30/04/2010

Année 2010 : année Frédéric Chopin (1810-1849)

 

Chopin1849

 

S'il est le piano incarné, Chopin, admiré par Berlioz, Schumann ou Liszt, personnifie cependant une conception opposée à ce dernier: repli intérieur, jardin intime et douceur douloureuse... contrairement au brio virtuose d'un Liszt, roi des salles de concert. Or la liquidité évanescente de Frédéric Chopin fut capable tout autant de séduire et hypnotiser l'audience féminine... et tous ceux qui sont subjugués par sa lumière fraternelle et sombre, d'un raffinement névrotique captivant.

 

 


Partez sur les traces de Chopin à Paris…
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Chantre d'une Pologne quittée opprimée, nostalgique inconsolable, âme élégante et passive, Chopin continue de nous fasciner grâce à son œuvre pianistique : une écriture immédiatement reconnaissable qui a forgé dans les genres Mazurka, Polonaise, ou Nocturne, une forme à part, crépusculaire, subjective, essentiellement personnelle et originale.

 

Plus porté à l'éloquence brève, le Phtisique fiévreux qui faillit mourir mille fois avant de s'éteindre à Paris, réconcilie poésie et musique. Exilé, solitaire, d'un angélisme inédit (qui cependant fut capable dans sa correspondance polonaise, de traits acérés et percutants), ne cesse de nourrir la figure de l'artiste romantique. A contrario de la pure virtuosité « diabolique » comme put l'être celle de Paganini, Chopin nous conte une autre réalité, celle de l'Ailleurs et de l'Autre-Monde, contrées envisagées et révélées par les grands romantiques. Homme de passage et voyageur malgré lui, Chopin eut à peine le temps de sa trop brève existence pour exprimer l'intensité sincère d'une âme déchirée, pour laquelle l'existence terrestre n'était qu'une étape. Aujourd'hui, la magie flottante qui émane de son écriture nous parle toujours, avec une acuité que réactivent les dernières découvertes sur sa vie et son œuvre.

 

Temps forts de la vie de Frédéric Chopin

 

Frédéric Chopin à Majorque (1838-1839)

A Paris, le jeune pianiste polonais rencontre l'écrivain George Sand. Débuts hésitants voire indifférents puis montée en puissance d'un désir croissant qui conduit Sand à rechercher la compagnie du musicien. Leur liaison commence en avril 1838 : elle est scellée par un séjour plus ou moins réussi sur l'île de Majorque jusqu'en février 1839. Même atteint physiquement et affaibli, Chopin poursuit ses compositions dont le sommet des 24 Préludes (achevé en janvier 1839).

 

George Sand

 

Les deux dernières années (1847-1849)

Après la rupture avec Sand, qui lui en voudra jusqu'à la fin de l'avoir quittée, Frédéric Chopin bien que nostalgique du foyer de Nohant, revient à Paris, puis séjourne à Londres, jusqu'en Ecosse, sous la coupe de Jane Stirling.

 

Le premier concert Chopin à Paris. Chopin chez Pleyel, le 26 février 1832

Aux côtés d'airs d'opéras chantés par mesdemoiselles Tomeoni et Isambert, de l'Opéra, Kalkbrenner interprète avec Chopin et les pianistes Stamaty (qui remplace Mendelssohn), Hiller, Osborne et Sowinski, sa Grande Polonaise (oeuvre pour 6 pianos).  Le concert parisien de « Chopin de Varsovie » porte ses fruits; les applaudissements nourris confortent le jugement du vieux Cherubini, alors directeur du Conservatoire. Et le sévère Fétis.

 

 Kwiatkowski-chopin

Informations sur le site : http://chopin2010.pl/

  

 


Cité de la musique: Chopin à Paris, l'atelier du compositeur
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20:30 Écrit par Boubayul dans Culture(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chopin, annee 2010 annee chopin |  Facebook |

27/04/2010

Molières 2010

 

molières

 

 

Laurent Terzieff a été sacré comédien pour ses deux rôles dans « L'Habilleur » et « Philoctète ». L'actrice Dominique Blanc a reçu le Molière de la comédienne pour son incarnation de « La Douleur » de Marguerite Duras.

 

 

Les Molières ont sacré dimanche soir à Créteil une légende vivante du théâtre français, Laurent Terzieff, symbole d'une 24e édition au palmarès plutôt bien partagé entre les deux familles du spectacle, le public et le privé.

 

 

 

 

 

Acteur incandescent au visage émacié, Laurent Terzieff, qui fêtera ses 75 ans en juin, a été sacré comédien pour deux rôles différents dans les deux familles du théâtre, « L'Habilleur» (qui lui a valu aussi le Molière du théâtre privé) et « Philoctète » (secteur subventionné).

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« J'ai toujours œuvré pour une mixité entre un certain théâtre privé et l'aide publique dont je dispose », a-t-il déclaré en recevant sa récompense, soulignant que « le théâtre ne se laisse pas enfermer dans des clivages et des étiquettes ».

La dernière création du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, « Les Naufragés du Fol Espoir », a elle aussi décroché deux Molières, ceux du théâtre public et des meilleurs costumes, inspirés de la Belle Epoque.

Le spectacle « La Nuit des rois » de Shakespeare mis en scène par Nicolas Briançon, qui partait favori avec sept nominations, n'a finalement pas obtenu plus de deux distinctions, de même que « Les 39 marches» réglées par Eric Métayer et « La Serva Amorosa » de Goldoni.

L'actrice aux quatre César Dominique Blanc a reçu, le soir de ses 54 ans, le Molière de la comédienne pour sa bouleversante incarnation de « La Douleur » de Marguerite Duras, douze ans après sa précédente récompense dans cette catégorie (« Une maison de poupée » en 1998).


La Douleur [présentation]

Côté révélations, la jeune et méconnue Alice Belaïdi, 23 ans, a devancé l'étoile montante du cinéma Mélanie Laurent, quand le déjà chevronné Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie-Française, l'emportait chez les hommes.

 

 

04/04/2010

Nul ne guérit de son enfance (Jean Ferrat)

 

 

Sans que je puisse m'en défaire
Le temps met ses jambes à mon cou
Le temps qui part en marche arrière
Me fait sauter sur ses genoux
Mes parents l'été les vacances
Mes frères et s?urs faisant les fous
J'ai dans la bouche l'innocence
Des confitures du mois d'août

Nul ne guérit de son enfance

Les napperons et les ombrelles
Qu'on ouvrait à l'heure du thé
Pour rafraichir les demoiselles
Roses dans leurs robes d'été
Et moi le nez dans leurs dentelles
Je respirais à contre-jour
Dans le parfum des mirabelles
L'odeur troublante de l'amour

Nul ne guérit de son enfance

Le vent violent de l'histoire
Allait disperser à vau-l'eau
Notre jeunesse dérisoire
Changer nos rires en sanglots
Amour orange amour amer
L'image d'un père évanouie
Qui disparut avec la guerre
Renaît d'une force inouie

Nul ne guérit de son enfance

Celui qui vient à disparaître
Pourquoi l'a-t-on quitté des yeux
On fait un signe à la fenêtre
Sans savoir que c'est un adieu
Chacun de nous a son histoire
Et dans notre c?ur à l'affût
Le va-et-vient de la mémoire
Ouvre et déchire ce qu'il fût

Nul ne guérit de son enfance

Belle cruelle et tendre enfance
Aujourd'hui c'est à tes genoux
Que j'en retrouve l'innocence
Au fil du temps qui se dénoue
Ouvre tes bras ouvre ton âme
Que j'en savoure en toi le goût
Mon amour frais mon amour femme
Le bonheur d'être et le temps doux

Pour me guérir de mon enfance