11/06/2008

Nuits de feu 2008 à Chantilly

 

 

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C’est en l’An de grâce 1672 que tout a commencé. Le Grand Condé reçoit en son domaine de Chantilly, Son Altesse le Grand Dauphin de France. Dans ce cadre magnifique, une fête somptueuse s’organise en son honneur. Et soudain, alors que les derniers rayons du soleil ont disparu et que les tourelles du château découpent leur silhouette crénelée, dans la nuit éclate un coup de tonnerre et le ciel s’embrase de couleurs en cascade. “Et brusquement, écrit la chronique, le Jour succéda à la Nuit”  

La tradition des fêtes pyrotechniques de Chantilly était née. Plus de deux siècles plus tard, Chantilly renoue avec les spectacles du Grand Siècle et célèbre tous les deux ans à la même époque, pendant la douce période de l’été, un spectacle magique et majestueux applaudi par plus de 120 000 spectateurs.

 

 

 

 

 

Depuis sa création en 1987, ce concours international de pyrotechnie a accueilli des artificiers venus du monde entier, plus d’une trentaine de sociétés pyrotechniques y ont participé.  Le feu d'artifice est indéniablement le spectacle qui, au cours des siècles, a rassemblé le plus grand nombre de personnes, reléguant loin derrière les concerts et autres rendez-vous sportifs. Vieille de plusieurs siècles, cette forme d’expression artistique est aujourd’hui symbole de joie et de liesse populaire. En retrait derrière leurs œuvres éphémères, les artificiers opèrent humblement, délicatement, agissant selon la sensibilité culturelle et historique de leur pays d’origine et font preuve d’une créativité sans cesse renouvelée.  Malgré les possibilités créatives sans limite dont jouissent ces artificiers, la même que celle du peintre qui peut mélanger les couleurs à l’infini. 

Les Nuits de feu met en lumière leur travail !

 A qui s’adresse la salve d’applaudissements qui suit systématiquement le bouquet final d’un feu d’artifice ? Au créateur du spectacle vivant et éphémère ? Est-ce simplement la manifestation d’une joie instantanée ? D’une émotion spontanée ?  Les 150 000 spectateurs de l’édition 2006 des Nuits de feu répondront, et c’est là la réussite du pari que s’est fixé l’organisateur, la cellule événementiel du Comité Départemental du tourisme de l’Oise, qu’ils s’adressent incontestablement aux créateurs du spectacle pour lequel ils avaient acheté leur place quelques semaines auparavant. De façon à aiguiser l’œil du spectateur à cette forme d’art originale, les Nuits de Feu fixent un thème à leur festival : cette année, la « peinture du ciel », qui permet d’affirmer l’infini de possibilités des artistes pyrotechniciens, malgré les moyens communs dont ils disposent. Les figures imposées contribuent également à cet accès à la compréhension de l’art. L’artificier devra mettre en valeur sa créativité en jouant avec le mouvement, la luminosité, le décor et le son. La musique, imposée (un extrait de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel pour l’édition 2008 des Nuits de Feu) tient une place toute particulière, chacun doit composer en fonction de la musicalité qu’il projette de donner à sa représentation. Le fantastique décor du parterre nord du parc du château de Chantilly, dessiné par Le Nôtre au 17ème siècle, devient pour l’occasion un immense land art où la peinture du ciel vient se refléter dans l’eau des bassins. Les Nuits de Feu, par un mélange dosé de tous ces matériaux, contribuent ainsi à faire connaître des artistes passionnants, qui accordent savoir-faire ancestral à créativité infinie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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