24/01/2010

L'homme aux trois doigts d'or à la main gauche aurait eu 100 ans ce 23 janvier 2010

 

django

 

 

Né à Liberchies (Belgique) le 23 janvier 1910 dans la roulotte familiale, Django Reinhardt (né Jean Reinhardt) est un enfant de la balle. Après des voyages en Italie, en Afrique du Nord et dans le sud de la France, la famille Reinhardt se fixe dans les faubourgs de Paris. Avant de se passionner pour le jazz, le jeune Django y fréquente le milieu du musette et du music hall puis accompagne au... banjo les grands accordéonistes des années vingt.

L'incendie de la roulotte familiale en 1928, qui faillit lui coûter la vie et nécessita une longue rééducation pour recouvrer l'usage de trois doigts de la main gauche, a entretenu sa légende.

Transcendant ce handicap, le musicien a acquis une technique d'exception, fruit d'une rigueur et d'une volonté qui contrastaient avec son image de personnage tout à la fois flambeur et rêveur.

Puis il découvre le jazz, une musique alors quasiment confidentielle en France, en 1931 à Toulon chez le peintre Emile Savitry qui lui fait connaître les microsillons de Louis Armstrong, Duke Ellington...

Sa carrière n'aurait sans doute pas pris une telle ampleur sans le Hot Club de France, créé par Charles Delaunay et Hugues Panassié fin 1933 dans le but de propager le jazz dans l'Hexagone. Pour diriger le Quintette du Hot Club, qui sera la vitrine de l'institution avant et après-guerre, leur choix se porte sur ce musicien bohême et le violoniste Stéphane Grappelli.

Audacieux et curieux, Django a su imposer son Quintette, composé uniquement d'instruments à cordes et sans batterie, ce qui était révolutionnaire dans les années 30, mais s'est aussi aventuré en 1940 à enregistrer avec un mini big-band à majorité de cuivres, a tenté de s'adapter à la « révolution » du bebop, n'a pas dédaigné de jouer de la guitare électrique dont il aimait les nouvelles sonorités.

Quelques semaines avant sa mort en 1953, il avait aussi enregistré avec la vague montante du bop en France (Maurice Vander, Martial Solal, Pierre Michelot...). « Anouman », l'une de ses ultimes compositions, semblait ouvrir de nouvelles perspectives.

Django Reinhardt a imposé un style unique, mêlant le lyrisme tzigane aux harmonies du jazz et en s'inspirant parfois de la musique classique, comme en témoignent ses improvisations sur des thèmes de Jean-Sébastien Bach, Debussy ou Ravel.

Parfois lunatique, il était capable de disparaître avant un concert pour aller contempler la lune ou jouer au billard à Belleville ou à « Ménilmuche ».

Plus de 50 ans après sa mort, il continue de fasciner et domine toujours la scène du jazz manouche. A travers l'association des Django d'Or, l'Académie du Jazz qui remet chaque année au meilleur musicien français le « Prix Django Reinhardt », ou le festival « Django-Reinhardt » de Samois-sur-Seine, organisé chaque printemps dans cette ville où le guitariste est enterré.

 

 

 

19:03 Écrit par Boubayul dans Culture(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : django reinhardt |  Facebook |