25/04/2011

"Charly 9" de Jean Teulé

 

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Il est vrai que Charles IX ne fut pas un roi comme les autres et qu'il n'aurait pas laissé un grand souvenir s'il n'avait ordonné, en août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy, carnage qui horrifia l'Europe, à l'exception du pape et des Espagnols qui y virent, eux, la bienheureuse volonté de Dieu. Cette décision n'était pas la sienne mais celle de sa mère, la redoutable Catherine de Médicis qui utilisa toute sa vie sa nombreuse progéniture pour assouvir son appétit dévorant de pouvoir : dès qu'un de ses fils mourait, elle poussait illico le suivant sur le trône de France. Charles IX avait 24 ans à l'époque, et il ne possédait ni la cruauté ni la détermination, ni la force morale d'assumer un crime aussi horrible. Accablé par le poids de sa faute, il sombra dans une folie qui le conduisit en quelques mois à la maladie et à la mort. C'est cette terrifiante descente aux enfers que Jean Teulé raconte dans ce roman baroque et magnifique. Avec la verve qu'on lui connaît, il décrit les extravagances de ce malheureux jeune homme : la manière dont il coursait furieusement des lièvres qu'il délivrait dans les appartements de sa maîtresse ; comment il massacrait le bétail, la basse-cour et tous les animaux des fermes où le hasard de ses errances le conduisaient, comment il empoisonna une partie de la population en lui offrant du muguet le 1er mai, ce qui, en ces temps de famine, poussait ses sujets à manger cette fleur vénéneuse qu'il croyait être une sorte de salade ; comment il permit l'invention du poisson d'avril en officialisant le changement de date du début de l'année du 1er avril au premier janvier ; comment il crut remplir les coffres vides du royaume en fabriquant de la fausse monnaie... et bien d'autres folies encore, aussi saugrenues que sanglantes.

 

 

 

20:00 Écrit par Boubayul dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/04/2011

"Le voisin" de Tatiana de Rosnay

 

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Un mari souvent absent. Un métier qui ne l'épanouit guère. Un quotidien banal. Colombe Barou est une femme sans histoires. Comment imaginer ce qui l'attend dans le charmant appartement où elle vient d'emménager ? À l'étage supérieur, un inconnu lui a déclaré la guerre. Seule l'épaisseur d'un plancher la sépare désormais de son pire ennemi... C'est une nuit, alors qu'elle est seule dans son lit, que l'engrenage se met en marche. De la surprise à l'inquiétude, puis de l'effroi à la panique, victime d'un être insaisissable et diabolique, Colombe va vivre une aventure hallucinante à laquelle rien ne la préparait, et dont le dénouement ne sera pas l'épisode le moins étrange. Quel prix est-elle prête à payer pour retrouver sommeil et sérénité ? Grâce à un scénario implacable, Tatiana de Rosnay installe une tension psychologique extrême. Situant le danger à notre porte, elle réveille nos terreurs intimes.

 

Rien ne se passe comme le lecteur habitué aux films d’horreur ou aux comédies romantiques pourrait s’y attendre : entre thriller domestique, conflit intime et roman initiatique, l’auteure brouille les cartes et conduit son histoire vers une issue aussi subtile qu’inattendue.

 

14/04/2011

Toutankhamon à Bruxelles

 

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Dès le 20 avril, la plus grande exposition – plus de 4.000 m2 et 1.000 répliques d'objet – jamais consacrée à Toutankhamon prend ses quartiers au Palais 2 du Heysel à Bruxelles. Pendant six mois, le trésor du jeune souverain est présenté tel qu'il a été découvert par Howard Carter. Découverte esthétique de magnifiques répliques et émotions archéologiques.

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Comme tous les matins depuis 7 ans, Howard Carter quitte sa maison grise de Elwat el-Dibun et arrive dans la Vallée des Rois. Mais ce 4 novembre 1922, dès qu'il arrive, l'archéologue anglais perçoit une tension. Un silence inhabituel règne sur le chantier de fouilles. Le scientifique pressent que ses hommes ont trouvé ce qu'ils cherchent depuis si longtemps. Il a raison ! Une marche a été dégagée dans la rocaille ! Quinze autres le seront bientôt. Elles conduisent quatre mètres plus loin à une porte recouverte de plâtre et marquée de cartouches au nom de Toutankhamon… Émotion et appréhension car Carter remarque des traces d'ouvertures successives dans le plâtre. Tout comme il a observé, au moment où ses hommes enlevaient les gravats recouvrant l'escalier, qu'un boyau permettant le passage d'un homme a été creusé puis rebouché. Carter craint que la tombe n'ait été pillée comme celles de tous les autres souverains de cette vallée…

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Il n'en sera rien, on le sait aujourd'hui. Carter va découvrir le plus fabuleux trésor de l'Histoire : une tombe royale contenant plus de 4.000 objets. Elle fut pourtant par deux fois visitée, peu après la mort du roi, mais refermée aussitôt ; seuls des parfums, onguents et quelques bijoux ont été dérobés. Ensuite, la sépulture sera préservée des vols par la conjonction de différents facteurs, le creusement de la tombe de Ramsès VI à la XXe dynastie en surplomb de celle du petit pharaon, un éboulement qui cache miraculeusement la tombe et la construction de cabanes d'ouvriers sur cet éboulement. La tombe sombre ainsi dans l'oubli pendant des milliers d'années jusqu'à ce fameux 4 novembre 1922.

 

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Dix-huit jours plus tard, le temps que Lord Carnavon qui finance les fouilles arrive sur les lieux depuis Londres, Howard Carter fait démolir la porte et découvre un premier couloir long de 7,60 mètres. Celui-ci laisse également apparaître un petit tunnel attestant d'une pénétration clandestine. Le couloir aboutit à une deuxième porte. Le 29 novembre, il la détruit et distingue ce qu'il n'avait jamais espéré trouver, un amoncellement innombrable d'objets plus extraordinaires et plus inattendus les uns que les autres, des objets de cérémonie et du quotidien datant du XIVe siècle avant notre ère entassés dans le plus grand désordre : des grands lits en forme d'animaux, des conserves funéraires avec des canards momifiés et des morceaux de bœuf, des bouquets de fleurs, des chariots démontés, des statues, des vases d'albâtre… L'or, le lapis-lazuli, l'ivoire, la turquoise, l'ébène sont présents à profusion. Émotions confuses. Et quand plus tard, une autre salle révèle la présence de la momie royale, l'émotion est absolue.

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Ce sont ces émotions que veut nous faire revivre l'exposition qui arrive à Bruxelles en avril prochain. Toutankhamon, son Tombeau et ses Trésors nous invite à éprouver le moment magique de cette découverte en nous faisant pénétrer dans la tombe reconstituée, comme si nous étions des archéologues, comme si nous étions Howard Carter en 1922. Après la projection de films documentaires, aucune lumière ne revient pour permettre aux visiteurs de s'habituer à l'obscurité et le contenu de la première chambre funéraire est révélé progressivement à la lumière d'une bougie, comme le vécurent Carter et Carnavon. Les archives en noir et blanc se transforment ainsi en espaces emplis d'objets réels et colorés. Après cette première chambre, les visiteurs pénètrent dans deux petites salles. Toutes trois ont été reconstituées et aménagées comme elles étaient au moment de la découverte de Carter grâce aux croquis et notes de l'archéologue ainsi qu'aux images du photographe de l'expédition, Harry Burton. Plus de 1.000 objets, les répliques de bijoux, objets de culte, amulettes, coffres, sièges, armes, grandes chapelles dorées, le char doré, le sarcophage d'or et le fameux masque mortuaire – ces deux dernières pièces représentent bien sûr le clou de l'exposition avec un petit siège incrusté d'ébène et d'ivoire fabriqué pour un enfant de neuf ans – ont été réalisées par des artisans égyptiens dans des matériaux aussi divers que le bois, l'or, la pierre et des matériaux synthétiques modernes. Sous la direction du Dr Martin von Falck, des égyptologues ont vérifié la qualité des reproductions qui ont coûté au total pas moins de 5 millions d'euros. Le fameux masque d'or est présenté en deux exemplaires. Le premier est disposé tel qu'il s'est révélé aux yeux de Carter, sur la momie même du pharaon et accompagné d'autres objets, des bijoux et les attributs du pouvoir, la crosse et le fléau. Le second masque est exposé comme l'original du Musée du Caire mais sans être protégé par des vitres ; toutes les répliques sont quasi à portée de main. De quoi intensifier le plaisir de les admirer.

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Des présentations multimédias utilisant les plus récentes technologies font encore découvrir le monde culturel et religieux de l'époque ainsi que la collaboration unique entre l'archéologue Carter et son mécène Lord Carnavon.

 

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Ainsi la visite est aussi éducative que divertissante car elle explique l'Egypte pharaonique tout en nous faisant revivre la découverte de Carter par une mise en scène dynamique. Bien sûr, les visiteurs ne sont pas seuls comme le fut l'archéologue anglais. Que du contraire, ils sont nombreux, très nombreux. Dans les neuf villes européennes où l'exposition a été présentée depuis 2008, elle a séduit plus de 1,7 million de personnes et à Bruxelles quelque 300.000 visiteurs sont attendus. De quoi atténuer quelque peu le plaisir de la découverte, mais la beauté des œuvres et la fascination qu'elles exercent peuvent faire oublier la foule.

 

 

Du 20 avril 2011 au 6 novembre 2011

Place de Belgique 1 1020 Bruxelles

 

 

11/04/2011

"Chevalier de l’ordre du mérite" de Sylvie Testud

 

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Dès que je passe la porte de notre appartement, je me transforme. Sans plus aucune coquetterie, je retire mes escarpins, je jette mes vêtements dans la panière à linge sale. Je m’attache les cheveux sur le sommet du crâne, remonte mes manches, et c’est parti pour le rodéo de l’ordre et de la propreté. Une chorégraphie d’un genre peu sexy, à laquelle je ne renonce que tombante de sommeil.
Pauvre Adrien : il vit avec une mégère. L’image n’est pas folichonne.
C’est au bureau qu’ils vivent avec moi. Bien habillée, maquillée, coiffée.
Pourquoi je me transforme?
Pourquoi je n’arrive pas à suivre le mode de vie d’Adrien ?
Pourquoi ça ne tourne pas plus… plus… plus carré ?

Sylvie Testud est comédienne. En 2001, elle a obtenu le César du meilleur espoir féminin pour Les Blessures assassines, et, en 2004, le César de la meilleure actrice pour Stupeur et tremblements. Son dernier roman, Gamines, est paru chez Fayard en 2006.

 

 

07/04/2011

L'Amérique, c'est aussi notre histoire

 

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L'exposition est construite autour des quatre mouvements fondamentaux du balancier entre l'Europe et les États-Unis.

 

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« America ! America ! »

Pour des générations d'Européens, l'Amérique, c'est le cinéma. Le cinéma a construit l'imaginaire américain des Européens. Westerns et comédies musicales, films de guerre et d'action, thrillers et road movies, ont façonné sans relâche l'image qu'ils se sont fait, génération après génération, d'une Amérique indéfiniment rêvée.

 

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Ce montage cinématographique introduit le visiteur dans le monde magique d'une Amérique passée au prisme de l'imaginaire européen."

Lorsqu'ils entreprennent de coloniser l'Amérique du Nord, les Européens n'y voient qu'un chapitre de plus d'une aventure impériale entamée dès le milieu du XVe siècle.

 

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Les choses vont tourner autrement. Les colons venus d'Europe prennent racine en terre américaine et se découvrent peu à peu américains. Animés d'idéaux politiques nés dans leur patrie d'origine, enrichis par le commerce avec l'Europe et profitant des rivalités entre puissances coloniales, ils s'émancipent de leur tutelle et fondent un nouvel État. Les libéraux européens emportent ainsi outre-Atlantique leur première victoire politique. Le laboratoire américain ne tardera pas à faire des émules.

 

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Le visiteur découvre ici l'épopée des « Pères Pèlerins » et l'affrontement entre les puissances européennes pour la maîtrise du continent, mais aussi la vie quotidienne des Indiens d'Amérique et celle des esclaves que les marchands européens commencent à importer d'Afrique.

 

 

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Cette partie débouche sur la révolution américaine, qui, armée des idées et des idéaux des Lumières, chasse les Britanniques avec l'aide d'Européens et fonde une nouvelle république : les États-Unis d'Amérique.

La statue de la Liberté, don du peuple français au peuple américain (1886) symbolise bien le long XIXe siècle, de la fin de la guerre d'Indépendance à la Première Guerre mondiale. Une nation aux dimensions du continent s'affirme, puis sombre dans une effroyable guerre civile - la Guerre de Sécession -, avant d'en sortir plus forte grâce au génie de ses institutions, à l'activité de ses citoyens, à l'inépuisable richesse d'un pays immense... et au flux d'immigrés venus d'Europe.

 

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Une Europe fascinée, où bien peu comprennent que l'Amérique lui montre son propre avenir. Mais une Europe qui fascine tout autant l'Amérique, qui y cherche ce qui lui manque : une histoire et du raffinement.

C'est l'histoire d'une Amérique qui se veut maîtresse sur son territoire, tout en se construisant grâce à l'immigration européenne. Le visiteur est invité à découvrir le melting pot américain en devenir en s'engageant sur la passerelle d'un navire de la Red Star Line, puis à vivre l'aventure de la conquête de l'Ouest.

 

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« La Fayette, nous voilà ! » : Le mot célèbre, prononcé le 4 juillet 1917 par un officier du Corps expéditionnaire américain sur la tombe du héros français de l'indépendance des États-Unis, illustre une période marquée par le retour des Américains en Europe.

De la Première Guerre mondiale à la Seconde, de celle-ci à la guerre froide, et jusqu'à l'effondrement de l'Union soviétique, les États-Unis s'imposent comme l'une des deux puissances majeures de la planète et la gardienne de la prospérité et de la liberté du Vieux Continent.

 

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C'est un parcours richement illustré que découvre le visiteur. La tragédie des cimetières militaires se mêle à la découverte émerveillée de l'American Way of Life débarquée dans les fourgons des libérateurs.

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, les États-Unis apparaissent comme l'unique « hyperpuissance ». L'Europe, elle, a plutôt bien réussi l'intégration des peuples restés longtemps sous domination communiste, s'est dotée d'une monnaie unique et progresse tant bien que mal sur la voie de son unification. Un ordre mondial est mort, un autre se cherche à tâtons, à travers crises et conflits, où les deux partenaires atlantiques peinent à définir leur relation.

Deux temps scandent ce bref moment historique. Le premier, qui est celui d'une certaine incompréhension entre les deux rives de l'Atlantique, coïncide avec la seconde guerre du Golfe ; le second, marqué par l'apaisement, se déroule sous nos yeux. Et l'exposition s'achève sur un film empreint d'optimisme, qui reprend les grands moments de cette histoire partagée, avant de poser la question du nouvel « atlantisme » à construire au bénéfice des deux partenaires, comme du monde entier.

 

 

 

L'exposition a été prolongée jusqu'au 4 juillet 2011.

 

Tour & Taxis

Avenue du Port, 86c

1000 Bruxelles

 

 

04/04/2011

"Pise 1951" de Dominique Fernandez

 

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En octobre 1951, Octave et Robert, deux étudiants français, arrivent à Pise où ils vont passer une année d'études. Ils découvrent une Italie à peine sortie de la guerre, archaïque, pittoresque et accueillante. Tous deux vont faire la connaissance d'une jeune fille qui vit un peu à l'écart de la ville, dans la villa splendide mais délabrée de ses parents, aristocrates ruinés. Les deux garçons tombent amoureux de la jeune fille, chacun à sa façon. Le roman raconte comment, à cette époque où une jeune italienne n'a ni le droit ni la possibilité de rester en tête-à-tête avec un garçon, l'amour naissait chez des êtres qui se connaissaient à peine. Il raconte aussi les hésitations de la jeune fille, partagée entre Octave et Robert.


Ce roman fait revivre une Italie révolue, dont le charme invite à un voyage nostalgique dans le passé.