07/09/2007

Un hommage à Luciano Pavarotti

 

Une voix de légende s'est tue jeudi avec la mort du ténor Luciano Pavarotti décédé à l'âge de 71 ans dans sa ville natale de Modène (nord de l'Italie) et auquel le monde entier a rendu hommage.

 

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"J'espère qu'on se souviendra de moi comme d'un chanteur d'opéra, comme représentant d'une forme d'art qui a trouvé sa plus forte expression dans mon pays."

Luciano Pavarotti

Luciano Pavarotti, qui s'est éteint ce jeudi 6 septembre 2007 chez lui, avait propulsé l'opéra dans l'univers des rock-stars, jouant avec Sting ou Bono. Au point d'en faire oublier parfois la beauté de son chant.

"Lucky Luciano" était devenu le symbole de l'opéra italien. Il quittera peu à peu les grandes scènes mondiales pour les stades, y chantant la musique de Puccini ou de Verdi, qu'il aimait par-dessus tout. En 1990, le concert de clôture de la Coupe du monde de football, en Italie, verra la première réunion des fameux Trois Ténors – Pavarotti, Domingo, Carreras – dont le succès fut hors norme.

Suivront d'autres tournées, toujours plus gigantesques, des concerts au Champ-de-Mars ou sur la place Tian'anmen, à Pékin. Pavarotti a chanté une dernière fois en public à l'occasion de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Turin, en février 2006. La voix avait perdu de sa perfection, mais l'aura du personnage était intacte. Il restait un homme simple et extrêmement populaire. "Pavarotti avait reçu ce don de plaire au plus grand nombre et non à une minorité, explique Roberto Alagna, qui l'a bien connu. Il a rendu le mélange des genres possible: sa série de concerts et d'albums Pavarotti & Friends - où il croisait Bono ou Sting - a montré au grand public que l'opéra n'était pas ringard, qu'il pouvait attirer des artistes venus des horizons les plus divers." Les amateurs d'art lyrique les plus exigeants ont toujours pardonné à Pavarotti ces infidélités, de même qu'ils excusaient son piètre jeu de scène lorsqu'il chantait à la Scala ou à Covent Garden.

 

Car Pavarotti, c'est d'abord, et surtout, une voix. Une voix unique. Inimitable. Reconnaissable entre mille. Et qui habitait chacun de ses personnages. Comme tous les grands chanteurs italiens, Caruso, Gigli ou Corelli, dont il a poursuivi et enrichi l'héritage, il donnait l'impression d'un chant naturel, ensoleillé, d'une évidence hors de toute contrainte technique. Bien qu'il ne sût pas bien lire la musique, Pavarotti possédait pourtant une virtuosité exceptionnelle, au service d'un timbre d'une rare densité. Homogène sur toute sa tessiture, sa voix s'appuyait sur des graves bien assis. Elle s'ouvrait progressivement à mesure qu'elle courait vers le registre aigu, pour devenir étincelante dans le suraigu, sans jamais perdre de sa douceur. A cela, il faut ajouter une ligne de chant quasi infinie et une diction irréprochable - en italien, puisque Pavarotti ne s'aventura hors de sa langue natale qu'en de très rares occasions. De nombreux enregistrements, la plupart remarquables, rendent, aujourd'hui, cet homme immortel.

 
Ciao Luciano !
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23:01 Écrit par Boubayul dans Culture(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : luciano pavarotti |  Facebook |

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