998 : Le Manuscrit de Port-Ebène, Dominique Bona (Gallimard)
  • 1999 : L'Enfant léopard, Daniel Picouly (Grasset)
  • 2000 : Allah n'est pas obligé, Ahmadou Kourouma (Le Seuil)
  • 2001 : Céleste, Martine Le Coz (Editions du Rocher)
  • 2002 : Assam, Gérard de Cortanze (Albin Michel)
  • 2003 : Les Âmes grises, Philippe Claudel (Stock)
  • 2004 : Suite française, Irène Némirovsky (Denoël)
  • 2005 : Mes mauvaises pensées, Nina Bouraoui (Stock)
  • 2006 : Mémoires de porc-épic, Alain Mabanckou (Le Seuil)

 

 

Grand Prix du roman de l'Académie française 2007

 

 

9782234057937

 

Le Grand prix du roman de l'Académie française 2007 a été attribué jeudi 25 octobre à Vassilis Alexakis pour son livre "Ap. J.-C." (Stock), a annoncé le secrétaire perpétuel Hélène Carrère d'Encausse.

Résumé du livre 

L’histoire commence aujourd’hui, à Athènes, chez Nausicaa, une dame de quatre-vingt-neuf ans, qui demande à l’étudiant qu’elle héberge de mener une enquête sur les moines du Mont Athos. Songe-t-elle à leur laisser sa fortune ? Espère-t-elle retrouver parmi eux son frère disparu il y a cinquante ans ? Bien qu’il ne s’intéresse qu’à l’histoire ancienne et aux présocratiques, le jeune homme accepte.
Son enquête le mènera loin, mille ans en arrière, à l’époque de la construction du premier monastère. Plus loin encore, jusque dans l’Antiquité quand l’Athos était déjà habité. Il découvrira que le christianisme ne s’est imposé qu’au prix de destructions et de massacres qui ont duré des siècles et que les dieux olympiens ont connu eux aussi leurs martyrs. Ses investigations lui feront rencontrer des personnages de plus en plus singuliers : un journaliste qui considère la messe orthodoxe comme une œuvre d’art, un historien qui affirme que le christianisme ne prolonge pas l’Antiquité mais qu’il la suit « comme la nuit suit le jour », un moine défroqué, un poète péruvien installé sur la Sainte Montagne, les membres d’une étrange communauté près de Salonique qui ont l’habitude, deux fois l’an, de danser pieds nus sur des charbons ardents. Cinq femmes aussi, dont une plongeuse du département d’archéologie sous-marine qui lui fera cadeau de trois noisettes trouvées dans un bateau espagnol coulé en mer Ionienne en 1600. Il fera la connaissance d’un moine français, propriétaire d’une maison en Normandie où l’abbé Prévost écrivit Manon Lescaut, et d’un fou de Dieu, qui salue les avions qui passent avec un drapeau byzantin. Il apprendra que, sur le Mont Athos, en principe interdit aux femmes, des femmes ont dansé il n’y a pas bien longtemps. Il découvrira surtout une communauté richissime, qui pèse d’un poids considérable sur la vie politique du pays et dont personne ne prend le risque de contester les privilèges ni de dévoiler les secrets.
 

 

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Le Grand Prix du Roman est un prix littéraire français, créé en 1918, décerné chaque année par l'Académie française.

Liste des lauréats

  • 2006 : Jonathan Littell, pour Les Bienveillantes (Gallimard)
  • 2005 : Henriette Jelinek, pour Le Destin de Iouri Voronine (Editions de Fallois)
  • 2004 : Bernard du Boucheron, pour Court serpent (Gallimard)
  • 2003 : Jean-Noël Pancrazi, pour Tout est passé si vite (Gallimard)
  • 2002 : Marie Ferranti, pour la Princesse de Mantoue (Gallimard)
  • 2001 : Éric Neuhoff, pour Un bien fou (Albin Michel)
  • 2000 : Pascal Quignard, pour Terrasse à Rome (Gallimard)
  • 1999 : (ex æquo) François Taillandier, pour Anielka (Stock)
  • 1999 : (ex-æquo) Amélie Nothomb, pour Stupeur et tremblements (Albin Michel)
  • 1998 : Anne Wiazemsky, pour Une poignée de gens (Gallimard)
  • 1997 : Patrick Rambaud, pour la Bataille (Grasset)
  • 1996 : Calixthe Beyala, pour les Honneurs perdus (Albin Michel)
  • 1995 : Alphonse Boudard, pour Mourir d'enfance (Robert Laffont)
  • 1994 : Frédéric Vitoux, pour la Comédie de Terracina (Seuil)
  • 1993 : Philippe Beaussant, pour Héloïse (Gallimard)
  • 1992 : Franz-Olivier Giesbert, pour l'Affreux (Grasset)
  • 1991 : François Sureau, pour l'Infortune (Gallimard)
  • 1990 : Paule Constant, pour White Spirit (Gallimard)
  • 1989 : Geneviève Dormann, le Bal du dodo (Albin Michel)
  • 1988 : François-Olivier Rousseau, pour la Gare de Wannsee (Grasset)
  • 1987 : Frédérique Hébrard, pour le Harem (Flammarion)
  • 1986 : Pierre-Jean Rémy, pour Une ville immortelle (Albin Michel)
  • 1985 : Patrick Besson, pour Dara (Seuil)
  • 1984 : Jacques-Francis Rolland, pour Un dimanche inoubliable près des casernes (Grasset)
  • 1983 : Liliane Guignabodet, pour Natalia (Albin Michel)
  • 1982 : Vladimir Volkoff, pour Le Montage (Julliard)
  • 1981 : Jean Raspail, pour Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie (Albin Michel)
  • 1980 : Louis Gardel, pour Fort Saganne (Seuil)
  • 1979 : Henri Coulonges, pour l'Adieu à la femme sauvage (Stock)
  • 1978 : Pascal Jardin, pour le Nain jaune (Julliard)
  • 1977 : Camille Bourniquel, pour Tempo (Julliard)
  • 1976 : Pierre Schoendoerffer, pour le Crabe-tambour (Grasset)
  • 1975 : prix non décerné
  • 1974 : Kléber Haedens, pour Adios (Grasset)
  • 1973 : Michel Déon, pour Un taxi mauve (Gallimard)
  • 1972 : Patrick Modiano, pour les Boulevards de ceinture (Gallimard)
  • 1971 : Jean d'Ormesson, pour la Gloire de l'Empire (Gallimard)
  • 1970 : Bertrand Poirot-Delpech, pour la Folle de Lituanie (Gallimard)
  • 1969 : Pierre Moustiers, pour La Paroi (Gallimard).
  • 1968 : Albert Cohen, pour Belle du Seigneur (Gallimard)
  • 1967 : Michel Tournier, pour Vendredi ou les Limbes du Pacifique (Gallimard)
  • 1966 : François Nourissier, pour Une histoire française (Grasset)
  • 1965 : Jean Husson, pour le Cheval d'Herbeleau (Seuil)
  • 1964 : Michel Droit, pour le Retour (Julliard)
  • 1963 : Robert Margerit, pour la Révolution (Gallimard)
  • 1962 : Michel Mohrt, pour la Prison maritime (Gallimard)
  • 1961 : Pham Van Ky, pour Perdre la demeure (Gallimard)
  • 1960 : Christian Murciaux, pour Notre-Dame des désemparés (Plon)
  • 1959 : Gabriel d'Aubarède, pour la Foi de notre enfance (Flammarion)
  • 1958 : Henri Queffélec, pour Un royaume sous la mer (Presses de la Cité)
  • 1957 : Jacques de Bourbon Busset, pour le Silence et la Joie (Gallimard)
  • 1956 : Paul Guth, pour le Naïf locataire (Albin Michel)
  • 1955 : Michel de Saint-Pierre, pour les Aristocrates (La Table ronde)
  • 1954 : (ex-æquo) Paul Mousset, pour Neige sur un amour nippon (Gallimard)
  • 1954 : (ex-æquo) Pierre Moinot, pour la Chasse royale (Grasset)
  • 1953 : Jean Hougron, pour Mort en fraude (Donnat)
  • 1952 : Henri Castillou, pour le Feu de l'Etna (Albin Michel)
  • 1951 : Bernard Barbey, pour Chevaux abandonnés sur le champ de bataille (Julliard)
  • 1950 : Joseph Jolinon, pour les Provinciaux (Milieu du Monde)
  • 1949 : Yvonne Pagniez, pour Évasion (Flammarion)
  • 1948 : Yves Gandon, pour Ginèvre (Henri Lefèvre)
  • 1947 : Philippe Hériat, pour Famille Boussardel (Gallimard)
  • 1946 : Jean Orieux, pour Fontagre (Éditions de la Revue Fontaine)
  • 1945 : Marc Blancpain, pour le Solitaire (Flammarion)
  • 1944 : Pierre de Lagarde, pour Valmaurie (Baudinière)
  • 1943 : J. H. Louwyck, pour Danse pour ton ombre (Plon)
  • 1942 : Jean Blanzat, pour l'Orage du matin (Grasset)
  • 1941 : Roger Bourget-Pailleron, pour la Folie d'Hubert (Gallimard)
  • 1940 : Édouard Peisson, pour le Voyage d'Edgar (Grasset)
  • 1939 : Antoine de Saint-Exupéry, pour Terre des hommes (Gallimard)
  • 1938 : Jean de La Varende, pour le Centaure de Dieu (Grasset)
  • 1937 : Guy de Pourtalès, pour la Pêche miraculeuse (Gallimard)
  • 1936 : Georges Bernanos, pour Journal d'un curé de campagne (Plon)
  • 1935 : Albert Touchard, pour la Guêpe (Les éditions de France)
  • 1934 : Paule Régnier, pour l'Abbaye d'Évolayne (Plon)
  • 1933 : Roger Chauviré, pour Mademoiselle de Bois-Dauphin (Flammarion)
  • 1932 : Jacques Chardonne, pour Claire (Grasset)
  • 1931 : Henri Pourrat, pour Gaspard des montagnes (Albin Michel)
  • 1930 : Jacques de Lacretelle, pour Amour nuptial (Gallimard)
  • 1929 : André Demaison, pour le Livre des bêtes qu'on appelle sauvages (Grasset)
  • 1928 : Jean Balde, pour Reine d'Arbieu (Plon)
  • 1927 : Joseph Kessel, pour les Captifs (Gallimard)
  • 1926 : François Mauriac, pour le Désert de l'amour (Grasset)
  • 1925 : François Duhourcau, pour l'Enfant de la victoire (La Vraie France)
  • 1924 : Émile Henriot, pour Aricie Brun ou les Vertus bourgeoises (Plon)
  • 1923 : Alphonse de Châteaubriant, pour La Brière (Grasset)
  • 1922 : Francis Carco, pour l'Homme traqué (Albin Michel)
  • 1921 : Pierre Villetard, pour Monsieur Bille dans la tourmente (Fasquelle)
  • 1920 : André Corthis, pour Pour moi seule (Albin Michel)
  • 1919 : Pierre Benoit, pour l'Atlantide (Albin Michel)
  • 1918 : Camille Mayran, pour Gotton Gonnixloo (Plon)

Prix Goncourt 2007

 

 

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Le prix Goncourt 2007 a été attribué, lundi à Paris, à Gilles Leroy pour "Alabama Song" édité au Mercure de France. Le lauréat du prix Goncourt 2007 a estimé que ce prix honorait également l'héroïne de son roman, Zelda Fitzgerald, épouse méconnue et sacrifiée de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald.

Résumé du livre

Montgomery, Alabama, 1918. Quand Zelda, 'Belle du Sud', rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du tout New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes... Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister...

Gilles Leroy l’explique clairement : “Il faut lire ‘Alabama Song’ comme un roman et non comme une biographie de Zelda Fitzgerald en tant que personnage historique.” Et pourtant... Qu’il est dur de lire ses pages sans croire qu’il s’agisse d’une autobiographie de Zelda.
Cette beauté du Sud, mi-ange, mi-démon, dont les mots poétiques ou vulgaires frappent par leur beauté, leur impertinence ou leur provocation. Gilles Leroy s’efface derrière ces lignes féminines, sensibles, mais aussi farouches et psychiatriques. Car la folie de l’héroïne s’immisce dans ces pages comme dans sa vie. Doucement d’abord, puis plus régulièrement, de plus en plus frappante.
L’écriture de l’auteur s’imprègne de cet esprit malmené, persécuté et incompris, que l’on dit aliéné... Mais les mots restent profonds et la force de caractère de Zelda éclatante. Gloire et décadence, amour et désillusion, clarté et folie. A l’ombre du grand écrivain Scott Fitzgerald, la jeune bourgeoise dévergondée se fane au fil des ans. Le faste ne dure qu’un temps et sa vie se passe en coulisses. Tant d’incompréhension, de dénigrement et d’amour ne laissent pas de marbre. Et l’écriture virulente teintée de poésie trouve le chemin de nos âmes.
Entre fiction et réalité, ‘Alabama Song’ invite le lecteur sur les rives d’une époque révolue, dans les pas d’une femme bafouée, à l’ombre d’un grand auteur.

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Le prix Goncourt est un prix littéraire français, récompensant les auteurs de langue française (pas forcément de nationalité française), créé par le testament d'Edmond de Goncourt en 1896. La Société Littéraire des Goncourt est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt sera décerné le 21 décembre 1903.

Le prix Goncourt, créé pour récompenser chaque année « le meilleur ouvrage d'imagination en prose, paru dans l'année » est attribué presque exclusivement à un roman. Il est le prix français le plus prestigieux. Le prix lui-même est symbolique — dix euros — mais la notoriété promise au lauréat, qui verra son œuvre accéder au palmarès des meilleures ventes, est une récompense très convoitée.

Les membres de l'Académie Goncourt se réunissent chaque premier mardi du mois dans leur salon, au premier étage du restaurant Drouant, 18, rue Gaillon, dans le deuxième arrondissement à Paris. Le nom du lauréat est généralement proclamé début novembre après un déjeuner chez Drouant.

Liste des lauréats

  • 1903 - John-Antoine Nau, Force ennemie
  • 1904 - Léon Frapié, La Maternelle
  • 1905 - Claude Farrère, Les Civilisés
  • 1906 - Jérôme et Jean Tharaud, Dingley, l'illustre écrivain
  • 1907 - Émile Moselly, Le Rouet d'ivoire, Terres lorraines et Jean des Brebis
  • 1908 - Francis de Miomandre, Écrit sur l'eau
  • 1909 - Marius et Ary Leblond, En France
  • 1910 - Louis Pergaud, De Goupil à Margot
  • 1911 - Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines
  • 1912 - André Savignon, Les Filles de la pluie
  • 1913 - Marc Elder, Le Peuple de la mer
  • 1914 - prix non décerné à cause de la guerre
  • 1915 - René Benjamin, Gaspard
  • 1916 - Henri Barbusse, Le Feu et Adrien Bertrand, L'appel du sol ( prix 1914 )
  • 1917 - Henri Malherbe, La Flamme au poing
  • 1918 - Georges Duhamel, Civilisation
  • 1919 - Marcel Proust, À l'ombre des jeunes filles en fleurs (volume 2 d'À la recherche du temps perdu)
  • 1920 - Ernest Pérochon, Nène
  • 1921 - René Maran, Batouala
  • 1922 - Henri Béraud, Le Vitriol de lune et Le Martyre de l'obèse
  • 1923 - Lucien Fabre, Rabevel ou le Mal des ardents
  • 1924 - Thierry Sandre, Le Chèvrefeuille, le Purgatoire, le Chapitre XIII
  • 1925 - Maurice Genevoix, Raboliot
  • 1926 - Henri Deberly, Le Supplice de Phèdre
  • 1927 - Maurice Bedel, Jérôme 60° latitude nord
  • 1928 - Maurice Constantin-Weyer, Un homme se penche sur son passé
  • 1929 - Marcel Arland, L'Ordre
  • 1930 - Henri Fauconnier, Malaisie
  • 1931 - Jean Fayard, Mal d'amour
  • 1932 - Guy Mazeline, Les Loups
  • 1933 - André Malraux, La Condition humaine
  • 1934 - Roger Vercel, Capitaine Conan
  • 1935 - Joseph Peyré, Sang et lumières
  • 1936 - Maxence Van der Meersch, L'Empreinte du dieu
  • 1937 - Charles Plisnier, Faux Passeports
  • 1938 - Henri Troyat, L'Araigne
  • 1939 - Philippe Hériat, Les Enfants gâtés
  • 1940 - Francis Ambrière, Les Grandes Vacances
  • 1941 - Henri Pourrat, Le Vent de Mars
  • 1942 - Marc Bernard, Pareils à des enfants
  • 1943 - Marius Grout, Passage de l'homme
  • 1944 - Elsa Triolet, Le premier accroc coûte 200 francs
  • 1945 - Jean-Louis Bory, Mon village à l'heure allemande
  • 1946 - Jean-Jacques Gautier, Histoire d'un fait divers
  • 1947 - Jean-Louis Curtis, Les Forêts de la nuit
  • 1948 - Maurice Druon, Les Grandes Familles
  • 1949 - Robert Merle, Week-end à Zuydcoote
  • 1950 - Paul Colin, Les Jeux sauvages
  • 1951 - Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes, refusé par l'auteur
  • 1952 - Béatrix Beck, Léon Morin, prêtre
  • 1953 - Pierre Gascar, Les Bêtes
  • 1954 - Simone de Beauvoir, Les Mandarins
  • 1955 - Roger Ikor, Les Eaux mêlées
  • 1956 - Romain Gary, Les Racines du ciel
  • 1957 - Roger Vailland, La Loi
  • 1958 - Francis Walder, Saint-Germain ou la négociation
  • 1959 - André Schwartz-Bart, Le Dernier des Justes
  • 1960 - Vintila Horia, Dieu est né en exil
  • 1961 - Jean Cau, La Pitié de Dieu
  • 1962 - Anna Langfus, Les Bagages de sable
  • 1963 - Armand Lanoux, Quand la mer se retire
  • 1964 - Georges Conchon, L'État sauvage
  • 1965 - Jacques Borel, L'Adoration
  • 1966 - Edmonde Charles-Roux, Oublier Palerme
  • 1967 - André Pieyre de Mandiargues, La Marge
  • 1968 - Bernard Clavel, Les Fruits de l'hiver
  • 1969 - Félicien Marceau, Creezy
  • 1970 - Michel Tournier , Le Roi des aulnes
  • 1971 - Jacques Laurent, Les Bêtises
  • 1972 - Jean Carrière, L'Épervier de Maheux
  • 1973 - Jacques Chessex, L'Ogre
  • 1974 - Pascal Lainé, La Dentellière
  • 1975 - Émile Ajar (Romain Gary), La Vie devant soi
  • 1976 - Patrick Grainville, Les Flamboyants
  • 1977 - Didier Decoin, John l'enfer
  • 1978 - Patrick Modiano, Rue des boutiques obscures
  • 1979 - Antonine Maillet, Pélagie la Charrette
  • 1980 - Yves Navarre, Le Jardin d'acclimatation
  • 1981 - Lucien Bodard, Anne-Marie
  • 1982 - Dominique Fernandez, Dans la main de l'Ange
  • 1983 - Frédérick Tristan, Les Égarés
  • 1984 - Marguerite Duras, L'Amant
  • 1985 - Yann Queffélec, Les Noces barbares
  • 1986 - Michel Host , Valet de nuit
  • 1987 - Tahar Ben Jelloun, La Nuit sacrée
  • 1988 - Erik Orsenna, L'Exposition coloniale
  • 1989 - Jean Vautrin, Un grand pas vers le Bon Dieu
  • 1990 - Jean Rouaud, Les Champs d'honneur
  • 1991 - Pierre Combescot, Les Filles du Calvaire
  • 1992 - Patrick Chamoiseau, Texaco
  • 1993 - Amin Maalouf, Le Rocher de Tanios
  • 1994 - Didier Van Cauwelaert, Un aller simple
  • 1995 - Andreï Makine, Le Testament français
  • 1996 - Pascale Roze, Le Chasseur Zéro
  • 1997 - Patrick Rambaud, La Bataille
  • 1998 - Paule Constant, Confidence pour confidence
  • 1999 - Jean Echenoz, Je m'en vais
  • 2000 - Jean-Jacques Schuhl, Ingrid Caven
  • 2001 - Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil
  • 2002 - Pascal Quignard, Les Ombres errantes
  • 2003 - Jacques-Pierre Amette, La Maîtresse de Brecht
  • 2004 - Laurent Gaudé, Le Soleil des Scorta
  • 2005 - François Weyergans, Trois jours chez ma mère
  • 2006 - Jonathan Littell, Les Bienveillantes