21/10/2009

Sur les traces de Teotihuacan, au cœur du passé mexicain

 

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A une quarantaine de kilomètres de Mexico, le site de Teotihuacan est un drôle de mélange de pierres bien rangées, qu'une restauration cinématographique a alignées en pyramides et en chaussées pavées, et de recoins mangés par la végétation, monticules inexplorés de pierraille et de terre, cachés sur les flancs arrière des pyramides de la Lune et du Soleil.

 

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L'ancienne cité, fondée dans les années 100 avant J.-C., morte en 700 après la naissance du Christ, n'a pas livrée tous ses secrets, loin s'en faut. Seulement 22,5 km2, soit 5 % de ce qui fut une ville de près de 200 000 habitants, ont été fouillés. Avec 12 millions de visiteurs par an, un chiffre atteint grâce à sa proximité de la capitale et à son folklore empreint de mysticisme, Teotihuacan est un site phare, mais encore incompris.

 

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L'exposition de 450 objets que le Musée du quai Branly propose à Paris à partir du 6 octobre est une première en Europe. Si la civilisation aztèque (1325-1520) continue de jouir d'une belle réputation, le peuple de Teotihuacan n'a eu que de rares occasions de montrer son art hors du magnifique Musée national d'anthropologie de Mexico. Tout ce qui est su et révélé, et jusqu'au nom de Teotihuacan, a été donné par les Aztèques. Vers l'an 1200, ces derniers avaient repris possession des lieux, envahis par les Toltèques de Tula (856-1168). Ils pensaient que le monde avait été créé ici. Ils y bâtirent une nouvelle ville dont ils furent chassés par les Espagnols au XVIe siècle.

 

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Beaucoup de représentations de Quetzalcoatl (le dieu serpent), de Tlaloc (dieu de la pluie), des jaguars, des masques funéraires, des urnes, des divinités, mais aucune écriture, et pas de traces de rois ou de guerriers. La seule statue d'un notable du cru, trouvée à Tical (Guatemala) et exposée au Musée national, a été sculptée par un commerçant maya qui allait chercher son obsidienne et ses bijoux à Teotihuacan.

 

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Teotihuacan est connu pour son temple dédié à Quetzalcoatl, le "serpent à plumes", et ses pyramides qui suivent les courbes des montagnes avoisinantes. Chaque jour, des milliers d'écoliers en uniforme viennent, entre la chaussée des Morts et le temple du Jaguar, y contempler leur passé indien. A la fin du XIXe siècle, alors que se construit l'image de la République mexicaine, l'archéologue Leopoldo Batrès (1852-1926) convainc le président Porfirio Diaz de reconstruire Teotihuacan. La chaussée a été terminée en 1950.

 

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L'idée de se pencher à nouveau sur les mystères de Teotihuacan revient à Felipe Solis, alors directeur du Musée d'anthropologie de Mexico. En accord avec Stéphane Martin, directeur du quai Branly, il a choisi les pièces de l'exposition "Teotihuacan, cité des dieux" parmi "les plus belles, les plus élégantes, les plus esthétiques" des réserves de son établissement, ou de collections privées, "dont 65 % de pièces jamais montrées, des découvertes récentes, notamment dans le temple de Quetzalcoatl".

 

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Une première exposition consacrée au site avait été montrée en 1999 à San Francisco, grâce à un collectionneur globe-trotteur, Harald Wagner, qui s'était joyeusement servi sur place à la fin des années 1950. Chatouilleux avec son patrimoine, le Mexique avait exigé la rétrocession de la moitié des pièces. L'exposition actuelle ne court pas ce risque. Les Mexicains en ont présenté une version simplifiée à Monterrey, au nord-est du Mexique, en 2008. A Paris, le Quai Branly lui donne toute son ampleur.

 

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"Teotihuacan, cité des dieux", Musée du quai Branly, 37, quai Branly, Paris-7e. Du 6 octobre au 24 janvier 2010, du mardi au dimanche. 

 


 

20:00 Écrit par Boubayul dans Culture(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mexique, teotihuacan |  Facebook |

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