03/04/2008

Carnaval de Cayenne

 

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S’il est un moment de l’année où l’on goûte la joie de vivre qui règne en Guyane, c’est bien celui du carnaval. Pendant plusieurs semaines, entre l’Épiphanie et le mercredi des Cendres, la fête bat son plein chaque week-end, entre bals du samedi soir et défilés costumés le dimanche. Le carnaval est un événement universel, mais ici, il a su revêtir les couleurs locales, celles du métissage et de la dérision.

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Les dancings, comme La Polina à Matoury ou La Nana à Cayenne, sont pris d’assaut toute la nuit et des personnages étranges, les touloulous, y mènent littéralement la danse. Ces mystérieuses femmes costumées et masquées sont les véritables reines du carnaval. Absolument méconnaissables (elles rembourrent leurs costumes afin de modifier leur silhouette), elles choisissent leurs cavaliers et les entraînent jusqu’au bout de la nuit dans des danses lascives, au rythme de la biguine, de la valse ou de la mazurka...

CAY 03

 

Le dimanche après-midi vient le tour des manifestations les plus emblématiques du carnaval : les défilés costumés, auxquels toute la population, les petits comme les grands, déguisés ou non, prend part. C’est là que l’on peut mesurer la véritable spécificité du carnaval guyanais, à l’aune de ses personnages costumés qui en font une formidable représentation burlesque de l’histoire et de la société de la Guyane. Bien que la tradition ne soit pas figée, et que de nouveaux costumes apparaissent d’année en année, certains personnages sont incontournables. Ils ont une dimension symbolique, qu’ils soient satiriques ou qu’ils servent à exorciser des peurs ancestrales : on se moque de tout, même de la mort ! Parmi les personnages que l’on croisera, seuls ou en bandes, il y a bien sûr la touloulou. Mais il y a aussi le Nèg Marron au corps enduit d’un mélange de suie et d’huile ; l’Anglé bannan chapeauté d’un haut-de-forme, caricature de la prétention ; le coupeur de cannes, en souvenir de l’activité coloniale, mené par un « commandeur » armé d’un fouet ; la soussouri (chauve-souris) ou le zombi, etc.

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Au bout d'un mois de danses et de parades, ponctuées par des cérémonies comme l’élection de la reine du carnaval, dont le costume est une véritable œuvre d’art, et celles du mini-roi et de la mini-reine, le carnaval se termine par cinq jours de fête ininterrompue. Après les derniers bals du samedi et défilés du dimanche, on célèbre en effet les Trois Jours Gras.

CAY 05

 

 

Le Lundi Gras est le jour des mariages burlesques. Les hommes se déguisent en femme et inversement, formant de drôles de couples qui s’unissent dans la rue, sous la bénédiction de prêtres improvisés. Le Mardi Gras, c’est l’apparition de personnages que l’on ne rencontre que ce jour-là, les diables rouges. Vêtus tout de rouge, de noir et d’argent, ils tournent en dérision le véritable maître des enfers, histoire de lui montrer qu’il ne leur fait pas peur...

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06:00 Écrit par Boubayul dans Culture(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : carnaval de cayenne |  Facebook |