07/09/2009

Le père de Maigret disparaissait il y a 20 ans

simenon

 

 

A l’aube du 4 septembre 1989, Georges Simenon s’éteint. A sa dévouée compagne des dernières années, Teresa, il murmure « Enfin, je vais dormir » avant d’entrer dans son dernier sommeil. Cela fait vingt ans.

 

C’est rue Léopold, à Liège, que Georges Simenon naquit le vendredi 13 février 1903, mais, superstitieuse, sa mère fera enregistrer sa naissance en date du 12. Issu d’un milieu modeste, Georges perdit son père en 1921. Il fera dès lors une croix sur ses études afin d’assurer la matérielle. Autodidacte, il restera dépourvu du moindre diplôme, à l’exception de celui de docteur honoris causa de l’Université de Liège, reçu en 1973. Et s’il fut élu à l’Académie royale de langue et de littérature françaises, à Bruxelles en 1952 et où il ne siégera jamais, il n’obtiendra jamais non plus de prix littéraire : ni Goncourt, ni Rossel, pour ce géant du roman. Ni le Nobel dont il rêva. Il entre à 16 ans à « La Gazette de Liège » où cet instinctif-né fait ses premières armes de journaliste; à 17, avec « Au Pont des Arches », il rédige son premier roman et, à 20, épouse une jeune artiste peintre liégeoise, Régine Renchon. Le couple, alors sans le sou, part se fixer à Paris, début 23. Après un emploi de secrétaire chez un marquis, Georges se lance dans la littérature alimentaire avec une énergie époustouflante. Ses journées seront celles d’un bourreau de travail, le voyant pondre à un rythme d’enfer. Très vite, ce « phénomène » attire l’attention : un premier article le salue dans « Paris-Soir » le 5 juin 1925 (il n’a que 22 ans). La machine est lancée, qui ne s’arrêtera plus pendant un demi siècle, sans le concours de l’ombre d’un nègre. Dès 1925, Georges roule carrosse à Paris, s’éprenant même de l’alors illustre Joséphine Baker, avant de partir sillonner les canaux à bord de petits bateaux où l’accompagnent son épouse et une jeune Française, rebaptisée Boule, avec qui Simenon entretient sans guère s’en cacher des rapports intimes. En 1929, ayant jeté l’ancre de son cotre « L’Ostrogoth » à Delfzijl, aux-Pays-Bas, il rédige « Pietr-le-Letton », première des enquêtes du commissaire Maigret. La suite est légendaire. Dès le début des années 30, ses Maigret valent un succès inouï, qui ne se démentira plus, à un Simenon qui ne cesse d’alors voyager, de l’Afrique à Tahiti, de la Colombie à la Turquie, de New York à la Laponie. Edité chez Gallimard à 31 ans, il produit avec une fécondité stupéfiante : rien qu’en 1938, il y publie douze romans et un recueil de nouvelles. Qui fit mieux, jamais ? En 1939, naît son premier fils; il en aura deux autres, ainsi qu’une fille, Marie-Jo. Après la guerre, Simenon, qui s’est remarié avec une Canadienne - Denyse - qu’il haïra ensuite, s’installe au Canada, puis aux Etats-Unis, écrivant sans relâche, avant de regagner l’Europe, définitivement, au milieu des années 50, pour en passer ses trente bonnes dernières en Suisse romande. Il laisse derrière lui près de deux cents romans, des mémoires et des "dictées"; une œuvre traduite dans des dizaines de langues, dévorée avec délice par des centaines de millions de lecteurs.


9782260009948FS

 


 

 

00:14 Écrit par Boubayul dans Culture(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : georges simenon |  Facebook |

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