16/09/2009

Variations sur Constantin Cavafis et Marguerite Yourcenar

 

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Que l'on ne s'y trompe pas, ces « Variations » ne sont pas à proprement dit une pièce à l’intrigue enlevée mais plutôt une rencontre littéraire passionnante entre Marguerite Yourcenar et Constantin Cavafis. Méconnu de son vivant, le poète grec Cavafis est depuis considéré comme l’une des figures les plus importantes de la littérature du XXe siècle. Si la logistique du spectacle est minimale et la forme simplissime, le propos révèle quant à lui une source d’inspiration sans limite. Traduit en français par Marguerite Yourcenar, à qui l’on doit la Présentation critique de Constantin Cavafis, l’œuvre du poète grec trouve avec ce spectacle une nouvelle dimension empreinte de justesse et d’émotion et la sélection cohérente des textes constitue un assemblage réellement passionnant. Par ailleurs, l’actrice anglaise, si rare sur les planches, y abandonne son image de femme inaccessible et se révèle d’une humanité à la fois émouvante et bouleversante grâce à un charisme acquis par l’incroyable carrière que l’on sait. Il est vrai que Charlotte Rampling fait partie de ces actrices qui, sans tapage, écrivent leur partition et se construisent un palmarès d’exception loin des abîmes de la célébrité version people. Connue pour être avant tout une actrice de cinéma, aucune de ses précédentes prestations au théâtre n’avait réussi à vraiment éclipser ses éclatantes interprétations sur grand écran. Mais aujourd’hui, avec ce spectacle inattendu, la comédienne pourrait bien créer la surprise. Les textes sélectionnés éblouissent par ce don de raconter des histoires mêlant l’abstraction la plus métaphysique au réalisme le plus pointilleux. Et quoi de plus normal finalement puisque la vie ressemble souvent au théâtre et que le théâtre puise toujours son inspiration dans la vie. Les grands auteurs font exploser les frontières et le temps. Tant Yourcenar que Cavafis s’y emploient à la lettre et irradient cette jubilation qui les fera, l’un et l’autre, poursuivre l’aventure insensée de la création et de l’écriture dans un mouvement incessant. Créé en juin dernier à Toulouse et mis en scène par Lambert Wilson, ce spectacle nous fait découvrir une œuvre qui nous donne immédiatement l’envie de nous y replonger.

 

Le 29 septembre 2009 au Théâtre Saint-Michel (2, rue E. Devroye à 1040 Bruxelles)