28/11/2011

L'Apothicaire d'Henri Loevenbruck

 

Henri Loevenbruck, L'apothicaire, Littérature, Livres

 

 

 

Il vécut à Paris en l'an 1313 un homme qui allait du nom d'Andreas Saint-Loup, mais que d'aucuns appelaient l'Apothicaire, car il était à la fois le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes que l'on pût trouver dans le pays tout entier. »

 

 Un matin de janvier, cet homme érudit découvre dans sa propre maison une pièce qu'il avait oubliée – une pièce que tout le monde avait oubliée. Rapidement, il comprend que vivait jadis ici une personne qui partageait sa vie, mais qui, à présent, a mystérieusement disparu de toutes les mémoires.

 

L'Apothicaire, poursuivi par d'obscurs ennemis, accusé d'hérésie par le roi Philippe le Bel, pourchassé par l'Inquisiteur de France, décide alors de partir à la recherche de son propre passé, de Paris à Compostelle, et de Compostelle au Mont Sinaï… au risque de disparaître à son tour.

 

 

Extrait

 

 

Henri Loevenbruck, L'apothicaire, Littérature, Livres

 

 

 

21/11/2011

Le secret du dixième tombeau de Michael Byrnes

 

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Des sites sacrés de Jérusalem aux archives confidentielles du Vatican, un thriller magistral, au rythme haletant, qui mêle archéologie, science et théologie, sur fond de complot international.

 

 

 

Vendredi, jour de prière, sur le Mont du Temple à Jérusalem. Un commando d'hommes masqués lance une attaque meurtrière et s'empare d'un trésor archéologique dissimulé dans une crypte sous la mosquée.

 

Alors que cette profanation échauffe les esprits, faisant planer la menace d'un conflit imminent, Charlotte Hennesey, une brillante généticienne américaine, est convoquée au Vatican dans la plus grande discrétion. Sa mission : analyser de mystérieux ossements...

 

Pourquoi le Vatican tient-il absolument à cacher cette découverte ? Quel rôle viennent jouer les factions juives et musulmanes dans cette affaire ? Quel incroyable secret recèlent ces reliques ?

 

 

 

Avec l'aide de Giovanni, un séduisant anthropologue italien, Charlotte va mettre au jour une stupéfiante découverte qui pourrait faire trembler les fondements mêmes des religions et de l'histoire de l'humanité...

 

 

 

« Je sais que la patine de l'ossuaire est authentique, protesta Bersei. Indiscutablement authentique. Elle est régulière partout, même sur ce relief. En outre j'ai établi que son contenu minéral ne prouvait venir que d'un seul endroit : Israël. Quant aux traces que nous voyons sur les os, elles ne font que corroborer cette information. Des traces de flagellation........... de crucifixion? Nous avons même les clous et les éclats de bois,  insista-t-il. »

 

 

 

14/11/2011

Amin Maalouf immortel!

 

Amin Maalouf, Académie française, Littérature, Léon l'Africain, Samarcande,

 

 

 

«Celui qui vient d’une autre société doit commencer par assimiler ce qui existe déjà: l’histoire, la langue, les symboles de reconnaissance, le mode d’existence, les valeurs essentielles telles que la laïcité, ensuite seulement il a le droit et même, dirais-je, le devoir d’apporter sa contribution, d’imprimer sa marque.»

 

 

 

Amin Maalouf

 

 

 

Un feu d’artifice dans un ciel littéraire parisien structuré par le formalisme et les consensus mous. Pour la seconde fois, l’Académie française vient de désigner un heureux immortel, en l’occurrence, un autre Arabe. Après Assia Djebar, c’est le cas cette fois, d’Amin Maalouf, romancier de talent. Les immortels montrent une nouvelle fois leur souhait de voir sous la Coupole, des écrivains d’origine étrangère après avoir élu en 1996 Hector Bianciotti né en Argentine, en 2002, François Cheng né en Chine. Ce qui ne gâte rien l’écrivain Yasmina Khadra reçoit le prix de Littérature de la même vénérable institution. C’est à ces signes que l’on reprend espoir à savoir que les Académiciens dans leur ensemble sont en règle générale insensibles au discours ambiant politicien qui aurait fait par exemple qu’un Arabe aussi brillant soit-il, n’a aucune chance de faire l’objet d’un consensus pour son élection comme cela est arrivé à Amin Maalouf, élu avec 17 voix sur 24.

 

 

 

 

Amin Maalouf, Académie française, Littérature, Léon l'Africain, Samarcande,

 

 

 

Né le 25 février 1949 à Beyrouth, dans une famille chrétienne, Amin Maalouf est l’auteur de sept romans, de livrets d’opéra et de plusieurs essais, dont Les Identités meurtrières, paru en 1998, où il menait une réflexion sur les notions d’identité et d’appartenance, en corrélation avec la langue. Originaire de multiples patries, de cœur et d’hérédité, le Libanais francophone Amin Maalouf a obtenu, jeudi 23 juin 2011, la reconnaissance de ses pairs écrivains dans son pays d’adoption. Après le prix Goncourt et plusieurs récompenses littéraires, il est reçu à l’Académie française. En octobre 2010, il avait reçu le prix Prince des Asturies pour les lettres, récompense la plus prestigieuse en Espagne, dotée de 50.000 euros, et en mars dernier il avait été le seul écrivain français sélectionné pour le Man International Booker Prize.

 

 

Amin Maalouf, Académie française, Littérature, Léon l'Africain, Samarcande,

 

L’œuvre de celui que l’on a parfois surnommé «Monsieur Tolérance» s’intéresse au rapprochement des civilisations, au thème de l’exil et de l’identité. L’écrivain franco-libanais est élu au fauteuil de Claude Lévi-Strauss. Il a fait du rapprochement des civilisations et des confessions la pierre angulaire de son œuvre.

 

 

Amin Maalouf, Académie française, Littérature, Léon l'Africain, Samarcande,

 

Dans son dernier essai, Amin Maalouf, connu pour avoir publié, entre autres, Léon l´Africain, Samarcande, Les Identités meurtrières, décrit le «dérèglement du monde» Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à la guerre des civilisations «qu’à l´épuisement simultané des civilisations, l’humanité ayant atteint en quelque sorte son «seuil d’incompétence morale». A l’âge des clivages idéologiques qui suscitait le débat, succède celui des clivages identitaires, où il n’y a plus de débat. Islam et Occident : les deux discours ont leur cohérence théorique, mais chacun, dans la pratique, trahit ses propres idéaux. Pour Amine Maalouf, l’Occident «est infidèle à ses propres valeurs», ce qui le disqualifie auprès des peuples qu’il prétend acculturer à la démocratie. Sa tentation: préserver par la supériorité militaire ce que ne lui assure plus sa supériorité économique ni son autorité morale.

 

 

Amin Maalouf se penche au chevet de deux ensembles culturels qu’il chérit également, analysant d’un côté la perte des valeurs, de l’autre l’indigence morale qui frappe le Monde arabe.

 

07/11/2011

Le Fantôme du Fauteuil 32 de Nathalie Rheims

 

Le Fantôme du Fauteuil 32, Nathalie Rheims, Littérature, Livre, Académie française

 

 

 

Une malédiction pèse sur le fauteuil 32 de l’Académie française. Cet énigmatique mauvais sort, vérifié par de nombreux historiens depuis l’origine, fut le sujet, en 1910, d’un roman fameux : Le Fauteuil hanté. Son auteur, le feuilletoniste Gaston Leroux, avait résolu l’énigme et en avait dissimulé les clefs dans son manuscrit.

 

 Le destin voulut que Maurice Rheims, titulaire du fauteuil 32 de 1976 à 2003, devienne l’expert de la succession Leroux. Il reçut, pour rémunération de son travail, le mystérieux manuscrit.

 

Au moment de mourir, il transmit à sa fille le précieux document pour l’aider à exécuter sa dernière volonté : que jamais personne ne s’assoie sur son fauteuil.

 

Si elle parvenait à accomplir cette mission, malgré le déchaînement des ambitions et les sombres tractations des candidats, son père pourrait goûter à la vraie immortalité, celle des fantômes.

 

 Dans son treizième roman, Le Fantôme du fauteuil 32, Nathalie Rheims tourne une page. C’est avec une légèreté, un humour, une ironie mêlés de tendresse qu’elle fait revivre tous ceux qui entouraient son père afin qu’il n’attende plus que son éloge soit enfin prononcé.

 

 

 

Le Fantôme du Fauteuil 32, Nathalie Rheims, Littérature, Livre, Académie française

 

 

Dans la réalité de l’Académie française : Le fauteuil de Maurice Rheims est resté vide pendant plusieurs années. Robbe-Grillet ne l'a pas occupé et Weyergans a tardé à s'y asseoir.

 

Maurice Rheims peut enfin jouir de son immortalité et prendre de longues vacances dans son paradis corse. Mais un funeste destin s'est acharné contre lui. Cela faisait huit ans qu'il était  enfermé sous la Coupole, où il attendait, en vain, d'être relevé. Pour être élargi, il suffisait que son successeur fît son éloge et vînt s'asseoir dans son fauteuil.

 

Seulement voilà: personne ne se présentait, et le commissaire-priseur commençait à prendre froid. L'auteur de «La Vie étrange des objets» se demandait si son fauteuil, le 32e, ne serait pas maudit. Son prédécesseur, Robert Aron, ne mourut-il pas la veille de son intronisation?

 

Celui qui aurait dû le remplacer s'était bien moqué de lui, et de la Compagnie. Elu en 2004, Alain Robbe-Grillet n'avait en effet jamais prononcé son discours de réception et il avait refusé de porter l'habit vert, qu'il jugeait peu seyant, lui préférant le col roulé. Il est mort d'une crise cardiaque, en 2008, obligeant du même coup le pauvre Maurice Rheims à guetter un nouvel impétrant. Et ce fut, en 2009, François Weyergans.

 

On se souvient de la manière dont l'auteur du «Pitre» prit d'assaut le quai de Conti: avec un somptueux stylo à plume offert par Jean-Luc Delarue, célèbre tireur de lignes, l'écrivain adressa de longues lettres flagorneuses à tous les académiciens. Le procédé inédit fonctionna, et Weyergans fut élu au 32e fauteuil.

 

Maurice Rheims pouvait-il enfin respirer? Rien de moins sûr. Car pour occuper ce satané fauteuil, il fallait encore que François Weyergans fût reçu sous la Coupole après avoir chanté les louanges de son prédécesseur. Et cela sai plus de deux ans qu'Hélène Carrère d'Encausse attendait, en pestant, cet improbable discours.

 

Il est vrai qu'on doit au plus gascon des romanciers belges, expert en procrastination et spécialiste des leurres, beaucoup de livres promis jamais remis, et des ouvrages publiés à l'arraché - il fallut près de dix ans aux Editions Grasset pour mettre la main sur «Trois Jours chez ma mère», prix Goncourt 2005.

 

Mme le secrétaire perpétuel, qui n'avait toujours pas digéré l'épisode Robbe-Grillet, a trouvé dans les archives de l'Académie un article stipulant que le nouvel élu avait deux ans, pas davantage, pour se plier au protocole de la réception. Et elle a fixé à François Weyergans une date, au-delà de laquelle son ticket ne serait plus valable: le 16 juin 2011.

 

Ce jour-là, dans un habit vert réalisé par Agnès b. et portant l'épée que lui a léguée Maurice Béjart, l'auteur du «Radeau de la Méduse» devait, pendant quarante-cinq minutes, célébrer celui des «Greniers de Sienne». Mais la rumeur prétendait qu'il n'avait pas encore rédigé une ligne de ce panégyrique. Jamais l'indolente Académie n'avait connu plus palpitant suspense. Le jour même, l’Assemblée dût encore attendre une demi-heure pour entendre le discours tant attendu. Le fauteuil 32 est aujourd’hui occupé.

 

31/10/2011

Juliette Benzoni : "Splendeurs et ténèbres du Moyen Âge"

 

Juliette Benzoni, Splendeurs et ténèbres du Moyen Âge, Littérature, Livres

 

 

 

L'histoire la plus longue du recueil gravite autour du pèlerinage de Compostelle. Paris, le matin de Pâques 1143, une femme étrange se glisse dans le cortège. On dit qu'elle entreprend ce long et périlleux voyage pour sauver la vie et l'âme d'un innocent. Un baron débauché tombe amoureux d'elle et quitte femme et château pour se rendre au pèlerinage.

 

Le Moyen âge est une source constante d'inspiration pour Juliette Benzoni. Elle y a trouvé le cadre de drames et de passions, où les destins personnels côtoient la grande Histoire. Splendeurs et ténèbres du Moyen Âge est une somme de romans et récits qui offrent l'occasion de traverser plusieurs siècles marqués par l'ambition, la foi, la haine et l'amour.

Un aussi long chemin ouvre ce recueil. Ce roman nous plonge dans l'univers du pèlerinage de Compostelle. Paris, le matin de Pâques 1143, une femme étrange s'est glissée dans le cortège. On dit qu'elle entreprend ce long et périlleux voyage pour sauver la vie et l'âme d'un innocent. Elle a dix-huit ans. Un baron batailleur et débauché tombe amoureux fou d'elle et quitte femme, château et fortune pour se rendre au grand pèlerinage à sa suite.

L'action de De deux roses l'une se déroule au XVe siècle cette fois, en Angleterre, au cours d'une terrible guerre civile, appelée la guerre des Roses, qui oppose deux familles : les York (rose blanche) et les Lancastre (rose rouge). Marguerite d'Anjou, princesse française et épouse d'Henri VI d'Angleterre, se retrouve malgré elle au coeur de ce conflit fratricide.

D'autres histoires complètent la fresque avec des personnages historiques hauts en couleurs, parmi lesquels Frédégonde, Brunehaut, Aliéner d'Aquitaine, Isabelle d'Angoulême, Marguerite, Blanche et Jeanne de Bourgogne, Isabelle, Blanche de Bourbon, Mabile, Bertrade, Jeanne de Lisson, Arnaud l'Archiprêtre, Pierre de Giac, Gilles de Rais, ...

 

24/10/2011

"Les enfants d'Alexandrie" de Françoise Chandernagor

 

Françoise Chandernagor, Les enfants d'Alexandrie, Roman, Littérature

 

 

 

 

 

Marc Antoine et Cléopâtre. L’Imperator et la Reine des Rois. Un couple mythique, parents des jumeaux Alexandre et Cléopâtre, surnommés Hélios et Séléné (en grec Soleil et Lune). Deux jumeaux magnifiques, cadets de Césarion (fils de César), ainés de Ptolémée. Petits princes élevés dans la pourpre et l’encens du Quartier-Royal, « cité interdite » d’Alexandrie. Rois à deux ans, à six, à douze. Princes éphémères de royaumes imaginaires qu’ils jouent aux dés et aux osselets sur les terrasses du palais. Si fragiles et si jeunes encore lorsque la ville tombe… Tous massacrés par les Romains, sauf Cléopâtre-Séléné, la reine oubliée, qui revient hanter les rêves de la narratrice, exigeant qu’elle raconte au monde leur histoire. Les morts ne demandent qu’à vivre. Comme la Marguerite Yourcenar des Mémoires d’Hadrien, Françoise Chandernagor joue de toutes les armes : érudition, distanciation, empathie, intuition, réflexion sur les rapports entre ambition et destin, vainqueurs et vaincus, opportunisme et aveuglement… Un roman éblouissant qui brasse l’Histoire, en évoque les coups du sort, les amours, les combats, les conquêtes, pour faire jaillir une vérité deux fois millénaire.

 

 

 

17/10/2011

"Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson

 

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Alors que tous dans la maison de retraite s’apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l’histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d’un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, et avec quelques coups de pouce du destin, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s’est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d’événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao…

 

 

 

 

Extraits

 

 

 

 « On se dit qu'il aurait pu se décider avant et qu'il aurait dû au moins avoir le courage de prévenir son entourage de sa décision. « 

 

 

« L'envoyé du gouvernement lui affirma que le président Yudhoyono était un homme très intelligent et responsable.

 

- Voilà qui fait plaisir à entendre, dit Allan. Alors je serai ravi de lui apporter mon aide.

 

Et c'est ce qu'il fit. »

 

 

 

« Le bureau ovale était aussi ovale qu'Allan se l'était imaginé. »

 

 

 

« Même s'il semble improbable de redevenir sobre comme un chameau en une seconde après avoir ingurgité un litre de tequila, c'est pourtant ce qui arriva à Harry Truman. »

 

 

 

10/10/2011

"Pourquoi lire?" de Charles Dantzig

 

Charles Dantzig, Pourquoi lire, Livre, Roman, Littérature

 

 

 

Devant le brio, l’érudition, la drôlerie et l’acuité de cet essai – salutaire ? oui, salutaire – de Charles Dantzig consacré à sa passion prédominante, la lecture, on ne peut que s’incliner, livre à la main, et le citer : « Voilà pourquoi la lecture n’est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgueilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l’orgueil, la timidité, le silence, la reculade. Elle maintient, dans l’utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée. Lire ne sert à rien. C’est pour cela que c’est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien. »

 

 Et ailleurs, des conseils (« ne pas lire Mein Kampf quand on a perdu son emploi depuis des années dans un pays à forte inflation »), des rosseries (« les éditeurs tentent comme ils peuvent de ne pas vendre et de préserver la littérature, rien n’y fait. Ainsi est né Twilight, le premier roman de vampire qui ne soit pas fait avec du sang, mais avec du navet »), des douceurs (Proust), et des ajustements dans les deux sens (Joyce et sa notoriété, l’emploi du verbe savoir chez Marguerite Duras). Et enfin, une conception de la lecture comme « sœur de la littérature », toutes deux marchant ensemble dans un combat contre le temps. Une philosophie de la lecture qui fait s'exclamer, s'enthousiasmer, applaudir, et dont on n'a qu'une envie: (la) relire.

 

 

 

 

 


Charles Dantzig par franceinter

 

Extrait

 

 

 

« La bibliothèque de ma grand-mère maternelle regorgeait d'éditions numérotées, qu'elle appelait « grands papiers », certains portant la signature d'écrivains célèbres. Je trouvais cela prestigieux et s'en augmentait mon amour déjà immense pour cette femme ; il y aurait un livre à écrire sur les écrivains à grand-mère. Il y a les écrivains à mère, comme Albert Cohen. Il y a les écrivains à sœur, comme Flaubert. Il y a les écrivains à père, comme Stendhal ou Dickens. Il y a les écrivains à oncles, comme Roger Nimier. Le dieu des écrivains à grand-mère serait Marcel Proust. Il pouffe en disant des horreurs derrière son gant de chevreau sous le regard éternellement bienveillant d'une vieille dame à cheveux blancs à la fois dure et bonne qui adore lire. Cette grand-mère, enfin, celle du narrateur d'À la recherche du temps perdu, m'a appris l'intérêt des comparaisons apparemment insolites. C'est elle qui trouve des ressemblances entre Mme de Sévigné et Dostoïevski, n'est-ce pas. La mienne m'apprenait comment manipuler les ouvrages précieux, leurs codes et les règles de courtoisie à leur endroit : divers états des gravures au début des volumes, les ouvrir avec précaution, etc., etc. Je caressais le papier Japon impérial, plus doux que de l'ivoire poli, avec volupté. Une des désolations du monde actuel, à part les dictatures théocratiques et les assassinats de peuples - mais non, d'ailleurs, cela a toujours existé, et, la violence humaine étant plus ou moins éternelle et très profonde, c'est à la surface, la si décriée surface où poussent pourtant les fleurs, que se gagnent les vagues moments un peu tendres de la vie, cette désolation oui oui j'y arrive est la fin de la fabrication du papier japon. On a j'espère compensé par d'autres raffinements.

 

Ce n'était pas vers les japons que je courais quand j'étais seul. Le lecteur n'est pas nécessairement un bibliophile, pas plus qu'un bibliophile n'est nécessairement un lecteur. Il suffit de voir la cote des écrivains selon les uns et les autres. Georges Duhamel vaut encore cher chez les libraires d'ancien à cause de ses tirages limités, il ne vaut plus grand-chose au jugement des lecteurs. Tony Duvert n'est pas coté chez les premiers mais a une valeur inestimable chez les seconds. Pour moi, je voulais de l'imprimé qu'on pût souligner et dans les marges duquel on pût suspendre des annotations. On m'avait appris que c'était la meilleure façon de lire, et c'est vrai. Un lecteur n'est pas un consommateur qui ferait disparaître les livres en les mangeant. Quand on dit qu'il dévore, l'image est hasardeuse. Un bon lecteur écrit en même temps qu'il lit. Il entoure, raie, met des appréciations dans tous les interstices laissés libres par l'imprimeur. Si je montrais mes volumes de Proust, on comprendrait pourquoi j'en achète régulièrement de nouvelles éditions. Ce n'est pas par fétichisme. Je dois le faire. Les pages de garde et les marges sont bourrées de lignes manuscrites qui courent comme des lombrics dans tous les sens, s'entortillant jusque dans les marges intérieures ; les lignes mêmes de Proust sont soulignées, encodées, barbouillées. Il n'a pas ajouté autant de paperoles à ses pages que moi d'appréciations. Un bon lecteur est un tatoueur. Il s'approprie, tant soit peu, le bétail des livres. En comparant les annotations d'un même livre par deux lecteurs différents, on comprendrait qu'un livre n'est pas une oeuvre d'art plastique, laquelle se laisse regarder et existe sauf catastrophe plus longtemps que le premier public qui l'a vue. S'il a un sens à peu près unique, celui qu'a voulu l'auteur, chaque lecteur d'un livre lui trouve une résonance particulière. C'est ce qui faisait dire à Paul Valéry : Mes vers ont le sens qu'on leur prête. Celui que je leur donne ne s'ajuste qu'à moi, et n'est opposable à personne. C'est une erreur contraire à la nature de la poésie, et qui lui serait même mortelle, que de prétendre qu'à tout poème correspond un sens véritable, unique, et conforme ou identique à quelque pensée de l'auteur. »

 

08/10/2011

Le Nobel du poète suédois Tomas Tranströmer

 

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Après Wislawa Szymborska, couronnée en 1996, la poésie est de nouveau saluée par les jurés du Nobel, qui viennent de décerner leur prix au Suédois Tomas Tranströmer. Né en 1931, psychologue de formation, traduit en cinquante cinq langues, il a été considéré dès les années 1960 comme l'une des voix les plus novatrices de la poésie scandinave, ce qui lui a valu de très nombreuses distinctions, dont le Prix Pétrarque en Allemagne et bien d'autres lauriers entre les USA, les Balkans, la Chine et le Japon. En France c'est Le Castor Astral qui a publié les recueils du nouveau Nobel, et ils ont ensuite été rassemblés sous un titre unique, Baltiques, dans la collection Poésie/Gallimard. 

 

 

 

Il y a vingt ans, Tranströmer a été frappé par une hémiplégie et il reste aujourd'hui reclus dans son appartement de Stockholm: à la soirée d'hommage qui lui fut consacrée en 2004 au Centre Culturel Suédois, où il s'était rendu malgré son handicap, il ne put que jouer du piano, de sa main valide. Quant à sa poésie, jaillissement du réel dans le miroir de la subjectivité, elle se nourrit de la métaphysique occidentale, de la tradition japonaise du haïku -un art d'aller à l'essentiel- et des grandes oeuvres classiques qui interrogent le temps, la précarité de notre condition, la mort, la mémoire. A cette thématique, Tranströmer ajoute de multiples allusions à son intimité, son goût pour la musique et les voyages, la botanique et l'entomologie, entre autres. 

 

 

 

 

 

"Comme la musique intérieure et celle des compositeurs, la poésie semble être le lieu privilégié où l'espace et le temps se télescopent pour luire un instant dans une irrémédiable épiphanie" a écrit Jacques Outin, le traducteur de Tranströmer. Lequel -dans son livre autobiographique, Les souvenirs m'observent- compare sa vie à une comète dont le noyau lumineux, celui de l'enfance, éclaire toute son oeuvre, une oeuvre à la fois très intériorisée et ouverte sur son époque, "afin de déchiffrer le palimpseste du monde". Et ce qui frappe chez ce "mystique cherchant dans l'obscurité les signes d'un ordre suprême", c'est la précision de son regard - une sorte d'objectif de caméra - et la puissance de ses images, autant de flashs qui électrisent la réalité pour donner à voir l'invisible. Les vers de Tranströmer sont donc autant de tableaux, avec la profondeur d'un Rembrandt, afin de "regarder au fond du poème comme on regarde au fond d'un puits pour en retirer des visions qui semblent arrachées au néant." 

 

 

 

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Extraits de « Baltique »

 

COHESION

 

 

 

« Voyez cet arbre gris. Le ciel a pénétré

 

par ses fibres jusque dans le sol -

 

il ne reste qu'un nuage ridé quand

 

la terre a fini de boire. L'espace dérobé

 

se tord dans les tresses des racines, s'entortille

 

en verdure. - De courts instants

 

de liberté viennent éclore dans nos corps, tourbillonnent

 

dans le sang des Parques et plus loin encore. »

 

 

 

 

 

« A deux heures du matin : clair de lune. Le train s’est arrêté
au milieu de la plaine. Au loin, les points de lumière d’une ville
qui scintillent froidement aux confins du regard.

 

C’est comme quand un homme va si loin dans le rêve
qu’il n’arrive à se souvenir qu’il y a demeuré
lorsqu’il retourne dans sa chambre.

 

Et comme quand quelqu’un va si loin dans la maladie
que l’essence des jours se mue en étincelles, essaim
insignifiant et froid aux confins du regard.

 

Le train est parfaitement immobile.
Deux heures : un clair de lune intense. Et de rares étoiles. »

 

03/10/2011

"Premier bilan après l'apocalypse" de Frédéric Beigbeder

 

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L'apocalypse, serait-ce donc l’édition numérique, ou comme dans Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, la température à laquelle le papier s’enflamme et se consume ?

 

 

 

Frédéric Beigbeder sauve ici du brasier tous les livres, pour être précis les 100 œuvres, qu'il souhaite conserver au vingt-et-unième siècle, sous la forme d'un hit-parade intime de 100 à 1. C'est donc un classement totalement personnel, égotiste, joyeux, inattendu, parfois classique (André Gide, Fitzgerald, Paul-Jean Toulet, Salinger et d'autres grands), souvent surprenant (Patrick Besson, Bret Easton Ellis, Régis Jauffret, Simon Liberati, Gabriel Matzneff, d'autres oiseaux de nuit, d'autres perturbateurs). Il est rare d'établir le panorama d'une littérature en train de se faire, de s'améliorer, de s'inventer. Avec ce manifeste, c'est le Beigbeder livresque que nous découvrons, en même temps qu'une autobiographie en fragments, un autoportrait en lecteur.

 

 

 

"Si j'écris, c'est grâce à ces morceaux de papyrus où se cachait toujours une âme sœur. C'est de toute manière envers ces cent objets précieux que l'on devra ressentir gratitude ou rancœur."

 

26/09/2011

"Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson

 

Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, Roman, Littérature

 

 

 

Sylvain Tesson, pour rassasier son besoin de liberté, a trouvé une solution radicale et vieille comme les expériences des ermites de la vieille Russie : s’enfermer seul dans une cabane en pleine taïga sibérienne, sur les bords du Baïkal, pendant six mois. De février à juillet 2010, il a choisi de faire l’expérience du silence, de la solitude, et du froid. Sa cabane, construite par des géologues soviétiques dans les années brejnéviennes, est un cube de rondins de trois mètres sur trois, chauffé par un poêle en fonte, à six jours de marche du premier village et à des centaines de kilomètres d’une piste. Vivre isolé du monde nécessite avant tout de s’imposer un rythme. Le matin, Sylvain Tesson lit, écrit, fume, ou dessine. Puis ce sont cinq longues heures consacrées à la vie domestique : il faut couper le bois, déblayer la neige, préparer les lignes de pêche, réparer les avanies de l’hiver… Le défi de six mois d’ermitage, c’est de savoir si l’on réussira à se supporter. En cas de dégoût de soi, nulle épaule où s’appuyer, nul visage pour se lustrer les yeux. L’inspecteur forestier Chabourov qui l’a déposé sur cette grève le premier jour le savait. Il lui a glissé, énigmatique, en se touchant la tempe : « Ici, c’est un magnifique endroit pour se suicider ». La solitude finira par se révéler fertile : quand on n’a personne à qui exposer ses pensées, la feuille de papier est un confident précieux ; le carnet de note, un compagnon poli. C’est ce journal que nous offre à lire Sylvain Tesson. En notant minutieusement, presque quotidiennement, ses impressions face au silence, ses luttes pour survivre dans une nature hostile, ses désespoirs, ses doutes, mais aussi, ses moments d’extase, de paix intérieure et d’osmose avec la nature, Sylvain Tesson nous fait partager une expérience hors du commun. Finalement « la vie en cabane apprend à peupler l’instant, à ne rien attendre de l’avenir et à accepter ce qui advient comme une fête. Le génie du lieu aide à apprivoiser le temps ». Une expérience comme seule la littérature peut la ressaisir afin qu’elle ne soit pas seulement une aventure isolée, mais une aventure exceptionnelle à la portée de tous.

 

 

 

 

 

 

19/09/2011

"La femme au miroir" de Eric-Emmanuel Schmitt

 

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Trois femmes, trois époques. Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna, dans la Vienne impériale du XXe siècle naissant, Anny, à Hollywood, de nos jours. A chacune est consacré un chapitre. Anne est sur le point de se marier avec Philippe, un beau parti, mais y renonce et s'enfuit dans la forêt où le moine Braindor lui portera secours et la convaincra de s'unir à Dieu. Hanna, elle, s'exprime à travers ses lettres à son ami Gretchen. Elle lui décrit son quotidien ennuyeux dans l'élégante société viennoise, où son mari, le jeune comte Franz von Waldberg, l'exhibe. Enfin Anny, actrice, se retrouve dans le centre médical de Beverly Hills après avoir été accidentée dans une boîte de nuit où elle s'était copieusement enivrée... Toutes trois se sentent profondément différentes de leurs contemporains. Et si elles ne représentaient qu'une seule et même femme ? De retour à la forme romanesque, après des recueils de nouvelles et un livre consacré à Beethoven, Eric-Emmanuel Schmitt signe un étonnant plaidoyer en faveur du beau sexe, de ses failles et de ses forces.

 

 

 

 

 

Extrait

 

"Anne s'approcha de la fenêtre dont on avait ouvert le châssis en papier huilé pour laisser entrer le printemps ; prenant soin de ne pas couper le rayon lumineux, elle se pencha de côté et repéra sur le pavé gras Philippe, la gaîté aux lèvres, qui palabrait avec ses amis venus de Bruges à Saint-André, village où logeait grand-mère Franciska, à une lieue de la grande cité. Oui, vérifiant périodiquement l'ultime étage du logis, il l'attendait, fervent et guilleret.

Cela lui réchauffa le coeur. Elle ne devait point douter !

Anne habitait Bruges depuis un an. Auparavant, elle n'avait connu qu'une ferme isolée, au nord, sous les nuages écrasants, au milieu des terres plates, malodorantes, humides ; elle y avait vécu avec sa tante et ses cousines, son unique famille puisque sa mère était morte en la mettant au monde sans révéler l'identité du père. Tant que son oncle avait dirigé l'exploitation, elle ne s'en était jamais éloignée ; au décès de l'oncle, tante Godeliève avait décidé de regagner Bruges où résidaient ses frères. Non loin, sa mère Franceska coulait ses derniers jours à Saint-André.

Si, pour Godeliève, Bruges avait représenté un rassurant retour aux sources, pour Anne, Ida, Hadewijch et Bénédicte - ses trois cousines -, cela avait constitué un choc : de campagnardes, elles étaient devenues citadines ; et de filles, jeunes filles.

Ida, l'aînée, déterminée à vite lier son sort à un homme, avait abordé les rares garçons disponibles avec une fougue et une audace quasi viriles qui l'avaient desservie. Ainsi Philippe, courtisé dans l'échoppe de souliers où il travaillait, après avoir répondu aux saluts d'Ida, entreprit la conquête d'Anne, lui offrit chaque matin une fleur, révélant sans vergogne à Ida qu'elle lui avait servi de marchepied pour atteindre sa cousine.

Face à cette manoeuvre - somme toute banale -, Ida avait conçu davantage de dépit qu'Anne de fierté. Celle-ci ne portait pas le même regard sur les êtres que ses compagnes : alors que les demoiselles voyaient un éclatant gaillard dans l'apprenti cordonnier, Anne apercevait un enfant qui venait de grandir, haut perché sur ses jambes, surpris par ce nouveau corps qui se cognait aux portes. Il l'apitoyait. Elle décelait en lui ce qu'il tenait d'une fille - ses cheveux, sa bouche tendre, son teint pâle. Sous sa voix basse, timbrée, elle entendait, au détour d'une inflexion, dans l'hésitation de l'émotion, les échos de la voix aiguë du gamin qu'il avait été. Lorsqu'elle allait au marché en sa compagnie, elle contemplait en lui un paysage humain, ondoyant, instable, qui se transformait ; et c'était à cela, surtout, qu'elle s'attachait, elle que passionnait la pousse d'une plante.

"Veux-tu me rendre heureux ?" Un jour, Philippe lui avait posé cette question. En rougissant, elle avait réagi, prompte, sincère :

"Oui, bien sûr !

- Heureux, heureux ? implora-t-il.

- Oui.

- Sois ma femme."

Cette perspective l'enchanta moins : quoi, lui aussi ? Voilà qu'il raisonnait comme sa cousine, comme les gens qui l'assommaient, qui l'ennuyaient. Pourquoi cette convention ? Spontanément, elle négocia :

"Ne crois-tu pas que je puisse te rendre heureux sans t'épouser ?"

Il s'écarta, suspicieux.

"Es-tu ce genre de fille ?

- De quoi parles-tu ?"

Parfois, les garçons montraient des réactions incompréhensibles... Qu'avait-elle dit de scandaleux ? Pourquoi fronçait-il les sourcils en la dévisageant ?

Après une pause, il sourit, soulagé de constater qu'aucune malice ne se cachait derrière la proposition d'Anne. Il reprit :

"Je souhaiterais me marier avec toi.

- Pourquoi ?

- Tout homme a besoin d'une femme.

- Pourquoi moi ?

- Parce que tu me plais.

- Pourquoi ?

- Tu es la plus jolie et...

- Et ?

- Tu es la plus jolie !

- Alors ?

- Tu es la plus jolie !"

Puisqu'elle l'avait sondé sans coquetterie, le compliment n'engendra nulle vanité en elle. De retour chez sa tante, ce soir-là, elle s'interrogea seulement : "Jolie, cela suffit-il ? Lui beau, moi jolie."

Le lendemain, elle le pria d'éclaircir sa pensée :

"Pourquoi toi et moi ?

- Toi et moi, avec nos physiques, nous fabriquerons des enfants magnifiques !" s'exclama-t-il.

Allons bon, Philippe confirmait ce qu'elle redoutait ! Il tenait un langage d'éleveur, celui du fermier accouplant ses meilleures bêtes afin qu'elles se multiplient. Entre les humains, c'était donc cela, l'amour ? Rien d'autre ? Si elle avait eu une mère pour en discuter...

Se reproduire ? Voilà ce pour quoi les femmes qui l'entouraient affichaient tant d'impatience. Même l'indomptable Ida ?

A cette demande en mariage, Anne, songeuse, ne répondit pas. L'ardent Philippe lut un consentement dans cette placidité.

Avec ivresse, il commença à annoncer leur union, confiant son aubaine à chacun.

Dans la rue, on félicita Anne, laquelle, surprise, ne démentit pas. Ensuite, ses cousines la congratulèrent, y compris Ida qui se réjouissait que sa séduisante cousine disparût du marché des rivales. Enfin, tante Godeliève battit des mains, jubilante, les paupières débordant de larmes, apaisée d'avoir accompli son devoir - emmener la fille de sa regrettée soeur jusqu'à l'autel. En face de cette âme charitable, pour éviter de la décevoir, Anne, piégée, se contraignit au mutisme.

Ainsi, faute de déni, le malentendu prit les couleurs d'une vérité : Anne allait épouser Philippe.

Chaque jour, elle trouvait plus farfelu que ses proches manifestassent un tel enthousiasme. Persuadée qu'un élément essentiel lui échappait, elle laissa Philippe s'enhardir, l'embrasser, la serrer.

"Tu n'aimeras que moi, rien que moi !

- Impossible, Philippe. J'en aime déjà d'autres.

- Pardon ?

- Ma tante, mes cousines, grand-mère Franciska.

- Un garçon ?

- Non. Mais j'en connais peu, j'ai manqué d'occasions."

Quand elle lui fournissait ces précisions, il la considérait, méfiant, incrédule ; puis, parce qu'elle soutenait son regard sans ciller, il finissait par éclater de rire.

"Tu me fais marcher et moi je galope ! Oh, la vilaine qui m'effraie... Quelle rusée ! Tu sais te débrouiller, toi, avec un homme, pour qu'il s'entête, qu'il s'entiche davantage, qu'il ne pense qu'à toi."

Saisissant mal son raisonnement, elle n'insistait pas, d'autant que, dans cet état de trouble, il se collait à elle, l'oeil brillant, la lèvre frémissante ; or elle prenait plaisir à fondre entre ses bras, elle appréciait sa peau, son odeur, la fermeté de son corps fiévreux ; plaquée contre lui, enivrée, elle éloignait ses doutes.

Dans la mansarde, une ombre s'étira. La densité de la chambre avait changé."

 

 

 

12/09/2011

"Tout, tout de suite" de Morgan Sportès

 

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Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. Ce livre est une autopsie: celle de nos sociétés saisies par la barbarie.

 

En 2006, après des mois de coups tordus et d’opérations avortées, une petite bande de banlieue enlève un jeune homme. La rançon exigée ne correspond en rien au milieu plutôt modeste dont ce dernier est issu. Mais le choix de ses agresseurs s’est porté sur lui parce que, en tant que Juif, il est supposé riche. Séquestré vingt-quatre jours, soumis à des brutalités, il est finalement assassiné.

 

Les auteurs de ce forfait sont chômeurs, livreurs de pizzas, lycéens, délinquants. Certains ont des enfants, d’autres sont encore mineurs. Mais la bande est soudée par cette obsession morbide: «Tout, tout de suite.»

 

Morgan Sportès a reconstitué pièce par pièce leur acte de démence. Sans s’autoriser le moindre jugement, il s’attache à restituer leurs dialogues confondants d’inconscience, à retracer leur parcours de fast-foods en cybercafés, de la cave glaciale où ils retiennent leur otage aux cabines téléphoniques d’où ils vocifèrent leurs menaces, dans une guerre psychologique avec la famille de la victime au désespoir et des policiers que cette affaire, devenue hautement «politique», met sur les dents.

 

 

Indigence intellectuelle et morale au milieu de l’indigence architecturale et culturelle: il n’y a pas de mot pour décrire l’effroyable vide que la société a laissé se creuser en son sein, et qui menace de l’aspirer tout entière. Pas de mot. Il fallait un roman.

 

 

 

 

 

05/09/2011

"Muze" de Joseph O'Connor

 

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Elle était pauvre, irrévérencieuse, sensuelle, très belle et rebelle à toute autorité, sauf à celle du génie et de l’amour. Elle s’appelait Molly Allgood, elle fut une comédienne célèbre et elle eut pour amant l’un des plus fameux dramaturges irlandais, John Millington Synge. C’était en 1907. Elle avait dix-neuf ans, il en avait trente-sept. Il fut son Pygmalion, elle sa muse. Ils vécurent une passion sans borne. Mais leur différence sociale et religieuse, les conventions et l’austérité de la famille Synge, leurs amis même, tout et tous s’y opposèrent. Jamais ils ne purent se marier et Molly Allgood rompit avec l’homme de sa vie qui mourut peu après, en 1909, rongé par le bacille de Koch. Quarante-cinq ans plus tard, on retrouve l’ancienne actrice, réduite à la misère et hantant les rues de Londres par un matin brumeux. Peu à peu, les souvenirs resurgissent, comme l’amour et le désir pour ce Vagabond qui ne l’aura jamais quittée…

 

 

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29/08/2011

"Le turquetto" de Metin Arditi

 

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Se pourrait-il qu'un tableau célèbre – dont la signature présente une discrète anomalie – soit l'unique œuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne ? Un égal du Titien ou du Véronèse? Né à Constantinople en 1519, Elie Soriano a émigré très jeune à Venise, masqué son identité, troqué son nom contre celui d'Elias Troyanos, fréquenté les ateliers de Titien, et fait une carrière exceptionnelle sous le nom de Turquetto : le "Petit Turc", comme l'a surnommé Titien lui-même. Metin Arditi retrace le destin mouvementé de cet artiste, né juif en terre musulmane, nourri de foi chrétienne, qui fut traîné en justice pour hérésie…

 

 

 

 

 

22/08/2011

"Azincourt" de Bernard Cornwell

 

Azincourt, , Littérature, Livres

 

 

 

Nicholas Hook n’y croyait pas, pourtant il a survécu au terrible siège de Soissons. Il y a même sauvé la vie de la jolie Mélisande, menacée de viol par des soldats avinés. Ensemble, l’archer anglais et la jeune Française tentent de fuir les atrocités de la guerre. C’est oublier le roi Henri V, prêt à tout pour conquérir le trône de France, et le père de Mélisande, aristocrate arrogant et cruel qui préfère enfermer sa fille au couvent plutôt que de la partager avec un autre homme, à plus forte raison si celui-ci est anglais. Le sort de Nicholas et Mélisande, comme celui de la France et de l’Angleterre, se jouera à Azincourt, lors d’une bataille épique à l’issue si surprenante que Shakespeare lui-même en tira une pièce. 

 

10:00 Écrit par Boubayul dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : azincourt, littérature, livres |  Facebook |

16/08/2011

"Rien ne s'oppose à la nuit" de Delphine de Vigan

 

Rien ne s'oppose à la nuit, , Littérature, Livres

 

 

 

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

 

10/08/2011

"Kafka sur le rivage" de Haruki Murakami

 

Kafka sur le rivage, Haruki Murakami, Littérature, livres

 

 

 

« Un jour, tu tueras ton père de tes mains, et tu coucheras avec ta mère et ta sœur. » Le jour de ses quinze ans, Kafka Tamura fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la prophétie paternelle, qu’il ressent comme un mécanisme à retardement enfoui dans ses gènes. Il se rend dans la ville de Takamatsu, sur la lointaine île de Shikoku, et trouve refuge dans une petite bibliothèque privée. Protégé par le bibliothécaire et son énigmatique directrice qui lui offrent contre toute attente un emploi et un toit, l’adolescent commence une nouvelle vie. Tout irait presque pour le mieux s’il n’apprenait l’assassinat de son père. Comment expliquer que ce dernier a eu lieu exactement le jour où il a perdu connaissance pendant quelques heures en rentrant de la bibliothèque et s’est réveillé dans l’enceinte d’un sanctuaire, avec son tee-shirt plein de sang ? Qu’a-t-il pu se passer pendant qu’il était évanoui ? A-t-il emprunté des circuits particuliers aux rêves pour assassiner son géniteur ? La responsabilité commence-t-elle avec le pouvoir de l’imagination ?

 

Tandis qu’il s’interroge, Kafka ignore qu’un vieil homme simple d’esprit, capable de parler aux chats et de faire chuter des poissons du ciel, a quitté Tokyo et se rapproche de lui comme s’il obéissait à un appel mystérieux. Le destin les entraîne tous deux dans une direction de plus en plus étrange…

 

 

01/08/2011

"Les cendres froides" de Valentin Musso

 

Valentin Musso, Les cendres froides, La ronde des innocents, Littérature, Livres

 

 

 

Après "La Ronde des innocents" paru l'an dernier, "Les cendres froides" est le second roman de l'écrivain français Valentin Musso, frère du célèbre Guillaume du même nom.

 

Valentin Musso, Les cendres froides, La ronde des innocents, Littérature, Livres

 

Sous le choc de ces images lourdes de sens, Aurélien compose le numéro de téléphone mentionné sur la bobine et rencontre Héloïse Tournier, une étudiante qui prépare une thèse sur les lebensborn.

 


Tous deux tenteront d'éclaircir le rôle joué par Abuelo au sein de ces anciennes maternités nazies ayant pratiqué la sélection raciale en vue d'offrir des enfants au Fuhrer.
Au même moment une octogénaire, Nicole Brachet, est retrouvée morte à son domicile. A la thèse initiale du home-jacking succède celle du meurtre...

 

 

 

" Je me rendais compte, avec une acuité nouvelle, que je ne savais presque rien de mon grand-père, de sa vie d'avant notre naissance du moins.
Nous n'avions jamais parlé de la Seconde Guerre Mondiale chez nous. J'ignore comment les choses se passent dans les autres familles : le silence est-il la réponse la plus fréquente aux questions de ceux qui n'ont pas connu cette période ?
Dissimule-t-il par pudeur des actions héroïques ou par honte des lâchetés ? Je savais simplement que mon grand-père possédait une carte de Combattant volontaire de la Résistance.
Mais je savais aussi que ces cartes avaient été distribuées jusque dans les années quatre-vingts, à une époque si éloignée des événements que ces attestations étaient pour le moins sujettes à caution.
Un simple bout de papier ne suffirait pas à annihiler ce que je venais de voir."

 



Le point fort de ce thriller est qu'il prend pour toile de fond un aspect un peu plus méconnu des pratiques nazies : les lebensborn. Créées à l'initiative de Gregor Ebner, médecin personnel d'Himmler et spécialiste de la sélection raciale, ces maternités furent installées dans les pays occupés par l'Allemagne durant les années 40. Elles abritaient bon nombre de femmes qui, ayant eu une aventure avec un SS et craignant de s'exposer au désaveu de leurs familles, étaient prises en charge et choyées tout au long de leur grossesse. En contrepartie, celles-ci acceptaient de confier ensuite leurs bébés en vue d'une adoption par des familles allemandes pure souche.

 


A partir de ce fait historique, Valentin Musso a construit une intrigue qui repose sur un lourd secret de famille que le héros principal, Aurélien Cochet, appuyé par une spécialiste des lebensborn, tente de percer malgré les nombreuses menaces et attaques qui pèsent sur lui et sa famille.

Au détour d'une double quête, historique et personnelle, l'auteur examine avec soin la difficulté de se construire en creux d'une histoire familiale sinueuse et l'impact psychologique que peut provoquer la découverte d'un secret dissimulé par plusieurs générations.
Bien documenté, ce roman nous en apprend davantage sur les dessous de la politique eugéniste nazie.

 

26/07/2011

"L'étrange voyage de Monsieur Daldry" de Marc Levy

 

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“ L'homme qui va le plus compter dans ta vie vient de passer dans ton dos. Pour le retrouver, tu devras entreprendre un long voyage et rencontrer les six personnes qui te mèneront jusqu'à lui… Il y a deux vies en toi, Alice. Celle que tu connais et une autre, qui t'attend depuis longtemps. ”

Londres 1950

Alice mène une existence tranquille, entre son travail qui la passionne et sa bande d'amis, tous artistes à leurs heures. Pourtant, la veille de Noël, sa vie va être bouleversée. Au cours d'une virée à la fête foraine de Brighton, une voyante lui prédit un mystérieux avenir. Alice n'a jamais cru à la voyance, mais elle n'arrive pas à chasser ces paroles de son esprit, et ses nuits se peuplent de cauchemars qui semblent aussi réels qu'incompréhensibles.

Son voisin de palier, Monsieur Daldry, célibataire endurci, gentleman excentrique et drôle, aux motivations ambigües, la persuade de prendre au sérieux la prédiction de la voyante et de retrouver les six personnes qui la mèneront vers son destin.

De Londres à Istanbul, il décide de l'accompagner dans un étrange voyage…

 

18/07/2011

"La prophétie Charlemagne" de Steve Berry

 

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An 1000. Aix-La-Chapelle. Othon III, roi de Germanie, pénètre dans le tombeau de Charlemagne, inviolé depuis 814. Parmi de nombreuses reliques, il y découvre un étrange manuscrit, couvert de symboles inconnus.

 


1935. Allemagne. Himmler crée un groupe spécial d'archéologues et d'ésotéristes chargés de se pencher sur les racines de la race allemande, des Aryens aux chevaliers teutoniques. Dans la sépulture d'un proche de Charlemagne, ceux-ci trouvent un manuscrit montrant les mêmes symboles que ceux découverts neuf siècles plus tôt à Aix-la-Chapelle.

 


2008. Afin d'élucider la mort mystérieuse de son père, Cotton Malone va devoir déchiffrer les énigmes entourant ces deux manuscrits. Du cœur de l'Allemagne aux glaces de l'Antarctique, en passant par un monastère de la région de Toulouse, c'est un puzzle passionnant qui l'attend, à travers l'histoire, les cultures et les civilisations.

 


Fourmillant de détails, depuis le formidable bouleversement du savoir à l'époque de Charlemagne jusqu'aux expéditions nazies au pôle sud et au Tibet, ce roman exceptionnel ensorcelle le lecteur de la première à la dernière ligne.

 

11/07/2011

Maxime Chattam : "Le requiem des abysses"

 

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Pour oublier le criminel qui a terrorisé Paris lors de l’Exposition universelle de 1900 et se remettre de leurs aventures, l’écrivain Guy de Timée et Faustine, la belle catin, se sont réfugiés au château d’Elseneur dans le Vexin. Mais là, dans une ferme isolée, une famille est assassinée selon une mise en scène macabre, alors que l’ombre d’une créature étrange rode dans les champs environnants…

 

Guy, dans sa soif de comprendre le Mal, de le définir dans ses romans, replonge dans ses vieux démons, endossant à nouveau ce rôle de criminologue, qui le conduit peu à peu, comme un profiler avant la lettre, à dresser le portrait du monstre. Pendant ce temps, à Paris, les momies se réveillent, les médiums périssent étrangement et les rumeurs les plus folles se répandent dans les cercles occultes…

 

04/07/2011

Fred Vargas : "L'armée furieuse"

 

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Au cœur de la Brigade criminelle, le commissaire Adamsberg vaque à ses occupations. Même si Veyrenc, son ancien rival des Pyrénées, hésite encore à revenir, le reste de l’équipe évolue paisiblement : Rettancourt reste la grande « génératrice d’énergie », le chat dit « La Boule » dort toujours sur la photocopieuse, Danglard avec son verre de vin blanc développe un immense savoir, Mercadet est toujours à moitié endormi, Froissy fait des allers-retours entre sa réserve de nourriture et son bureau. Une petite dame âgée attend le commissaire sur le trottoir, elle vient de Normandie. Ils n’ont pas rendez-vous, mais il n’y a qu’à lui qu’elle veut parler. Une nuit, dans son village, sa fille a vu « l’Armée furieuse », c’est-à-dire une cohorte de morts vivants qui vient enlever les pires personnes des environs. Meurtriers, voleurs, tous ceux qui n’ont pas la conscience tranquille se sentent menacés. Cette vieille légende est le signe que de multiples assassinats vont se produire. Loin de sa circonscription, Adamsberg va pourtant accepter d’aller enquêter sur place, dans le village terrorisé de superstitions et de rumeurs sauvages. Aidé de la police locale, de son fils (qu’il a découvert dans Un lieu incertain), et de quelques complices, il tentera de protéger les mauvaises personnes contre le mauvais sort.

 

27/06/2011

John Grisham : "La confession"

 

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Donté Drumm, jeune Afro-Américain de 27 ans, n’a plus que quelques jours à vivre. Après huit années passées dans le couloir de la mort, il va être exécuté par injection létale pour un crime qu’il n’a pas commis. Ce n’est pas lui qui a enlevé, violé et tué Nicole Yarber, une pom-pom girl de son lycée de Sloan, au Texas : des aveux lui ont été extorqués par des policiers racistes et son procès a été une pure mascarade. Quatre jours avant l’exécution, un certain Travis Boyette se confesse à Keith Schroeder, pasteur à Topeka, dans le Kansas, et revendique la paternité de ce meurtre odieux. Atteint d’une tumeur cérébrale, cet homme s’est résolu à sauver un innocent. Schroeder accepte de conduire Boyette au Texas et ce voyage va totalement bouleverser sa vie. Parviendront-ils à convaincre les avocats, les juges, le gouverneur de la crédibilité du multirécidiviste Travis Boyette ? La route est longue pour rétablir la vérité, surtout quand la question déchaîne les passions. A Sloan, des émeutes raciales éclatent et la tension est à son comble… John Grisham, maître incontesté du thriller judiciaire, est aussi un fervent abolitionniste de la peine de mort et, dans ce roman, il réussit à la fois à tenir son lecteur en haleine et à le faire réfléchir sur un sujet dramatique.

 

20/06/2011

Frédéric Lenoir et Violette Cabesos : "La parole perdue"

 

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La basilique de Vézelay : une des plus anciennes églises dédiées à Marie-Madeleine, la pécheresse des Evangiles. Dans ce haut lieu de la chrétienté, Johanna, archéologue médiéviste, tente d’établir la vérité sur les origines controversées du culte de la sainte. Mais la sérénité de la jeune femme est rapidement troublée par une série de meurtres sur le chantier d’un de ses collègues à Pompéi et l’étrange maladie de sa petite fille, qui semble inexplicablement liée à ces crimes. Prête à tout pour la sauver, Johanna se lance alors dans une enquête périlleuse, dont la clé pourrait bien être l’un des plus grands secrets de l’humanité : la mystérieuse phrase tracée par Jésus sur le sable aux pieds de la femme adultère, la seule qu’il ait jamais écrite. Dans la lignée de leur précédent succès, La Promesse de l’ange, Violette Cabesos et Frédéric Lenoir nous entrainent dans un formidable thriller historique et métaphysique, éblouissant d’érudition, un jeu de piste archéologique où premiers temps de la chrétienté, Moyen-âge et temps présents se retrouvent confrontés à l’énigme de la parole divine.

 

13/06/2011

Jean-Paul BOURRE : "Ca'Dario"

 

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Si les murs de la Ca' Dario pouvaient parler, ils hurleraient. Derrière les façades aux couleurs de friandises, la jeune Marietta Barbaro, emmurée, s'est consumée de chagrin, l'historien Rawdon Brown s'est donné la mort face à ses tableaux, Kit Lambert, le manager des Who, s'est perdu dans les fêtes et les drogues, la liste est longue, et sanglante, des propriétaires morts de façon tragique dans ce petit palais penché sur le Grand Canal. Elle faillit s'achever par Woody Allen, si celui-ci, prudent, n'avait au dernier moment renoncé à son achat. Amoureux de Venise, Jean-Paul Bourre a exhumé les bibliothèques de la Sérénissime pour raconter, sous la forme d'une enquête, l'histoire fantastique de ce bâtiment maudit, construit au XVIe siècle sur un ossuaire et dont la devise, gravée dans le marbre du frontispice, nous dit, en anagramme " Celui qui habitera ces lieux ira à sa ruine ".

 

 

02/05/2011

"Le cimetière de Prague" d'Umberto Eco

 

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Trente ans après Le Nom de la rose, Umberto Eco nous offre le grand roman du XIXème siècle secret. De Turin à Paris, en passant par Palerme, nous croisons une sataniste hystérique, un abbé qui meurt deux fois, quelques cadavres abandonnés dans un égout parisien. Nous assistons à la naissance de l'affaire Dreyfus et à la création de l'évangile antisémite, Les Protocoles des sages de Sion. Nous rencontrons aussi des jésuites complotant contre les francs-maçons, des carbonari étranglant les prêtres avec leurs boyaux. Nous découvrons les conspirations des renseignements piémontais, français, prussien et russe, les massacres dans le Paris de la Commune où l'on se nourrit d'illusions et de rats, les coups de poignard, les repaires de criminels noyés dans les vapeurs d'absinthe, les barbes postiches, les faux notaires, les testaments mensongers, les confraternités diaboliques et les messes noires...

Les ingrédients sont donc réunis pour faire de ce savoureux feuilleton un diabolique roman d'apprentissage. Tout est vrai ici, à l'exception de Simon Simonini, protagoniste dont les actes ne relèvent en rien de la fiction mais ont probablement été le fait de différents auteurs. Qui peut, cependant, l'affirmer avec certitude ? Lorsque l'on gravite dans le cercle des agents doubles, des services secrets, des officiers félons, des ecclésiastes peccamineux et des racistes de tous bors, tout peut arriver...

 

 

18/04/2011

"Le voisin" de Tatiana de Rosnay

 

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Un mari souvent absent. Un métier qui ne l'épanouit guère. Un quotidien banal. Colombe Barou est une femme sans histoires. Comment imaginer ce qui l'attend dans le charmant appartement où elle vient d'emménager ? À l'étage supérieur, un inconnu lui a déclaré la guerre. Seule l'épaisseur d'un plancher la sépare désormais de son pire ennemi... C'est une nuit, alors qu'elle est seule dans son lit, que l'engrenage se met en marche. De la surprise à l'inquiétude, puis de l'effroi à la panique, victime d'un être insaisissable et diabolique, Colombe va vivre une aventure hallucinante à laquelle rien ne la préparait, et dont le dénouement ne sera pas l'épisode le moins étrange. Quel prix est-elle prête à payer pour retrouver sommeil et sérénité ? Grâce à un scénario implacable, Tatiana de Rosnay installe une tension psychologique extrême. Situant le danger à notre porte, elle réveille nos terreurs intimes.

 

Rien ne se passe comme le lecteur habitué aux films d’horreur ou aux comédies romantiques pourrait s’y attendre : entre thriller domestique, conflit intime et roman initiatique, l’auteure brouille les cartes et conduit son histoire vers une issue aussi subtile qu’inattendue.

 

11/04/2011

"Chevalier de l’ordre du mérite" de Sylvie Testud

 

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Dès que je passe la porte de notre appartement, je me transforme. Sans plus aucune coquetterie, je retire mes escarpins, je jette mes vêtements dans la panière à linge sale. Je m’attache les cheveux sur le sommet du crâne, remonte mes manches, et c’est parti pour le rodéo de l’ordre et de la propreté. Une chorégraphie d’un genre peu sexy, à laquelle je ne renonce que tombante de sommeil.
Pauvre Adrien : il vit avec une mégère. L’image n’est pas folichonne.
C’est au bureau qu’ils vivent avec moi. Bien habillée, maquillée, coiffée.
Pourquoi je me transforme?
Pourquoi je n’arrive pas à suivre le mode de vie d’Adrien ?
Pourquoi ça ne tourne pas plus… plus… plus carré ?

Sylvie Testud est comédienne. En 2001, elle a obtenu le César du meilleur espoir féminin pour Les Blessures assassines, et, en 2004, le César de la meilleure actrice pour Stupeur et tremblements. Son dernier roman, Gamines, est paru chez Fayard en 2006.

 

 

04/04/2011

"Pise 1951" de Dominique Fernandez

 

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En octobre 1951, Octave et Robert, deux étudiants français, arrivent à Pise où ils vont passer une année d'études. Ils découvrent une Italie à peine sortie de la guerre, archaïque, pittoresque et accueillante. Tous deux vont faire la connaissance d'une jeune fille qui vit un peu à l'écart de la ville, dans la villa splendide mais délabrée de ses parents, aristocrates ruinés. Les deux garçons tombent amoureux de la jeune fille, chacun à sa façon. Le roman raconte comment, à cette époque où une jeune italienne n'a ni le droit ni la possibilité de rester en tête-à-tête avec un garçon, l'amour naissait chez des êtres qui se connaissaient à peine. Il raconte aussi les hésitations de la jeune fille, partagée entre Octave et Robert.


Ce roman fait revivre une Italie révolue, dont le charme invite à un voyage nostalgique dans le passé.