03/03/2008

Débarquement de Napoléon à Golfe-Juan : commémoration

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En avril 1814, Napoléon abdique le pouvoir par le traité de Fontainebleau et doit se retirer à l'Île d'Elbe dont il devient le nouveau souverain par la grâce des Alliés, ses vainqueurs, et du nouveau roi de France, Louis XVIII.

Dès l'automne suivant, réunis en congrès à Vienne, les Alliés, regrettant leur mansuétude, projettent de le faire enlever et de le déporter loin d'Europe où sa présence inquiète toujours. Déjà, l'île de Sainte-Hélène est évoquée... Informé de ce projet ignoble qui bafouait les traités, Napoléon décide de rentrer en France et débarque, à la surprise générale, au Golfe-Juan, le 1er mars 1815.

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En 1815, la rade de Golfe-Juan n’était qu’un mouillage naturel avec quelques cabanes de pêcheurs et des hangars à poterie où se rencontraient négociants et muletiers… La flottille, partie cinq jours auparavant de Portoferraio, était composée de sept bâtiments : l’Inconstant, un brick de petit tonnage à voiles carrées armé de 40 canons, de fins bateaux barbaresques à trois mâts, l’Etoile, Le Saint-Joseph, Le Saint-Esprit, La Caroline ainsi que des felouques, La Mouche et l’Abeille et s’il avait choisi le petit port, niché au fond du Golfe-Juan, c’est qu’il connaissait bien cette rade sûre, dont il avait jadis armé les batteries.


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En vingt jours, rien, ni personne, ne peut empêcher l'Empereur de traverser la France et de remonter sur son trône, malgré les armées lancées pour sa capture. Aucun coup de feu n'est tiré. Aucune goutte de sang n'est versée. A défaut de capture, les anciens grognards composant l'armée royale se rallient à l'Empereur ! Une page de l’histoire de France réécrite sur le sable de Golfe-Juan : chaque année, le temps d’un week-end, l’Office de Tourisme et la Ville de Vallauris Golfe-Juan organise une grande manifestation, inédite sur la côte d’azur, autour de cet événement.   
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Proclamation de S. M. l'Empereur

à l'Armée au Golfe-Juan, le 1er mars 1815 SOLDATS ! NOUS n'avons pas été vaincus: deux hommes sortis de nos rangs ont trahi nos lauriers, leur pays, leur prince, leur bienfaiteur ! CEUX que nous avons vus, pendant vingt-cinq ans, parcourir toute l'Europe pour nous susciter des ennemis, qui ont passé leur vie à combattre contre nous dans les rangs des armées étrangères, en maudissant notre belle France, prétendraient-ils commander et enchaîner nos aigles, eux qui n'ont jamais pu en soutenir les regards! souffrirons-nous qu'ils héritent du fruit de nos glorieux travaux, qu'ils s'emparent de nos honneurs, de nos biens, qu'ils calomnient notre gloire ? Si leur règne durait, tout serait perdu, même le souvenir de ces immortelles journées! Avec quel acharnement ils les dénaturent! Et s'il reste encore des défenseurs de notre gloire, c'est parmi ces mêmes ennemis que nous avons combattus sur le champ de bataille ! SOLDATS ! dans mon exil j'ai entendu votre voix ! je suis arrivé à travers tous les obstacles et tous les périls ! votre général appelé au trône par le choix du peuple, et élevé sur le pavois, vous est rendu, venez le rejoindre !  ARRACHEZ, ces couleurs que la nation a proscrites, et qui pendant vingt-cinq ans servirent de ralliement à tous les ennemis de la France ! Arborez cette cocarde tricolore ! vous la portiez dans nos grandes journées. NOUS devons oublier que nous avons été les maîtres des nations ! mais nous ne devons point souffrir qu’aucune ne se mêle de nos affaires ! QUI prétendrait être le maître chez nous ? Qui en aurait le pouvoir ? Reprenez ces aigles que vous aviez à Ulm, à Austerlitz, à Iena, à Friedland, à Tuledan, à Eckmühl, à Essling, à Wagram, à Smolensk, à la Moskowa, à Lutzen, à Wurchen et à Montmirail. Pensez-vous que cette poignée de Français si arrogants puisse en soutenir la vue ? Ils retourneront d'où ils viennent, et là, s'ils le veulent, ils régneront comme ils prétendent avoir régné pendant dix-neuf ans. VOS BIENS, vos rangs, votre gloire, les biens, les rangs et la gloire de vos enfants, n'ont pas de plus grands ennemis que ces princes que les étrangers nous ont imposés. Ils sont les ennemis de notre gloire, puisque le récit de tant d'actions héroïques qui ont illustré le peuple français, combattant contre eux pour se soustraire à leur joug, est leur condamnation. LES VÉTÉRANS de Sambre-et-Meuse, du Rhin, d'Italie, d'Egypte, de l'Ouest, de la Grande Armée sont humiliés. Leurs honorables cicatrices sont flétries. Leurs succès seraient des crimes: ces braves seraient des rebelles si, comme le prétendent les ennemis du peuple, des souverains légitimes étaient au milieu des armées étrangères. LES HONNEURS, les récompenses, les affections sont pour ceux qui les ont servis contre la patrie et nous. SOLDATS, venez vous ranger sous les drapeaux de votre chef; son existence ne se compose que de la vôtre; ses droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres; son intérêt, son honneur, sa gloire, ne sont autres que votre intérêt, votre honneur et votre gloire. La victoire marchera aux pas de charge; l'aigle avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame ; alors vous pourrez montrer avec honneur vos cicatrices; alors vous pourrez vous vanter de ce que vous aurez fait: vous serez les libérateurs de la patrie. DANS votre vieillesse, entourés et considérés de vos concitoyens qui vous entendront avec le respect raconter vos hauts faits, vous pourrez dire avec orgueil: Et moi aussi je faisais partie de cette Grande Armée qui est entrée deux fois dans les murs de Vienne, dans ceux de Rome, de Berlin, de Madrid, de Moscou; qui a délivré Paris de la souillure que la trahison et la présence de l'ennemi y ont empreints. HONNEUR à ces braves soldats, la gloire de la patrie ! Et honte éternelle aux Français criminels, dans quelque rang que la fortune les ait fait naître, qui combattirent vingt-cinq ans avec l'étranger pour déchirer le sein de la patrie. Napoléon,Empereur des Français,

Golfe-Juan, le 1er mars 1815