31/10/2009

My first time

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Dieu merci, la première fois est rarement la dernière.

Tous les êtres humains adultes, à quelques exceptions près, ont un point commun. Ils ont tous fait l’amour une première fois et s’en souviennent assez bien.

« La première fois, on n'y pense même pas, on donne de soi-même » bêlait France Gall, omettant de préciser que la première fois qu'on fait l'amour, le meilleur de soi-même c'est généralement pas grand chose. L'idée de cette pièce new-yorkaise est simple: les acteurs racontent des vraies premières fois postées par des anonymes sur myfirsttime.com. Le théâtre, c'est comme l'amour: quand c'est bon, on a envie de recommencer. Il était donc logique de reprendre ce grand succès de la saison dernière. Rhâââââ !

 

Fiascos et triomphes, oups pardon et rhah lovely, chambres de palace ou toilettes de fast-food, interminables ou supersoniques, les premières fois ont un point commun : leur immense variété.

 

Mise en scène : Nathalie UFFNER

Avec Julie DUROISIN, Alexis GOSLAIN, Julie LENAIN et Marc WEISS

 

Du 10 Novembre au 12 Décembre à 20h30 au Théâtre de la Toison d'Or

Adresse: Toison d'Or, 1050 Ixelles

Téléphone: 02 510 0 510

 


 

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Samain, Halloween ou Toussaint?

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La Samain était une fête celtique encore appelée Saman et Samhain ou Samonios chez les Gaulois. Elle marque le début et la fin de l'année celtique et annonce le début du Temps Noir. En effet Samain n’appartient ni à l’année qui se termine ni à celle qui commence : c’est un jour en dehors du temps qui permet aux vivants de rencontrer les défunts. Et elle permet aussi aux défunts, non réincarnés, de passer dans le monde des vivants pour y retrouver les lieux et les personnes qui leur étaient chers. On situe ce jour au premier Novembre de notre calendrier. Mais comme toutes les principales fêtes celtiques, Samain compte trois jours de solennités : le premier est consacré à la mémoire des héros, le deuxième à celle de tous les défunts et le troisième est livré aux réjouissances populaires et familiales marquées par des réunions, des banquets, des festins de toutes sortes qui pouvaient se prolonger pendant une semaine.

 

La veille de la nuit de Samain avait lieu la cérémonie de la renaissance du feu. Les propriétaires des maisons éteignaient les feux de l’âtre avant de se rassembler à la nuit tombante sur la place où les druides procédaient à l’allumage d’un nouveau feu sacré en frottant quelques bois secs du chêne sacré. Ils allaient ensuite allumer de grands feux de joie sur les collines environnantes pour éloigner les esprits malfaisants. Puis chaque maître de maison repartait avec quelques braises tirées du nouveau feu sacré pour rallumer un nouveau feu dans l’âtre de sa maison qui devait durer jusqu’à la prochaine fête de Samain et protéger ainsi le foyer tout au long de l’année.

 

Dans la nuit du 31 octobre – les fêtes celtes commencent à la tombée de la nuit - on croyait que le monde des morts, des fées et des sorcières entrait en contact avec celui des vivants. On croyait ainsi que les âmes des défunts revenaient errer autour des maisons des vivants. C'est pourquoi on laissait la porte entre ouverte et une place à table et on plaçait des lanternes sur les chemins pour les guider.

 

La tradition de Samain n’a pas complètement disparu ni avec la romanisation de la Gaule, ni avec le développement du catholicisme. Et c’est sans doute par référence à cette fête celte que le pape Grégoire IV décida, en 840, de faire du 1er novembre, le jour de tous les saints. La référence à Samain devenait encore plus claire lorsque, trois siècles plus tard, à la fête des saints et des martyrs, on adjoignit la fête de tous les morts.

 


 

 

 

 

La douceur convulsive des ventres funéraires 
Accouche de revenants aux yeux pâles & meurtris 
Parmi les os broyés des squelettes en poussière 
Couronnés de lauriers desséchés & flétris 

De généreuses harpies aux aboiements lubriques 
Offrent leur cellulite & leurs nichons blafards 
A de quelconques fouines en robes synthétiques 
Fendues jusqu'aux néons de leur croupe ovipare 

Mouvement chorégraphique d'un trip au bord du vide
Où le danseur en croix sodomise un lépreux 
Devant les caméras saturnales & fétides 
De la pensée commune aux troubles nauséeux 

La nuit de la samain, sainte citrouille halloween 
Carnaval souterrain, lampions dans les latrines 
La nuit de la samain, gueule de pine halloween 
Jocrisses & palotins, sulfateuses endocrines 

Je vois des cavaliers qui te sucrent tes tours 
Sur l'échiquier barbare au style mahométan 
& puis ta reine en garde & tes pions qui débourrent 
En cramant la mosquée où je fume en afghan 

Projection primitive d'un logiciel sans fin 
J'attends la fleur féline aux yeux mouillés de chrome
Sous le plumage poisseux des regards clandestins
Rivés sur le cockpit de mon vaisseau fantôme 

La nuit de la samain, sainte citrouille halloween 
Carnaval souterrain, lampions dans les latrines 
La nuit de la samain, gueule de pine halloween 
Jocrisses & palotins, sulfateuses endocrines 

La vidéo mentale projette sur mes capteurs 
L'imago populaire, hystérique & banal 
D'un égout surpeuplé de monstres tapageurs 
En quête d'une orgie sur l'écran terminal 

La nuit de la samain, sainte citrouille halloween 
Carnaval souterrain, lampions dans les latrines 
La nuit de la samain, gueule de pine halloween 
Jocrisses & palotins, sulfateuses endocrines

Paroles de Thiéfaine / Musique de Roberto Briot.
Extrait de l'album "Scandale mélancolique".

Réalisation : Soeur Sparadrap des Coeurs Estropiés.

www.myspace.com/hubertfelixthiefaine

 


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28/10/2009

Tu veux ou tu veux pas


Tu veux ou tu veux pas

 

 

Refrain:

Tu veux ou tu veux pas,

Tu veux c'est bien

Si tu veux pas tant pis,

Si tu veux pas

J'en f'rai pas une maladie.

Oui mais voilà réponds-moi,

Non ou bien oui

C'est comme ci ou comme ça,

Ou tu veux ou tu veux pas

 

Tu veux ou tu veux pas

Toi tu dis noir et après tu dis blanc

C'est noir c'est noir

Oui mais si c'est blanc c'est blanc

C'est noir ou blanc

Mais ce n'est pas noir et blanc

C'est comme ci ou comme ça

Ou tu veux ou tu veux pas

 

La vie, oui c'est une gymnastique

Et c'est comme la musique

Y a du mauvais et du bon

La vie, pour moi elle est magnifique

Faut pas que tu la compliques

Par tes hésitations

{au Refrain}

 

La vie, elle peut être très douce

A condition que tu la pousses

 

Dans la bonne direction

La vie, elle est là elle nous appelle

Avec toi elle sera belle

Si tu viens à la maison

 

Tu veux ou tu veux pas ? hein !

Quoi ? Ah ! tu dis oui

Ah ! a a a a a a a

Et ben moi j'veux plus !

Ouh ! la la

 


 

 

26/10/2009

Néfertiti de retour au Neues Museum de Berlin

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Avec la réouverture du Neues Museum, samedi 17 octobre, les habitants de Berlin ont accès pour la première fois depuis 1939 à l'ensemble de ce site exceptionnel. En deux jours, près de 16 500 personnes sont venues admirer les impressionnantes collections de la préhistoire et de l'Antiquité, à nouveau rassemblées dans ce bâtiment néoclassique très endommagé par les bombardements pendant la seconde guerre mondiale et restauré pendant six ans par l'architecte britannique David Chipperfield.

En combinant des fragments anciens avec des éléments modernes et en laissant les cicatrices de la guerre visibles, l'architecte a pu redonner une seconde jeunesse au Neues Museum, construit entre 1843 et 1855, qui n'était plus qu'une ruine pendant des décennies.


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Principale attraction du Neues Museum, le buste légendaire de la reine égyptienne Néfertiti, vieux de trente-quatre siècles, a retrouvé sa place initiale après une longue odyssée. Une salle entière surplombée d'une coupole est réservée à ce chef-d'oeuvre découvert par l'archéologue allemand Ludwig Borchardt sur les bords du Nil, en 1912. Le Caire envisage de réclamer une nouvelle fois son retour en Egypte et vient de fonder un comité d'élucidation du « cas Néfertiti ».

Autres pièces rares, un crâne d'enfant de l'époque de Neandertal ou un cône d'or, couvre-chef rituel datant de l'âge de bronze.


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On trouve aussi une partie de la collection de l'archéologue Heinrich Schliemann, qui consacra toute sa vie à la recherche des sites de L'Iliade d'Homère. Mais son trésor de Priam, découvert près de Troie et qui comprend une centaine d'objets en or et en argent, a été confisqué par les Soviétiques en 1945 et se trouve actuellement au Musée Pouchkine de Moscou.

Le Neues Museum fait partie à Berlin de ce qu'on appelle l'île aux musées, baignée par la Spree et située dans l'ancien Berlin-Est. C'est le troisième des cinq établissements sur l'île à être désormais ouvert : la Alte Nationalgalerie, rénovée en 2001, possède des tableaux du XIXe siècle alors que le Bode-Museum, achevé en 2006, abrite une vaste collection de sculptures.

Peu après la réunification, il y a bientôt dix-neuf ans, le gouvernement allemand, conscient du caractère unique de cet espace, avait décidé de rénover les cinq musées, édifiés entre 1830 et 1930. L'Unesco avait encouragé cette initiative en classant cet espace au Patrimoine mondial, en 1999.

En 2013, des travaux débuteront au Musée Pergame qui expose des pièces de monuments antiques et au Altes Museum qui accueille lui aussi des oeuvres de l'Antiquité. Par ailleurs, un sixième bâtiment à l'architecture néoclassique doit être construit d'ici à 2013 pour servir de point d'accueil central à l'île aux musées.

 

 

 

 

 

 

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25/10/2009

Remo Forlani a écrit le mot "FIN" à son scénario de vie

 

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Rémo Forlani, voix du cinéma sur RTL, est mort dimanche matin dans son sommeil, à l'âge 82 ans ce dimanche 25 octobre 2009.

Trois générations d'auditeurs ont écouté ce critique passionné qui s'est exprimé sur la radio pendant plus de 50 ans.

Selon Philippe Labro, ancien directeur de RTL, Rémo Forlani était «une encyclopédie vivante».

Ecrivain, dramaturge, réalisateur et scénariste français, Rémo Forlani est né à Paris le 12 février 1927. Il a écrit, en particulier, de nombreux livres sur le cinéma et sur les chats.

Il faisait preuve d'un caractère trempé et sans concession.

Lors d'une de ses toutes dernières chroniques sur le film «Le Petit Nicolas», il ne fait pas de quartier : «Apparemment tout le monde est content de ce film. Que dire ? Ce qui m'a frappé, c'est qu'on ressent Le petit Nicolas comme on ressent La Cage aux folles. Ce sont de vieilles histoires, quasi des triomphes, qui sont toujours des triomphes, mais qui racontent la vision qu'on avait, d'un côté de la vie familiale et de l'école, et de l'autre, de l'homosexualité. Cette vision complètement dépassée (...), je ne vois pas ce que les jeunes d'aujourd'hui ont à secouer de tout ça».

Scénariste seul ou associé à d'autres pour de nombreux films dont «Toute la mémoire du monde», d'Alain Resnais (1956), «Tintin et le Mystère de la Toison d'or» (1961), «La Bande à Bonnot» (1969) et «Sans famille» (version 1958), il a également écrit les aventures de la bande dessinée «Jeune P'tit Pat» parue dans le journal Pilote. Parmi ses livres, on retiendra «La Déglingue», roman autobiographique (Denoël 1995/Gallimard 1996).


 

 

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24/10/2009

Heure d'hiver ou divers

 

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En 2009, c'est le dernier dimanche d'octobre - le 25 octobre - que l'Europe passera à l'heure d'hiver. En effet, dans la nuit du samedi 24 octobre au dimanche 25 octobre 2009, à 3h (heure locale), les horloges devront afficher 2h.

 

L'origine

 

Le changement d’heure est souvent pointé comme une invention française mais les îles britanniques connaissaient déjà ce système depuis la 2eguerre mondiale.

 

La décision française date de 1976 et visait à réduire la consommation d’énergie. L’idée était de déplacer le coucher du soleil de manière à utiliser moins d’électricité pour l’éclairage.

 

Le Benelux a suivi la France en 1977. Aujourd’hui, ce changement d’heure est réglementé par un arrêté royal du 19 décembre 2001 basé sur la directive européenne 2000/84/EG du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne du 19 janvier 2001. Par cette harmonisation, l'Europe a voulu faciliter les transports, les communications et les échanges entre pays.

 

Heures européennes

 

Rappelons que l’on connaît 3 heures différentes en Europe. Une part importante des pays de l’Union européenne sont alignés sur le méridien de Berlin (GMT+1 l’hiver et GMT+2 l’été). Ils ont donc une heure d’avance sur le Royaume-Uni, l’Irlande et le Portugal alignés sur le méridien de Greenwich (GMT l’hiver et GMT+1 l’été) et une heure de retard sur la Grèce, la Finlande,... alignées sur le méridien d’Ankara (GMT+2 l’hiver et GMT+3 l’été).

 

 

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23/10/2009

Astérix et Obélix soufflent leurs cinquante bougies

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Déjà 50 ans et le ciel ne leur est pas encore tombé sur la tête. Toujours aussi irréductibles, Astérix et sa bande de Gaulois fêtent leurs cinquante ans avec un 34ème album qui sort le 22 octobre 2009, « L'anniversaire d'Astérix et Obélix, le livre d'or ». Albert Uderzo, l'un de ses auteurs avec René Goscinny, réalise à cette occasion un recueil d'histoires courtes qui sortira simultanément dans quinze pays, avec un tirage pharaonique de 3,5 millions d'exemplaires, dont 1,1 millions pour la France. Chaque personnage phare de la BD cherchera une idée de cadeau ou adressera un message à Astérix et Obélix.

 

C'était le 29 octobre 1959, Astérix Gaulois aux moustaches jaunies, apparaît dans le numéro 1 du journal Pilote. Deux mois plus tôt, dans un immeuble HLM de Bobigny, René Goscinny et Albert Uderzo imaginent les Gaulois : un petit, un gros, un chef de village, un druide, un barde… Deux ans plus tard, le premier album est publié à 6.000 exemplaires. Le succès est immédiat. Astérix et ses Gaulois entrent dans la vie des Français et l'hebdomadaire L'Express titre en septembre 1966 sur « Le phénomène Astérix ».

 

Astérix devient le symbole de la fierté retrouvée en France, du petit qui refuse de se soumettre et résiste aux puissants. Un ou deux albums paraissent alors chaque année et la série quitte peu à peu le créneau méprisé de la BD pour enfants pour toucher le grand public.

 

107 langues et dialectes

 

Et le plus étonnant, c'est que ça marche aussi à l'étranger. En 50 ans, plus de 325 millions d'albums d'Astérix ont été vendus dans le monde et la série a été traduite dans 107 langues et dialectes. Un succès phénoménal, qui a bien failli prendre fin en novembre 1977, avec la mort subite de René Goscinny, le scénariste qui incarnait l'« esprit » Astérix avec ses formules magiques – « Ils sont fous ces Romains ! », « Non, je ne suis pas gros... » - qui restent dans toutes les têtes.

 

Albert Uderzo décide alors de reprendre seul la série et rajoutera en 30 ans dix titres à la collection.

 

 

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21/10/2009

Sur les traces de Teotihuacan, au cœur du passé mexicain

 

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A une quarantaine de kilomètres de Mexico, le site de Teotihuacan est un drôle de mélange de pierres bien rangées, qu'une restauration cinématographique a alignées en pyramides et en chaussées pavées, et de recoins mangés par la végétation, monticules inexplorés de pierraille et de terre, cachés sur les flancs arrière des pyramides de la Lune et du Soleil.

 

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L'ancienne cité, fondée dans les années 100 avant J.-C., morte en 700 après la naissance du Christ, n'a pas livrée tous ses secrets, loin s'en faut. Seulement 22,5 km2, soit 5 % de ce qui fut une ville de près de 200 000 habitants, ont été fouillés. Avec 12 millions de visiteurs par an, un chiffre atteint grâce à sa proximité de la capitale et à son folklore empreint de mysticisme, Teotihuacan est un site phare, mais encore incompris.

 

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L'exposition de 450 objets que le Musée du quai Branly propose à Paris à partir du 6 octobre est une première en Europe. Si la civilisation aztèque (1325-1520) continue de jouir d'une belle réputation, le peuple de Teotihuacan n'a eu que de rares occasions de montrer son art hors du magnifique Musée national d'anthropologie de Mexico. Tout ce qui est su et révélé, et jusqu'au nom de Teotihuacan, a été donné par les Aztèques. Vers l'an 1200, ces derniers avaient repris possession des lieux, envahis par les Toltèques de Tula (856-1168). Ils pensaient que le monde avait été créé ici. Ils y bâtirent une nouvelle ville dont ils furent chassés par les Espagnols au XVIe siècle.

 

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Beaucoup de représentations de Quetzalcoatl (le dieu serpent), de Tlaloc (dieu de la pluie), des jaguars, des masques funéraires, des urnes, des divinités, mais aucune écriture, et pas de traces de rois ou de guerriers. La seule statue d'un notable du cru, trouvée à Tical (Guatemala) et exposée au Musée national, a été sculptée par un commerçant maya qui allait chercher son obsidienne et ses bijoux à Teotihuacan.

 

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Teotihuacan est connu pour son temple dédié à Quetzalcoatl, le "serpent à plumes", et ses pyramides qui suivent les courbes des montagnes avoisinantes. Chaque jour, des milliers d'écoliers en uniforme viennent, entre la chaussée des Morts et le temple du Jaguar, y contempler leur passé indien. A la fin du XIXe siècle, alors que se construit l'image de la République mexicaine, l'archéologue Leopoldo Batrès (1852-1926) convainc le président Porfirio Diaz de reconstruire Teotihuacan. La chaussée a été terminée en 1950.

 

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L'idée de se pencher à nouveau sur les mystères de Teotihuacan revient à Felipe Solis, alors directeur du Musée d'anthropologie de Mexico. En accord avec Stéphane Martin, directeur du quai Branly, il a choisi les pièces de l'exposition "Teotihuacan, cité des dieux" parmi "les plus belles, les plus élégantes, les plus esthétiques" des réserves de son établissement, ou de collections privées, "dont 65 % de pièces jamais montrées, des découvertes récentes, notamment dans le temple de Quetzalcoatl".

 

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Une première exposition consacrée au site avait été montrée en 1999 à San Francisco, grâce à un collectionneur globe-trotteur, Harald Wagner, qui s'était joyeusement servi sur place à la fin des années 1950. Chatouilleux avec son patrimoine, le Mexique avait exigé la rétrocession de la moitié des pièces. L'exposition actuelle ne court pas ce risque. Les Mexicains en ont présenté une version simplifiée à Monterrey, au nord-est du Mexique, en 2008. A Paris, le Quai Branly lui donne toute son ampleur.

 

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"Teotihuacan, cité des dieux", Musée du quai Branly, 37, quai Branly, Paris-7e. Du 6 octobre au 24 janvier 2010, du mardi au dimanche. 

 


 

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15/10/2009

Des traces de dinosaures découvertes à Plagne (Jura)

 

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Marie-Hélène Marcaud, enseignante à la retraite, et Pascal Landry, géologue, membres de la société des naturalistes d'Oyonnax, ils connaissent parfaitement tous les sites d'empreintes de dinosaures de Suisse et du Jura (Coisia, Échallon, Loulle, Belleydoux). Dès qu'ils ont commencé à dégager le gros bourrelet de vase fossilisée expulsé sous le poids de l'animal, ils ont compris qu'ils avaient découvert quelque chose d'exceptionnel. L’empreinte ne mesurait pas loin de 2 mètres de circonférence. Depuis, ils en ont dégagé une vingtaine d'autres tout au long du chemin dont plusieurs pistes. Les animaux qui appartenaient à la famille des sauropodes (brachiosaures, diplodocus, etc.) devaient peser près de 40 tonnes.

Le site se trouve sur la forêt communale de Plagne. Gustave Michel, le maire, assure que le budget de sa commune est extrêmement modeste mais qu'il soutiendra le projet des scientifiques. Les fouilles nécessiteront de 30 000 à 50 000 € par an pendant quatre ans. Bien visibles, les empreintes ne sont pourtant pas faciles à décrypter au premier coup d'œil. Les gros sauropodes faisaient de petites enjambées. Ils posaient le pied à peu près au même endroit que “la main”. L'empreinte du pied est ronde comme celui d'un éléphant. Elle recouvre en partie l'empreinte de la main qui a la forme d'un haricot. Sur une des dalles, on voit les sillages parfaitement nets d'un mollusque et de ce qui pouvait ressembler à une limace.

L'ensemble du site va être protégé pour que les curieux ne dégradent pas les empreintes et les feuilles de calcaire du thétonien. Il y a 150 millions d'années, le Jura était formé de vastes plaines vaseuses envahies épisodiquement par la mer. Il y avait beaucoup d'îles sur lesquelles vivaient les dinosaures. Toute une série de circonstances ont fait que l'empreinte des dinosaures au cours d'un de leurs déplacements a pu se fossiliser et être préservée jusqu'à aujourd'hui. C'est un miracle par exemple que l'énorme érosion qui a décapé plus de 600 mètres d'épaisseur de roches au cours des temps géologiques n'a pas détruit les feuilles de calcaire où sont imprimées les traces de pas.

 

 

 

 

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14/10/2009

This is it ...

 

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11/10/2009

Francis Huster traverse Paris en beauté

 

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Francis Huster aime les mots, Francis Huster aime les auteurs. Il aime parfois les servir dans l’exercice le plus sobre qui soit. Et c’est dans cette épure qu’on le préfère. Après La Peste , il a de nouveau choisi le solo pour Traversée de Paris , adapté de la nouvelle éponyme de Marcel Aymé. Huster est donc seul en scène, devant un rideau de velours rouge tiré. Il se balade de l’avant du plateau à la salle. Costume noir, sans décor, juste quelques éclairages, poursuites pour l’accompagner lors de sa tourbillonnante traversée de Paris.

 

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Le petit gars Martin trimballe des colis au marché noir pour arrondir ses fins de mois pendant l’Occupation. Il s’associe avec Grandgil, rencontré dans un café. Les voilà à l’assaut de la capitale, flanqués d’un cochon découpé en morceaux dans quatre valises. Les caractères des deux compagnons de fortune émergent pendant cette épopée nocturne : l’un, tranquille et simple, face à l’autre, extravagant et cynique, en fait un artiste bourgeois venu se distraire. 1 h 15 durant, on est suspendus aux lèvres du comédien. Martin et Grandgil bien sûr, et les autres, que la nuit place sur leur route : commerçants, patrons de bar, policiers. Salauds et héros. Huster est tous ceux-là à la fois. Sans se grimer, sans en faire des tonnes, juste par une inflexion de voix, une posture, une grimace infime dans le visage. Quel souffle ! Quelle présence !


Ne manquez pas d’arriver un peu en avance. L’acteur s’adresse à son public sous forme de conversation informelle avant même le début du spectacle, pour en confier la genèse. Il replace Marcel Aymé dans le contexte de la guerre, ses amitiés, son oeuvre. "Ce n’était pas de la littérature. C’était une oeuvre qui sonnait vrai, clame-t-il. C’est pourquoi on l’a souvent adaptée - et trahie - au cinéma."


Il y a vingt ans, pendant
La Peste , il s’était promis, il avait promis de monter, un jour, Traversée de Paris , "pour rendre justice à Marcel Aymé et prouver que c’est l’un des justes du XXe siècle". Voilà qui est fait.


Aux Bouffes parisiennes jusque fin novembre


 

10/10/2009

Décès du romancier Jacques Chessex, le Goncourt suisse

 

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Le romancier Jacques Chessex, le seul écrivain suisse à avoir été honoré en France par le Prix Goncourt, est décédé vendredi 9 octobre 2009 soir à l'âge de 75 ans, a annoncé le maire d'Yverdon-les-Bains  où il s'est écroulé au cours d'un débat sur son oeuvre.

Jacques Chessex avait reçu le Prix Goncourt en 1973 pour "L'ogre", décrivant les tourments d'un homme écrasé par l'ombre du père décédé.

Le romancier s'est écroulé vendredi soir une dizaine de minutes après le début du débat dont il était la vedette.

Né le 1er mars 1934 à Payerne (canton de Vaud), Jacques Chessex a publié plusieurs dizaines d'ouvrages. Il considérait "La mort d'un Juste" (1996) et "Le rêve de Voltaire" (1995) comme ses oeuvres les plus abouties.

Outre le Goncourt, l'auteur a reçu de nombreuses distinctions, dont le prix Schiller, le Grand Prix du rayonnement français de l'Académie française, le Ruban de la Francophonie, le Grand Prix du langage français et, récemment, le Prix Jean-Giono.

Ses œuvres

Poésie

  • Le Jour proche, poésie, Aux Miroirs partagés, Lausanne, 1954.
  • Chant de printemps, poèmes, Jeune Poésie, Genève, 1955.
  • Une Voix la nuit, poèmes, Mermod, Lausanne, 1957.
  • Batailles dans l'air, poèmes (1957-1959), Mermod, 1959.
  • Le Jeûne de huit nuits, poèmes, Payot, Lausanne, 1966.
  • L'Ouvert obscur, L'Age d'Homme, Lausanne, 1967.
  • Elégie soleil du regret, poèmes, Bertil Galland, Vevey, 1976.
  • Le Calviniste, poèmes, Grasset, Paris, 1983.
  • Pierre Estoppey, textes et poèmes, Le Verseau, Lausanne, 1986.
  • Myriam, PAP, Pully, 1987.
  • Comme l'os, poèmes, Grasset, 1988.
  • Dans la Page brumeuse du sonnet, PAP, 1989.
  • Elégie de Pâques, PAP, 1989.
  • Neige, Stamperia del Portico, Gavirate, 1989.
  • Si l'Arc des coqs, PAP, 1989.
  • Plaie ravie, PAP, 1989.
  • Les Aveugles du seul regard, poésie, PAP, 1991. Autre édition: La Différence, Paris, 1992.
  • Le Buisson, Atelier de St-Prex, 1991.
  • Songe du Corps élémentaire, Simecek et Ditesheim, Lausanne et Neuchâtel, 1992.
  • La Fente, Atelier de St-Prex, 1993.
  • Le Rire dans la faille, Le Manoir, Martigny, 1993.
  • Les Elégies de Yorick, poésie, Bernard Campiche, Yvonand, 1994.
  • Le Temps sans Temps", Le Cherche-Midi, Paris, 1995.
  • Cantique, poésie, Bernard Campiche, 1996.
  • Poésie, 3 vol. (L'œuvre), Bernard Campiche, 1997.
  • Le désir de la neige, Grasset, 2002.
  • Allegria, poésie, Grasset, 2005.
  • Revanche des purs, Grasset, 2008.

Romans et récits

  • La Tête ouverte, roman, Gallimard, Paris, 1962.
  • La Confession du pasteur Burg, récit, Christian Bourgois, Paris, 1967.
  • Carabas, autoportrait baroque, Grasset, Paris, 1971.
  • L'Ogre, roman, Grasset, 1973. Prix Goncourt
  • L'Ardent royaume, roman, Grasset, 1975.
  • Les Yeux jaunes, roman, Grasset, 1979.
  • Judas le transparent, roman, Grasset, 1982.
  • Jonas, roman, Grasset, 1987.
  • Morgane madrigal, roman, Grasset, 1990.
  • La Trinité, roman, Grasset, 1992.
  • Le rêve de Voltaire, Grasset, 1995.
  • La mort d'un juste Grasset, 1996.
  • L'imitation, Grasset, 1998.
  • Portrait d'une ombre, Zoé, Genève, 1999
  • Incarnata, Grasset, 1999
  • Monsieur, Grasset, 2001
  • L'Eternel sentit une odeur agréable, Grasset, 2004
  • Avant le Matin, Grasset 2006
  • Le Vampire de Ropraz, Grasset, 2007
  • Pardon mère, Grasset, 2008
  • Un Juif pour l'exemple, Grasset, 2009

Nouvelles

  • Le Séjour des morts, nouvelles, Grasset, 1977.
  • Où vont mourir les oiseaux, nouvelles, Grasset, 1980.
  • Sosie d'un saint, nouvelles, Grasset, 2000.

Chroniques et morceaux

  • Reste avec nous, Cahier de La Renaissance Vaudoise, 1967. Réédition : Bernard Campiche, 1995.
  • Portrait des Vaudois, 1969. Collection Babel N°20
  • Feux d'orées, 1984 ; rééd. Bernard Campiche, 1995.
  • Dans la buée de ses yeux, Bernard Campiche, 1995.
  • L'imparfait, Bernard Campiche, 1996.
  • De l'encre et du papier, La Bibliothèque des arts, 2001 (Pergamine)

Ouvrages pour enfants

  • Le Renard qui disait non à la lune, Grasset, 1974.
  • Marie et le chat sauvage, Grasset, 1979.
  • Neuf, l'œuf, Grasset, 1990.
  • François dans la forêt, Grasset, 1991.

Essais et critique littéraire

  • Charles-Albert Cingria, essai, Seghers, Paris, 1967. Réédition : Poche Suisse, 2007.
  • Les saintes Écritures, Bertil Galland, 1972.
  • Bréviaire, Bertil Galland, 1976.
  • Adieu à Gustave Roud, avec Maurice Chappaz et Philippe Jaccottet, Bertil Galland, 1977.
  • Entretiens avec Jacques Chessex, Jérôme Garcin, La Différence, 1979.
  • Maupassant et les autres, Ramsay, Paris, 1981.
  • Flaubert, ou Le Désert en abîme, Grasset, 1991.
  • Avez-vous déjà giflé un rat?, pamphlet, Bernard Campiche, 1997.
  • Le désir de dieu, Grasset, 2005.
  • Le simple préserve l'énigme, Gallimard, 2008.

Quelques essais sur la peinture

  • La Muerte y la Nada (Antonio Saura), Pierre Canova, Pully, 1990.
  • Zao Wou-Ki, Galerie Jan Krugier, Genève, 1990.
  • Marcel Poncet, La Bibliothèque des Arts, Lausanne, 1992.
  • Olivier Charles", Musée Jenisch, Vevey, 1992.
  • Bazaine, Skira, Paris, 1996.
  • Figures de la métamorphose, La Bibliothèque des Arts, 1999.
  • Le dernier des monstres (Saura), Cuadernos del Hocinoco, Cuenca, 2000.
  • Notes sur Saura, Cuadernos del Hocinoco, 2001.
  • Les dangers de Jean Lecoultre,Cuadernos del Hocinoco, 2002.
  • Javier Pagola, Cuadernos del Hocinoco, 2004.
  • Thomas Fougeirol, Operae, 2004.
  • Dans la peinture de Sarto, Atelier de St-Prex et Chabloz, Lausanne, 2008.
  • Une nuit dans la forêt illustrations de Manuel Müller, éditions Notari, Genève, 2009.
  • Jean Lecoultre ou la haine de la peinture, in Artpassions, n°19, 2009.

 

01:10 Écrit par Boubayul dans Culture(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : jacques chessex, goncourt suisse |  Facebook |

09/10/2009

Le Spiderman français Alain Robert réitère son escalade

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Le Français Alain Robert, connu sous le nom de "Spiderman", a une fois de plus réalisé une prouesse sportive en escaladant à mains nues la tour Ariane, au cœur du quartier d'affaires de la Défense. L'homme-araignée, tout de noir vêtu, est venu à bout de la façade de 152 mètres de hauteur en seulement 36 minutes. Son arrivée sur le toit a été saluée par les applaudissements de la foule massée au pied de la tour.

 

 

23:48 Écrit par Boubayul dans Culture(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alain robert, spiderman francais |  Facebook |

Prix Nobel de Littérature 2009 : Herta Müller

 

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L'Allemande d'origine roumaine Herta Müller s'est vue attribuer, jeudi 8 octobre, le prix Nobel de littérature 2009. Elle est récompensée pour avoir "avec la densité de la poésie et la franchise de la prose, dépeint l'univers des déshérités", a précisé l'Académie Nobel.

C'est le troisième auteur de langue allemande en dix ans à être récompensé, après l'Allemand Günter Grass, en 1999 et l'autrichienne Elfried Jelinek, en 2004.

Née le 17 août 1953 à Nitchidorf, dans la province de Banat en Roumanie, au sein de la minorité allemande des Souabes, Herta Müller a étudié la littérature allemande et roumaine entre 1973 et 1976 à Timisoara. Après quoi, elle devient traductrice dans une usine de machines industrielles.

Proche dans sa jeunesse d'un groupe d'écrivains germanophones perçu par le régime de Nicolae Ceaucescu comme un "ferment d'opposition", elle est licenciée parce qu'elle avait refusé de collaborer pour la Securitate (les services secrets roumains) mais aussi mise sur écoute et menacée à maintes reprises, elle quitte la Roumanie en 1987 pour l'Allemagne de l'Ouest.

Peu connue du grand public jusqu'au début des années 2000, Herta Müller a été découverte et saluée par la critique dès 1984, avec la parution d'un recueil de récits, Bas-fonds, qu'elle avait réussi à faire sortir clandestinement de Roumanie.

Bien qu'elle vive depuis 1987 à Berlin, Herta Müller continue néanmoins à écrire sur son expérience roumaine. "En ce qui me concerne l'expérience essentielle de ma vie, a-t-elle eu l'occasion d'expliquer, c'est en Roumanie que je l'ai faite, sous la dictature. Le fait de vivre à plusieurs centaines de kilomètres de la Roumanie, ne me fera pas oublier ce que j'y ai vécu. En partant, j'ai emporté mon passé et il faut dire qu'en Allemagne la crainte de la dictature est toujours là".

"J'ai dû apprendre à vivre en écrivant et non vice-versa. Je voulais vivre à la hauteur de mes rêves, c'est tout. L'écriture fut alors pour moi une manière d'exprimer ce que je ne pouvais pas vivre effectivement. "

Parmi ses principaux livres traduits en français figurent L'Homme est un grand faisan sur terre (Maren Sell, 1991 et " Folio, 1997) et La Convocation (Ed. Métailié, 2001), où elle dépeint à mots forts et tendus la Roumanie de Ceaucescu et les années de peur et de terreur de son régime.

"Ses romans donnent avec leurs détails ciselés une image de la vie quotidienne dans une dictature pétrifiée", a souligné l'Académie suédoise.

Depuis 1995, Herta Müller est membre de l'Académie allemande de langue et littérature (Deutsche Akademie fûr Sprache und Dicthung).

 

Le renard était déjà le chasseur


Le renard était déjà le chasseur


Dans la Roumanie de Ceausescu, Adina s'aperçoit que des inconnus découpent
  jour après jour, en son absence, la fourrure de renard qui décore son appartement. A cause de cette menace, la jeune enseignante proche d'auteurs-compositeurs dissidents se sait espionnée par les services secrets et découvre qu'une de ses amies fréquente justement un officier de la securitate. Le renard est le chasseur. Les victimes se rapprochent de leurs bourreaux, les amis disparaissent ou se trahissent, et la chute du dictateur n'y changera pas grand-chose. Herta Müller réussit magistralement à nous faire vivre les difficultés matérielles et existentielles qu'elle a bien connues dans un contexte totalitaire où l'expression ne pouvait guère échapper à l'oppression. Rarement l'expérience de la dictature a atteint une telle intensité poétique. Où commence la liberté? Où finit le compromis? Rythmée comme un coeur qui bat, sa prose aux métaphores concises évoque la grandeur et la misère d'un être humain dont les choix, au positif comme au négatif, sont dictés par la peur et l'humiliation.


L'homme est un grand faisan sur terre


L'homme est un grand faisan sur terre


Roumanie. Depuis que le meunier Windisch veut émigrer, il voit la fin partout dans le village. Peut-être n'a-t-il pas tort. Les chants sont tristes, on voit la mort au fond des tasses, et chacun doit faire la putain pour vivre, a fortiori pour émigrer. Windisch a beau livrer des sacs de farine, et payer, le passeport promis se fait toujours attendre. Sa fille Amélie se donne au milicien et au pasteur, dans le même but. Un jour, ils partiront par l'ornière grise et lézardée que Windisch empruntait pour rentrer du moulin. Plus tard, ils reviendront, un jour d'été, en visite, revêtus des vêtements qu'on porte à l'Ouest, de chaussures qui les mettent en déséquilibre dans l'ornière de leur village, avec des objets de l'Ouest, signe de leur réussite sociale, et, «sur la joue de Windisch, une larme de verre».

 

La convocation


La convocation


Herta Müller est née en Roumanie. Elle déclare: «Dans le village où j'ai grandi il n'y avait pas de Roumains. Je n'ai appris le roumain qu'à l'école comme une langue étrangère... A Timisoara, la langue de l'écriture coexiste avec le dialecte (souabe) et la langue véhiculaire (roumain). A cela s'ajoutait la langue de bois du régime qui a détourné le langage à son profit. D'où notre vigilance pour éviter les mots ou les concepts violés ou souillés par la politique... Pour écrire notre réalité, nous devions sans cesse chercher un langage innocent.» Cette exigence donne aux textes de Herta Müller une saveur et une atmosphère très particulières, la force des images contrastant avec la sobriété et la concision du propos. La narratrice, ouvrière dans une usine de confection qui travaille pour l'Italie, a été convoquée par la Securitate. Elle est dans le tramway et lutte pour ne pas se laisser entraîner par son angoisse et le sentiment d'humiliation que son interrogateur va s'ingénier à provoquer dès son entrée. Elle porte la blouse de son amie disparue, elle veut résister. Pendant le trajet, elle voit en flash-back les principaux épisodes de sa vie, elle regarde aussi les passagers autour d'elle. Le tramway ne s'arrête pas à la station où elle doit descendre et elle décide de ne pas se rendre à la convocation.