11/10/2009

Francis Huster traverse Paris en beauté

 

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Francis Huster aime les mots, Francis Huster aime les auteurs. Il aime parfois les servir dans l’exercice le plus sobre qui soit. Et c’est dans cette épure qu’on le préfère. Après La Peste , il a de nouveau choisi le solo pour Traversée de Paris , adapté de la nouvelle éponyme de Marcel Aymé. Huster est donc seul en scène, devant un rideau de velours rouge tiré. Il se balade de l’avant du plateau à la salle. Costume noir, sans décor, juste quelques éclairages, poursuites pour l’accompagner lors de sa tourbillonnante traversée de Paris.

 

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Le petit gars Martin trimballe des colis au marché noir pour arrondir ses fins de mois pendant l’Occupation. Il s’associe avec Grandgil, rencontré dans un café. Les voilà à l’assaut de la capitale, flanqués d’un cochon découpé en morceaux dans quatre valises. Les caractères des deux compagnons de fortune émergent pendant cette épopée nocturne : l’un, tranquille et simple, face à l’autre, extravagant et cynique, en fait un artiste bourgeois venu se distraire. 1 h 15 durant, on est suspendus aux lèvres du comédien. Martin et Grandgil bien sûr, et les autres, que la nuit place sur leur route : commerçants, patrons de bar, policiers. Salauds et héros. Huster est tous ceux-là à la fois. Sans se grimer, sans en faire des tonnes, juste par une inflexion de voix, une posture, une grimace infime dans le visage. Quel souffle ! Quelle présence !


Ne manquez pas d’arriver un peu en avance. L’acteur s’adresse à son public sous forme de conversation informelle avant même le début du spectacle, pour en confier la genèse. Il replace Marcel Aymé dans le contexte de la guerre, ses amitiés, son oeuvre. "Ce n’était pas de la littérature. C’était une oeuvre qui sonnait vrai, clame-t-il. C’est pourquoi on l’a souvent adaptée - et trahie - au cinéma."


Il y a vingt ans, pendant
La Peste , il s’était promis, il avait promis de monter, un jour, Traversée de Paris , "pour rendre justice à Marcel Aymé et prouver que c’est l’un des justes du XXe siècle". Voilà qui est fait.


Aux Bouffes parisiennes jusque fin novembre